Drogue : Paroles d’habitants...

, par  Marie-Christine Burricand , popularité : 7%

Le ras-le-bol, l’inquiétude, la demande d’intervention contre les trafics de drogue dans l’espace public s’expriment largement en direction des responsables politiques et élus locaux .

C’est cette maman qui confie « ne plus envoyer son enfant faire des petites courses dans les commerces d’un quartier, par peur que de plus grands lui fassent transporter des substances illicites sans qu’il s’en rende compte et soit ainsi mêlé dès son plus jeune âge au trafic » .

C’est ce voisin excédé qui déclare un jour de colère « Je vote pour celui qui me débarrasse de ceux qui vendent la drogue sous ma fenêtre » ou ce propriétaire dans une allée squattée par les dealers qui «  désespère de ne jamais arriver à vendre son appartement car la présence bien visible du trafic décourage tous les acheteurs potentiels ».

Ce sont ces parents qui voient leur gamin s’enfermer dans une addiction dangereuse et ne trouvent pas les moyens de l’aider.

C’est aussi ce retraité qui « n’ose pas en parler à l’assemblée de quartier par peur des « espions » et des représailles » et qui vous attrape par la main sans témoin pour vous dire que cela ne peut plus durer .

Ce sont ces nouveaux arrivants qui réagissent et alertent et se trouvent confrontés aux menaces bien réelles ;

Ce sont ces habitants qui changent de chemin ou baissent les yeux parce qu’ils ont peur et qui se sentent battus au quotidien dans leurs valeurs.

Oui, les trafics pourrissent la vie des habitants, confisquent l’espace public, poussent au repli sur soi.

La peur est une arme pour préserver le business de la drogue, elle contribue à ce que chacun se méfie de tous et casse ainsi les solidarités et la fratenité dans les quartiers. Bafouant le droit au vu et su de tous, les trafics disqualifient les responsables politiques et les forces de l’ordre, substituent la loi du plus fort au droit républicain censé protéger les citoyens.

Les dommages de la drogue sont vraiment considérables, en matière de santé particulièrement pour les jeunes, mais aussi pour le vivre ensemble, l’engagement citoyen et politique.

A qui profite le crime ? A ceux qui se construisent des fortunes sur la drogue et au-delà à tous ceux qui ont intérêt à diviser le peuple pour mieux l’écraser.

Les habitants ont raison d’être en colère et d’exiger de l’État une action résolue contre le trafic de drogue qui concerne tant la prévention que la répression du deal en donnant aussi toute sa place au soin. La santé, la justice, l’éducation, la police sont au coeur de l’action nécessaire. Un grand débat national doit s’engager débouchant sur des actions législatives et concrètes.

Nous appelons les citoyens à prendre toute leur place dans cette bataille non pas dans l’illusion de se substituer aux pouvoirs publics mais en choisissant l’action et la parole collective pour que cette question soit traitée comme une grande cause nationale prioritaire.

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