Comment faire reculer Macron : le dialogue est ouvert ! Introduction à la rencontre gilets jaunes, syndicalistes, communistes

, par  pamillet , popularité : 76%

Merci à tous, gilets jaunes, syndicalistes, militants communistes... au nom de la section de Vénissieux du PCF. Nous sommes heureux, et assez fiers, de vous accueillir dans cette nouvelle salle que nous avons aménagé dans nos locaux pour accueillir des rencontres publiques, la salle Gracchus Babeuf du nom de ce révolutionnaire Français de 1789 qui s’est battu pour les intérêts des travailleurs dans une révolution française que les bourgeois prenait en main, et nous sommes très heureux d’avoir une magnifique peinture, don de notre camarade peintre Eleni qui nous montre ce révolutionnaire écrivant pour aider le peuple dans l’action, tout un symbole !

Nous avons organisé cette rencontre car nous avons besoin d’un dialogue pour tenter ensemble de répondre à une question décisive et qui nous interpelle tous : "comment faire reculer Macron".

C’est une question ancienne, qui faisait discuter les communistes lors des grands mouvements contre la réforme des retraites en 2009-2010, contre les attaques contre le code du travail en 2016 et 2017, avec le constat qu’il était difficile de bousculer un régime tout puissant, un capitalisme arrogant, violent, qui semblait inébranlable...

La victoire de Macron en 2017 consacrant la toute puissance des médias avait aggravé encore ce sentiment d’impuissance sociale du monde du travail pour se défendre. Les réformes antisociales se succédaient et de nombreuses étaient annoncées, donnant le sentiment que le capitalisme concrétisait cette annonce d’un ancien dirigeant du patronat, en finir totalement avec le conseil national de la résistance.

Or le 17 novembre dernier, la première journée de mobilisation des gilets jaunes a surpris, bousculé. Les réactions ont été diverses. Pour beaucoup de communistes, c’était une éclaircie de lutte dans un ciel chargé de guerre sociale contre tout ce qui reste des conquis sociaux du monde du travail. Mais dès le début, la bataille médiatique a fait rage pour diviser notre peuple et certains s’interrogeait, sur le rôle de l’extrême-droite, sur ces habitants périurbains en colère contre les tarifs des carburants qui n’avaient rien dit contre la casse du service public du rail... On entendait dire que les gilets jaunes refusaient toute organisation, toute expression politique...

Cela dit, très vite, les revendications des gilets jaunes se sont fait entendre, justice fiscale, justice sociale, démocratie... avec des questions reprises dans des heures de débat dans les médias sur les salaires, les retraites, le pouvoir d’achat, l’ISF, le CICE... Franchement, les communistes ne pouvaient que s’y retrouver. Et tout le monde a constaté la fébrilité du gouvernement, et aussi du patronat, des syndicalistes nous diront si cela s’est senti dans les négociations salariales de fin d’année.

Pour tenter de reprendre la main, le pouvoir a organisé ce grand débat qui est un grand bazar de campagne médiatique au service de Macron, avec ces scènes télévisées incroyables ou Macron est filmé comme un héros tombant la chemise face à des interlocuteurs dans la pénombre et sans micro... On peut se demander comment les journalistes peuvent accepter cette perversion de leur métier. Et tous les moyens des préfectures pour tenter d’associer le maximum d’élus, de responsables associatifs, de personnalités...

Mais le mouvement des gilets jaunes s’est installé dans la durée, malgré tous les efforts du gouvernement pour le diviser, le pousser dans la violence, casser le soutien très large dont il bénéficie dans la population. 4 mois plus tard, il est toujours actif, avec le soutien de la majorité de la population, et le grand débat se termine avec une période difficile pour le gouvernement qui va devoir se dévoiler, et surle fonds expliquer aux Français qu’il refuse de les entendre.

Permettez-moi d’ailleurs cette comparaison d’actualité avec l’Algérie. Macron s’est permis de conseiller au pouvoir algérien d’écouter le peuple algérien. Mais de qui se moque-t-il ? Il est l’exemple même d’un pouvoir sourd aux revendications, d’un pouvoir qui ne connait que la répression pour faire taire les manifestants, des milliers de blessés, de condamnation, à tel point que l’ONU demande une enquête, il faut le faire !

Alors ouvrons ensemble le débat...

- il y a des luttes diverses, les gilets jaunes, les stylos rouges, les blouses blanches, les entreprises, les demandeurs de logement... Tout un symbole, à Vénissieux, en quelques jours, il y aura les gilets jaunes qui montent à Paris le 16 mars, et une délégation de communistes le même jour pour porter les cahiers de l’espoir et 10 propositions au premier ministre, la journée de grève nationale du 19 mars, le rassemblement des enseignants des collèges le 20 mars, la manifestation pour le droit au logement le 27 mars, une conférence citoyenne des gilets jaunes le 29 mars.. Comment créer de la solidarité entre toutes ces luttes ? de l’entraide, de l’unité non pas pour créer de la confusion, mais pour se renforcer chacun sur son terrain, et en faire une force plus grande encore face à Macron ?

- comment passer de quelques centaines de milliers de manifestants à des millions ? On sait que 3 millions de manifestants à 6 ou 7 reprises en 2010 n’ont pas fait céder Sarkozy, mais comment construire une mobilisation du niveau de celle de 68, avec 9 millions de grévistes occupant les usines pendant 3 ou 4 semaines ?

- qu’est-ce qui a fait peur au gouvernement, la violence ou le soutien populaire ? On a beaucoup dit que la violence du 1er décembre avait fait peur,mais le gouvernement n’a jamais peur de la violence, il a la police, l’armée, la justice, les services secrets... Non, ce qui lui a fait peur début décembre, c’est que,malgré la violence, le soutien populaire ne reculait pas !

- comment peser sur le pouvoir politique ? faut-il faire de la politique et comment sans se faire récupérer ?

Le débat est ouvert !

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