De quelle crise parle-t-on ? Un hold-up à grande échelle !

, par  communistes , popularité : 10%

Cet automne, la crise financière
était dans toutes les bouches, et
pour cause ! L’ampleur d’une telle
crise interroge notre avenir, celui de nos
proches, de nos enfants, celui du pays, de
la planète. Et pourtant, depuis le temps
que les capitalistes et leurs représentants
au gouvernement nous serrent la ceinture,
la valse des milliards qui étaient introuvables
pour la santé, les retraites, les salaires,
les collectivités étranglées et j’en passe, a
été orchestrée sous nos yeux, presque
irréelle. Ainsi donc, il y aurait les moyens
pour les banques et les financiers, ces
capitalistes en cols blancs, escrocs des
temps modernes, et il n’y en aurait pas
pour satisfaire les besoins de la population,
des travailleurs, des retraités et des
chômeurs ?

Un hold-up à grande échelle

Selon la Commission européenne, la part
des salaires dans le produit intérieur brut
(chiffre qui traduit les richesses produites
par un pays) a chuté de 9,3 % en France
entre 1983 et 2006. C’est le Capital qui a
récupéré cet argent qui, il y a peu, allait
encore à la Sécurité sociale, aux retraites,
au pouvoir d’achat, aux salaires des chômeurs
d’aujourd’hui, aux services
publics… Pour la France, ce transfert de
richesses se monte entre 120 et 170
milliards d’euros par an !! En prenant l’hypothèse
basse, cela représente plus de dix
fois le "déficit" de la Sécu (12 Mds d’euros),
une vingtaine de fois celui des retraites
(4,6 Mds d’euros). Au passage, on
remarquera que les gouvernements dits de
"gauche" ont largement contribué à ce
transfert : souvenons-nous notamment de
la CSG créée par le PS et qui a été la première
mesure à reporter le financement de
la Sécu de la part socialisée du salaire
(appelée "charge" par les capitalistes) sur
la part perçue par le salarié.

"La part des profits est inhabituellement
élevée à présent (et la part des salaires
inhabituellement basse). En fait, l’amplitude
de cette évolution et l’éventail des
pays concernés n’a pas de précédent dans
les quarante-cinq dernières années". Ces
lignes sont extraites d’un document de la
Banque des Règlements Internationaux
(BRI), institution qui réunit chaque mois
en Suisse les banquiers centraux pour
"coordonner les politiques monétaires".
Ce constat est aujourd’hui unanimement
partagé… sauf chez ceux qui continuent
de nous renvoyer vers de fausses solutions,
comme par exemple celle de
"l’Europe sociale".

Un système obscène

En réalité, cette crise ne fait pas souffrir
les capitalistes, car ce qui caractérise le
système capitaliste, c’est l’exploitation de
l’homme par l’homme. Pour certains capitalistes,
on peut même dire que ce genre
de crise est une aubaine pour augmenter la
surexploitation des autres. Ceux qui souffrent,
ce sont les prolétaires des temps
modernes : les salariés, les chômeurs, les
précaires sur qui on fait peser tout le poids
de la crise et qui vont devoir payer ces
milliards.

Il est bon de rappeler cette citation de Karl
Marx : « Le Capital a horreur de l’absence
de profit. Quand il flaire un bénéfice
raisonnable, le Capital devient hardi. A
20%, il devient enthousiaste. A 50%, il est
téméraire ; à 100%, il foule aux pieds toutes
les lois humaines et à 300%, il ne recule
devant aucun crime »
 [1]. Il s’agit donc de la logique
d’un système qui se nourrit de la crise et de
la misère des autres : contrairement à ce
que certains répandent, il ne tombera pas
de lui-même. Pour cela, il est indispensable
de reconstruire un parti communiste
solide qui préconise l’expropriation des
capitalistes dans les principaux secteurs de
l’économie (banques, industries, services)
et le (re)développement d’importants services
publics.

Enièmes cadeaux aux capitalistes

Le livret A et l’épargne populaire ont une
vocation : produire des biens d’intérêt
général. Les fonds déposés par l’ensemble
des citoyens sur leurs livrets sont
actuellement centralisés à la Caisse des
dépôts et consignations (CDC), qui, sous
la forme de prêts à très long terme -jusqu’à
60 ans- et à bas taux, permettent de
financer le logement social, mais aussi
les hôpitaux ou les transports en commun.

Avec la réforme qui met fin au
monopole de la Poste et la Caisse d’épargne,
le gouvernement livre aux banques
privées une partie de ces fonds.
Fin octobre 2008, 132,8 milliards d’euros
étaient déposés sur le livret A.

L’essentiel du pactole devant être réinjecté
dans l’économie "réelle" ou utilisé
à des fins écologiques, restent 15% des
sommes qui ne seront pas remises à la
Caisse des dépôts l’an prochain, puis
10% les années suivantes, sommes que
les banques pourront donc utiliser
comme bon leur semble. Sans oublier la
commission de 0,6% que leur versera la
Caisse, en contrepartie de la collecte des
fonds. Le total du cadeau se monte donc
à plus de 20 milliards la première année
et 13 Mds les années suivantes… sans
aucune garantie contre la spéculation.

A cela, viennent s’ajouter, selon la dernière
annonce de l’homme de main du
Medef, 28 Mds et non 8 Mds, d’exonération
de taxe professionnelle en 2010
pour les patrons : la crise ne sera pas
pour eux. Faites vos comptes, cela se traduira
soit par des hausses d’impôts
locaux, soit par des baisses de services
rendus. Faudra-t-il désormais collecter
ses poubelles ?

[1(Le Capital,
chapitre 22)

Annonces

Sites favoris Tous les sites

9 sites référencés dans ce secteur

Brèves Toutes les brèves

Navigation