Europe sociale : les français n’y croient pas ! Une analyse de Charles Hoareau sur rougemidi

, par  pamillet , popularité : 5%

Le message est clair et c’est même la principale indication du scrutin : les français ne croient pas que cette UE, cette alliance que les gouvernements de 27 pays d’Europe construisent dans leur dos et à marche forcée puisse leur être bénéfique.
C’est même un constat partagé avec l’ensemble des européens si l’on en juge par les taux de non vote qui parcourent les pays de l’alliance.

Ne nous y trompons pas, dans leur grande masse, celles et ceux qui ne se sont pas déplacés ne se sont pas abstenus, ils ont refusé de voter, de participer à ce jeu électoral. La France (comme les autres pays de l’alliance) n’a pas été prise d’un brusque accès de pêche à la ligne ou d’incivisme, mais un refus massif s’est exprimé.
Comme à chaque élection européenne, sauf…sauf le dernier référendum (70% de votants exactement comme pour le référendum sur le traité de Maastricht) où ils avaient là aussi clairement dit leur refus, refus dont il n’a pas été tenu compte et qui a été bafoué.

Sur les plateaux de télévision, l’un ou l’autre de ceux que les médias présentaient comme les vainqueurs du jour pouvait bien pérorer à partir de pourcentages trompeurs sur un soi disant succès, les résultats ne peuvent tromper personne.
L’UMP est bien sûr mal placée pour se glorifier d’un score obtenu dans tel un désert de votants. Un seul chiffre résume assez bien cela : avec près de 4,8 millions d’électeurs elle retrouve moins de la moitié de ses voix de 2007 qu’il s’agisse du premier tour de la présidentielle ou de celui des législatives.
Cohn-Bendit peut bien encore « se la jouer », avec l’immense modestie qu’on lui connait, « En France il y a un effet Cohn-Bendit depuis 50 ans » (sic !), la leçon de ce scrutin n’est pas dans le score circonstanciel d’une liste, score qui illustre le vote flottant d’électeurs hésitant au gré des élections entre PS, MODEM et Verts. Et ce n’est pas le fait que certains de ses leaders sont prêts à nous rejouer la fable de la grenouille et du bœuf qui nous fera dire le contraire.
Non la leçon est ailleurs.

Si on compare les chiffres de cette élection avec ceux du référendum un constat saute aux yeux : les partis du OUI (UMP, PS, Verts, MODEM), avec un peu moins de 12 millions de voix, retrouvent peu ou prou leur score de 2005.
A l’inverse les partis du NON, avec moins de 4 millions de voix retrouvent à peine un quart de leurs voix de 2005 (15 millions de votants) !

L’abstention est là !

Elle est dans cette partie du peuple qui, s’étant rassemblée pour refuser cette constitution européenne point d’appui d’une construction impérialiste qui se fait contre les peuples, n’a pas trouvé dans la campagne électorale d’offre politique répondant à ses attentes. Et cela est particulièrement vrai pour celles et ceux qui souffrent le plus des choix politiques de l’UE. A Marseille et dans sa région (comme sans doute dans nombre d’endroits de France), dans les cités populaires, le refus de vote dépasse allègrement les 60% et atteint couramment les 70, voire 80% !

Ne pas entendre cela, ne pas se laisser interroger par cela c’est courir le risque de voir grandir les replis nationalistes et xénophobes, replis sensibles dans nombre de pays européens lors de ce scrutin.

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