Il faut une candidature communiste aux présidentielles !

, par  Marie-Christine Burricand , popularité : 5%

La crise des cités populaires interpelle l’ensemble de la société et les responsables politiques. C’est une crise économique, politique et sociale qui ne tombe pas du ciel. Elle est le résultat des politiques menées ces trente dernières années, avec Giscard, Mitterrand et Chirac.

Les formes violentes, autodestructrices de cette crise pointent du doigt un problème essentiel : les dix millions de Français qui vivent dans ces cités ont un besoin vital que leurs soucis, leur mal vivre fassent irruption dans le débat politique national pour qu’émergent des solutions.

Il saute aux yeux qu’il doit y avoir aux prochaines élections, notamment la prochaine élection présidentielle une candidature qui soit porteuse des colères et des espérances de ces millions de Français.

Il y a là un terrain de rassemblement, d’union populaire, inédit, exceptionnel, historique. La France généreuse des salariés, des jeunes, des fonctionnaires, des retraités, des intellectuels, la France industrieuse en a marre de voir l’argent dégorger des beaux quartiers, la misère déborder nos trottoirs, les injustices et les inégalités s’étaler avec une telle obscénité.

Après l’électrochoc du 21 avril 2002, pour prolonger le vote de classe du référendum du 29 mai, il faut porter au cœur de la campagne des présidentielles ces questions. C’est la façon la plus efficace, la plus directe de faire partager le combat de classe à des millions de Français. La crise des cités pose brutalement la question de l’emploi et donc de l’industrie, la question de la formation, la question du logement, la question de l’urbanisme, elle déroule toute la pelote des méfaits du capitalisme, singulièrement aggravés depuis trente ans.

Ces sujets sont autant de terrains pour des rassemblements et des luttes de portées formidables. Oui, le peuple de France peut se réveiller et se battre pour reprendre la main !

Le Parti communiste français a une responsabilité exceptionnelle dans un tel contexte historique. Ses militants vivent dans ces cités, tout comme ses électeurs, tout comme ses élus. Leur plus basique raison d’être, c’est de défendre les habitants des quartiers populaires, de défendre les emplois dans les entreprises avoisinantes.

La Parti communiste français est le seul parti politique réellement populaire, par son enracinement, son histoire, sa politique. Le Parti socialiste vient d’annoncer que la question du oui et du non au référendum est une question dépassée. L’appel pour des candidatures unitaires en 2007 et 2008 crée des illusions et mène à une impasse. Sous couvert d’union des forces de gauche antilibérales et altermondialistes, l’appel escamote la nécessité de reconquérir l’électorat populaire qui s’abstient, il se résigne à considérer le combat pour marginaliser le Front national comme perdu d’avance. De fait, il laisse l’espace à la social-démocratie.

Il est aussi naturel qu’urgent que le Parti communiste français sorte de ses rangs une candidature pour les présidentielles, des candidates et des candidats pour les législatives et les élections suivantes afin de bousculer la routine politicienne, taper du poing sur la table, mobiliser les habitants, lutter avec les salariés, porter haut et fort le drapeau de la contestation radicale, avancer des propositions neuves, audacieuses, révolutionnaires.

Revendiquer la désignation démocratique le plus rapidement possible de nos candidates et candidats pour les prochaines batailles, ce n’est pas une question de boutique mais tout simplement une question de bon sens : sommes-nous utiles à quelque chose, à nos voisins de palier, à nos camarades de travail, à la France ?

Le forum de Villepinte, samedi 26 novembre, prouve l’impasse des forums. Le peuple n’était pas là, même pas le public qui aurait pu faire croire un à début de rassemblement. Les quelques organisations de gauche présentes sont venues pour tirer la couverture à elles et non pas travailler à une élaboration commune. Le représentant du Parti socialiste s’est permis d’affirmer avec arrogance qu’il n’y aurait pas d’autre programme de la gauche que celui de son parti. Il faut en tirer la leçon et tourner la page des forums.

Le Parti communiste français prépare son congrès, faisons-le en toute souveraineté, en toute sérénité, en essayant d’être imaginatifs, combatifs, utiles. Soyons nous-mêmes, parti de rassemblement et d’ouverture pour lutter avec toutes les forces sociales, syndicales, culturelles, avec les milieux populaires.

Renvoyons aux Français l’image d’un PCF requinqué, d’un PCF en pleine forme, d’un PCF bagarreur. Reconstruisons l’espoir avec le peuple de France.

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