Rencontre avec les habitants de division Leclerc

La sécurité au concret avec les habitants
11 juin

Ce 11 juin au matin, on apprend un nouveau drame de la violence liée aux trafics, un jeune entre la vie et la mort blessé gravement par balle sur le quartier des minguettes quelques jours après un décès par balle. L’enquête confirmera sans doute ce que tout le monde dans le quartier ressent, c’est la dérive des trafics qui empoisonnent le quotidien des habitants.

C’est aussi le contexte général des incivilités, du chacun pour soi qui dégrade aussi le quotidien, jusqu’à ces squatteurs de logements sociaux agressifs et violents avec les habitants.

Plusieurs élus se sont retrouvés ce vendredi 11 juin sur place, Pierre-Alain Millet, Jean-Maurice Gautin et Patricia Ouvrad, adjoints et Amel Khamassi, présidente du conseil de quartier. Il y avait les représentants du bailleur Alliade, plus de 20 locataires dont de nombreuses mères d’élèves du collège inquiètes pour la sécurité de leurs trajets vers le collège, un équipage de police nationale bientôt rejoint par le commissaire de Vénissieux qui venait de quitter le maire qui pilotait le dispositif en mairie en direct avec le préfet.

L’émotion et l’inquiétude étaient évidentes, la colère aussi devant ce sentiment d’injustice de familles avec des petits revenus qui paient souvent difficilement leur loyer mais ont le sentiment qu’elles n’ont pas le droit à la tranquillité chez elle. Certains mamans témoignent que des dealers tentent parfois de forcer une porte d’appartement pour se cacher lors d’une intervention de police, et qu’il devient difficile pour certains de refuser par craintes de représailles futures.

La demande unanime est une plus grande présence de police, chaque jour pour retrouver le droit de rentrer chez soi en sécurité. Le maire de Vénissieux fera savoir que le préfet venait d’affecter un renfort de police avec des CRS qui seront sur place le soir même.

Le commissaire a expliqué longuement comment les services de police travaillent. Une action a été conduite le même jour sur le squatt qui était un trouble important à la vie quotidienne, l’intervention permettant enfin au bailleur de reprendre possession de ce logement.

Un dispositif de soutien aux parents et enfants du collège va être mis en place avec la psychologue du commissariat pour répondre aux demandes des habitants.

Le conseil de quartier qui se met en place avec Amel Khamassi va certainement prendre d’autres initiatives.

Déclaration de Michèle Picard

Cette nuit, un jeune homme a été blessé grièvement par arme à feu sur le plateau des Minguettes. Une semaine, jour pour jour, après le meurtre d’un homme tué par balles sur fond de trafics, même si les enquêtes en cours détermineront les circonstances exactes.

Avec tous les partenaires de la Ville concernés, nous travaillons depuis plusieurs années sur ces questions qui pourrissent la vie des quartiers. Nos forces se conjuguent au quotidien dans nos actions sur le terrain.

Malgré cela, le sentiment d’impuissance domine et l’inquiétude grandit face à cette escalade de violence inacceptable. Personne ne peut nier la situation sur un plan national. Le trafic de stupéfiants gangrène notre ville, l’agglomération, le pays. Le constat est insoutenable : des vies sont fauchées, des familles brisées, nos quartiers meurtris par les événements et le climat d’insécurité qui s’imposent.

Je ne me résous pas à accepter que nos concitoyens vivent dans la peur. La peur d’une balle perdue. La peur de représailles. La peur de perdre l’un des leurs. La peur pour leurs enfants. Leur angoisse et leur colère sont légitimes.

Dès les premières heures de la matinée, je me suis entretenue avec le Préfet de la Région Rhône-Alpes et du Rhône, le Préfet délégué pour la sécurité et la défense et le Directeur départemental de la sécurité publique. J’ai obtenu des forces supplémentaires qui seront déployées pour répondre à la gravité du contexte. Parallèlement, plusieurs rencontres, ces derniers jours, ont eu lieu entre les habitants, la Ville et le commissaire de Vénissieux, le bailleur.

En tant que maire, avec une détermination résolue, je suis pleinement engagée aux côtés de nos partenaires, en assumant les responsabilités qui sont les miennes. Mais, j’en appelle au gouvernement pour dire STOP avec les moyens nécessaires sur tout le territoire. Sur un plan international, aux frontières, au sein de notre République, dans nos quartiers, à chaque strate, la lutte contre les trafics de stupéfiants doit être renforcée et amplifiée. La sécurité est un droit fondamental partout et pour tous. Le garantir est en premier lieu une mission régalienne de l’État.

Je l’affirme depuis longtemps, nos quartiers sont en danger, les drames et les violences se succèdent. Le devoir de la République est de les protéger et leur permettre de vivre en toute sécurité et tranquillité.