ÇA RÉSISTE À LA VALLO le logement social à Lyon...

, par  communistes , popularité : 9%

Collomb mène la chasse aux milieux populaires

A flanc de colline, dominant Vaise et le
9ème arrondissement, 3 bâtiments se
dressent au milieu d’un très grand espace
vert : la Vallonnière. Les derniers
étages ont une vue magnifique sur
l’ouest lyonnais. S’agirait-il de la dernière
résidence à la mode ? Tout faux : ces
3 bâtiments font partie des HLM de
Lyon. Ils ont été construits avec le "1%
logement" entre 1962 et 64 pour les travailleurs
de l’ex-Rhône Poulenc et autres
usines de ce quartier très populaire, à
une époque où le métro et le tunnel
n’existaient pas encore. Aucun bourgeois
n’aurait voulu habiter ce secteur.
Aujourd’hui, l’industrie textile a été fermée
et délocalisée et a fait place à des
activités tertiaires amenant des couches
sociales au vote moins risqué. Les maires
qui se sont succédés, Noir, Barre et le
"royaliste" Collomb, ont pris la précaution
de bien neutraliser le quartier en
écartant les milieux populaires. La dernière
opération spectaculaire en date est
la destruction des HLM de La Duchère,
quartier situé sur un autre flanc de la colline
et désormais remplacé par des logements
dont le prix au m2 est prohibitif
pour les petites retraites, les smicards et
autres rmistes.

Coup de tonnerre

Fin 2004, avec l’aide de quelques
copains, un camarade crée le Comité des
locataires de la Vallonnière afin de pouvoir
faire face à leur propriétaire, la
SACVL, société d’économie mixte créée
dans les années cinquante par Herriot.
Aujourd’hui, la SACVL, dirigée par les
sbires de Collomb et du PS (cinq élus
siègent au conseil d’administration),
gère un parc de 8000 logements pour la
ville de Lyon. Fin 2005, une annonce
paraît dans le Progrès de Lyon : 445
logements seront démolis dans le 9ème
arrondissement. Or, la Vallonnière représente
445 logements ! La création du
comité des locataires est tombée à pic.
Ni une ni deux, 73 habitants envahissent
le conseil d’arrondissement en signe de
protestation. Il faut savoir qu’avec les
nouvelles dispositions urbaines, raser
signifie l’interdiction de reconstruire des
bâtiments de plus de 4 étages : donc sur
ce site, adieu aux logements sociaux.
La politique de Collomb apparaît clairement
comme une politique de ségrégation
 : chasser les milieux populaires de
la cité et changer la sociologie de l’arrondissement.

La résistance s’organise et obtient des résultats

Devant cette résistance inattendue, la
SACVL recule. Les négociations dureront
quinze mois au cours desquels les
habitants vont gagner le maintien de 433
logements et des trois bâtiments.
2 seront rénovés et améliorés et le troisième
entièrement reconstruit avec suivi
du relogement des habitants et priorité
aux retraités, aux immigrés et aux
enfants scolarisés. Le comité des locataires
va axer toute sa bataille sur la réalité
sociale et le vécu des habitants face à des
élus de "gauche" déconnectés. Il obtiendra
une réduction de 50 centimes au m2
de la hausse prévue des loyers, mais
hausse restant importante quand même
de 1,3 à 1,8 €/m2 en fonction de l’ancienneté
de l’appartement, soit de 72 à
100 € pour un F3. En compensation, ils
vont se bagarrer pour faire baisser les
charges qui sont à ce jour encore d’un
montant pharaonique de 560 000 € au
total (dont 200 000 pour le chauffage),
soit en moyenne 1260 €/an et par logement.
Les mesures d’améliorations décidées
sont importantes et participeront à
la diminution des charges dues au chauffage
 : isolation extérieure, double vitrage,
capteurs solaires liés à des cumulus
collectifs, portes blindées, rajouts de
balcons, nouveaux ascen-seurs… Le
plus difficile pour le comité est d’obtenir
que le bâtiment reconstruit conserve un
caractère social : en effet la SACVL veut
que les loyers de cet immeuble deviennent
libres. Ils seraient alors portés à
8,20 € le m2, bien trop cher pour des
revenus modestes. Qu’à cela ne tienne, le
comité obtiendra auprès des élus que 43
logements deviennent conventionnés,
c’est-à-dire que le loyer ne puisse dépasser
5,40 € le m2. La bataille n’est pas
finie : la revendication actuelle est de
conférer aux autres logements un statut
semi-libre, c’est-à-dire entre 5,4 et 8,2 €
le m2. Mais que d’efforts face à cette
municipalité !

Main basse sur la ville

Dans les années soixante, un film italien
"Main basse sur la ville" expliquait comment
les représentants de la bourgeoisie
offraient sur un plateau la ville de
Naples aux spéculateurs immobiliers.
C’est ainsi que l’on pourrait qualifier la
situation sur Lyon. Toutes les opérations
immobilières sont de la même veine, au
détriment de l’emploi, des services
publics et du logement social. Les lieux
visés sont superbement placés à flanc de
colline ou alors en bordure de fleuve.
Deux hôpitaux, l’Antiquaille et
Debrousse, et le marché-gare en font les
frais au profit d’hôtels et d’immeubles de
grand luxe, une poignée de logements
dits sociaux faisant l’alibi. Les habitants
de la Vallonnière ont eu raison de mettre
en échec cette politique anti-sociale. Ils
sont là pour nous rappeler qu’il n’y a pas
de fatalité à cette imposture de la "gauche"
et à la dictature des profits capitalistes,
qu’ils soient immobiliers ou
autres : la solution est dans la lutte unie.

Pascal Brula

Annonces

Sites favoris Tous les sites

9 sites référencés dans ce secteur

Brèves Toutes les brèves

Navigation