Changeons de paradigme, votons Chassaigne ! Yannis Al Mahdi, Section de Saint-Priest

, par  Marie-Christine Burricand , popularité : 2%

Yannis Al Mahdi, de la Section de Saint-Priest, explique ses raisons de voter pour la candidature d’André Chassaigne.

Lorsque que fut annoncée en 2008, la volonté de créer un rassemblement politique entre le PCF et des dissidents PS et NPA, je n’ai pas caché mon enthousiasme face à l’espoir de l’émergence d’une dynamique politique capable de mettre fin au bipartisme du système UMPS.

Ce « Front de gauche » devait être la meilleure arme, (certes forgée dans l’urgence mais à améliorer sans cesse !) d’une conquête du pouvoir (par les urnes) pour le peuple, par le peuple et pour appliquer des programmes populaires qui à défaut d’être communistes seraient au moins anticapitalistes, afin de ne pas effrayer le citoyen lambda potentiellement intéressé par la démarche.

Cette matérialisation du slogan « l’Union fait la force », 1er argument pilier de cette stratégie, avait tout pour plaire. Le Front de gauche passait à la télé prendre les restes que laissait Besancenot, Jean-Luc Mélenchon était un combattant acharné des débats, et enfin le PCF découvrit l’outil internet. Ces petites bonnes nouvelles donnaient du baume au cœur des militants de terrain qui annonçaient qu’au Front de Gauche à la différence des autres on faisait de la politique autrement (2ème argument pilier de la stratégie). En définitive l’abstentionniste (surtout des quartiers populaires) n’avait plus aucune raison valable de déserter les bureaux de vote.

On a vendu du rêve…

3 ans et 3 élections plus tard, c’est le verre à moitié vide ou à moitié plein ! Certes le Front de Gauche a grappillé quelques élus, les résultats sont analysés à la loupe, on se réjouit de gains en quelques dixièmes de pourcentage, des adhésions sont faites avec de grandes disparités en fonction des régions. Mais il n’en demeure pas moins que la dynamique populaire est inexistante et que le fameux rassemblement (mis à part l’Auvergne et le Limousin) ne s’est limité qu’à un accord électoral entre un cartel d’organisations politiques déséquilibrées quasi groupusculaires avec comme architecte suprême et avocat médiatique : Jean-Luc Mélenchon.

Les 2 dérives qu’on voulait éviter à tous prix dans cette nouvelle manière de faire de la politique risquent de devenir les 2 piliers du Front de Gauche. Un rassemblement uniquement électoral pour se partager des places entre petites formations recyclées au lieu d’une dynamique populaire. Une personnalisation du Front de Gauche au lieu d’un message et d’un programme politique claire et compréhensible par tous. Ces 2 piliers sont articulés juste pour faire un honorable 5% de suffrages aux présidentielles et reconduire un groupe de députés à l’Assemblée, afin de « peser » sur la gôche, en étant la gôche de la gauche de la gôche historique.

Quelle déception !

Je ne suis pas d’avis de mettre un terme sec et définitif au Front de Gauche à quelques mois d’une grande échéance électorale structurante de la vie politique. Il est nécessaire d’en donner une réorientation, un second souffle, une deuxième chance à partir des expériences qui ont pu aboutir à des résultats concrets.

Le meilleur atout que possède actuellement le Front de Gauche est cette force de frappe que représente le PCF et son réseau de militants qui est sur le terrain et en prise avec la réalité. C’est la raison pour laquelle il est important et primordial que les militants aient leur mot à dire. Et ça l’est encore plus puisqu’un militant n’est pas un simple électeur, il participe à la diffusion de nos idées et à une lutte contre l’hégémonie idéologique du système dans notre société. Il n’y aura aucun changement politique, sans basculement de l’idéologie dominante.

A l’heure où tout le monde a une petite larme versée au sujet des quartiers populaires en annonçant qu’il faut aller à leur reconquête comme si on évoquait une espèce de safari électoral, ne doit-on pas inverser ce discours et même ces pratiques en faisant en sorte que ce soit les quartiers populaires qui partent à la conquête du Politique ? Le Front de Gauche est il en capacité d’impulser cette dynamique qui permet de faire émerger la riposte face au Capital à partir de là où se concentrent les victimes directes de ce système ?

Pour le moment il est évident que non !

Le conservatisme partisan, les vieilles pratiques politiciennes et même parfois le copinage préfèrent nommer « rassemblement du front de gauche » les petits accords entre ex-(…) pour le recyclage politique des ratés de la petite bourgeoisie des organisations partisanes, incapables par eux-même de briller au sein du système UMPS saturé par une foule de prétendants au partage du gâteau. Ainsi la négociation pour mettre untel (ou unetelle-s) sur tel secteur en titulaire/suppléant pour que « ça fasse Front de Gauche » est prioritaire sur l’avis des militants de ce secteur et même pire, parait plus moderne et progressiste que de travailler (même avec d’autres organisations) à l’émergence d’une conscience de classe dans les fameux quartiers populaires et d’un rassemblement dans des objectifs de luttes.

On préfère parler de conquête, j’espère qu’on n’en viendra pas aux croisades…

Je précise que ne suis pas de ceux qui crachent sur le PG ou la démarche courageuse de Jean Luc Melenchon de quitter le PS pour participer à une autre dynamique. J’exprime simplement une crainte face aux arguments invoqués par des responsables du PCF pour que l’on favorise le candidat Melenchon :

1. Il faut mieux Mélenchon à 5 % que Chassaigne à 3 %, (en citant comme sources des sondages, c’est un bon revirement d’analyse si maintenant on ne se fie qu’aux sondages !)

2. Mélenchon passe à la télé, pas André Chassaigne !

Certains poussent même le vice politique en vertu stratégique en argumentant « De toute façon on est grillé pour 2012, vaut mieux laisser Mélenchon se casser la gueule comme ça il ne nous fera plus chier ! ». Ce qui est un profond manque de respect et de sincérité pour le camarade Mélenchon, qui s’il est désigné pour la présidentielle aura tout mon soutien pour faire évoluer un maximum de consciences et obtenir un score le plus haut possible (Je ne m’attarde pas sur la menace de disparition du Front de Gauche…).

Il est nécessaire de rappeler que dans la grande masse des citoyens, il y a un rejet et une indignation face aux partis politiques et à la personnalisation. Il n’est plus possible de gouverner ou de faire campagne à coup de buzzs et de coups de gueule. Rappelons qu’inconsciemment, dans une grande masse de citoyens, JL Mélenchon est déjà le dirigeant d’un parti nommé « Front de Gauche ».

Une candidature d’André Chassaigne aura le mérite de prouver que nous ne sommes pas dans la personnalisation et JL Mélenchon non plus. Elle permettra de tester la solidité et la confiance des autres partenaires du Front de Gauche. Sont ils dans l’urgence, le médiatique ? Ou le travail de long terme ? Seront-ils dans la sincérité du rassemblement avec une démarche collective et de terrain que porte Chassaigne ? Ou dans la négociation de place et le besoin de reconnaissance ?

La particularité d’André Chassaigne est qu’il n’est pas dirigeant d’un parti politique composant le Front de Gauche. Malgré l’absence de soutien de la part de la direction du PCF, il est parvenu à devenir une candidature crédible. Son expérience en tant que ex-président de l’ANECR lui a consolidé une image d’homme de terrain.

Le contexte et la situation de notre pays sont alarmants et chacun l’a bien compris sans que l’on doive s’attarder sur des constats incessants. Au delà du Front de Gauche la société entière est en attente de bouleversements. Allons-nous choisir la bonne direction : l’électoralisme ou la dynamique populaire ?

Sachons que des émergences et des poches de résistances peuvent se produire, se produisent déjà et vont se produire en dehors du PCF et du Front de Gauche, et même de tout autre parti dans l’échiquier politique officiel. Allons-nous ouvrir les yeux et changer de paradigme ou continuer avec nos routines et reproduire un nouveau rendez-vous manqué ?

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