Après la crise, entre solidarités et exaspérations…

8 septembre

Au début de l’été, les services de la poste des minguettes ont été fermés à plusieurs reprises suite à des incidents avec des usagers. Ce n’est pas propre à La Poste ni à Vénissieux ! ll y a quelques jours, c’est dans une maison de la métropole à Lyon qu’il a fallu arrêter l’accueil d’habitants suite à des violences avec un usager qui « pête un plomb » car il n’obtient pas immédiatement ce qu’il demande.

La crise sociale a démultiplié les situations d’urgences, les besoins d’aides, et les services qui accueillent le public sur toutes ces demandes sont sous pression. Il y a beaucoup de mesures d’aides décidées pendant la crise, aides spéciales aux dépenses de logement, aides alimentaires, aides psychologiques… Mais pour beaucoup de personnes, la situation est tendue et parfois, sans connaitre les possibilités d’aide.

Tout cela est impacté aussi par un contexte d’incivilités qui se développent depuis des années et qui sont elles-aussi marquées par la sortie de crise, du refus de porter un masque qui conduit à des tensions avec les policiers ou les contrôleurs qui veulent le faire porter, jusqu’aux fêtes sauvages ou aux ouvertures illicites de bars festifs générant des violences avec des riverains, comme à Vaulx-en-Velin.

Sans oublier l’insécurité et le développement des trafics de stupéfiants qui se sont installés avec arrogance sur la voie publique depuis des années, et qui là aussi, ont confortés leur place avec le confinement.

Pourtant, la crise a aussi montré l’envie de solidarité, d’entraide de milliers de personnes. Dans tous les quartiers, il y a eu des gestes de solidarité, alimentaires, ou tout simplement de lien social. Les services publics, la ville, les centres sociaux, les associations ont multipliés les initiatives pour ne laisser personne seul dans la crise.

Mais entre la solidarité et le chacun pour soi, difficile de dire qui va marquer réellement la sortie de crise. L’exaspération de certains qui produit des tensions et parfois même des agressions rendent évidemment plus difficile d’animer des missions de solidarité, d’accompagnement, de soutien.

Dans le quartier Division Leclerc ou a eu lieu des évènements terribles avec un mort et un blessé grave, les habitants voient d’un coté le point de deal et le squatt qui abime leur cadre de vie et de l’autre le local du bailleur et celui mis à disposition de l’association « Compagnons bâtisseurs » qui propose une aide aux locataires pour améliorer leur logement, faire des travaux, embellir une pièce, réparer des meubles…

Il faut dire la vérité ! Malheureusement, le point de deal et le squatt ont plus d’influences sur l’image du quartier que les efforts du bailleur et de l’association !

Et cela rejaillit sur toute la vie publique, de la poste à la maison de la métropole, du centre social au service logement de la ville !

Une bataille résolue contre les trafics et les incivilités est indispensable pour ne pas laisser le chacun pour soi imposer sa loi partout, pour permettre à ceux qui font vivre la solidarité et l’entraide de se renforcer, de démontrer à tous qu’il est possible de s’aider, de trouver des solutions même dans les situation d’urgence les plus difficiles.

Cette relation entre les services publics et les habitants qui font le choix de la solidarité est un enjeu essentiel de la sortie de crise.

L’adresse originale de cet article est http://gec.venissieux.org/Apres-la-...