Assez tergiversé !

Il faut une candidature communiste aux présidentielles !

Novembre 2005

La crise des cités populaires interpelle l’ensemble de la société et les responsables politiques. C’est une crise économique, politique et sociale qui ne tombe pas du ciel. Elle est le résultat des politiques menées ces trente dernières années, avec Giscard, Mitterrand et Chirac.

Les formes violentes, autodestructrices de cette crise pointent du doigt un problème essentiel : les dix millions de Franà§ais qui vivent dans ces cités ont un besoin vital que leurs soucis, leur mal vivre fassent irruption dans le débat politique national pour qu’émergent des solutions.

Il saute aux yeux qu’il doit y avoir aux prochaines élections, notamment la prochaine élection présidentielle une candidature qui soit porteuse des colères et des espérances de ces millions de Franà§ais.

Il y a là un terrain de rassemblement, d’union populaire, inédit, exceptionnel, historique. La France généreuse des salariés, des jeunes, des fonctionnaires, des retraités, des intellectuels, la France industrieuse en a marre de voir l’argent dégorger des beaux quartiers, la misère déborder nos trottoirs, les injustices et les inégalités s’étaler avec une telle obscénité.

Après l’électrochoc du 21 avril 2002, pour prolonger le vote de classe du référendum du 29 mai, il faut porter au cœur de la campagne des présidentielles ces questions. C’est la faà§on la plus efficace, la plus directe de faire partager le combat de classe à des millions de Franà§ais. La crise des cités pose brutalement la question de l’emploi et donc de l’industrie, la question de la formation, la question du logement, la question de l’urbanisme, elle déroule toute la pelote des méfaits du capitalisme, singulièrement aggravés depuis trente ans.

Ces sujets sont autant de terrains pour des rassemblements et des luttes de portées formidables. Oui, le peuple de France peut se réveiller et se battre pour reprendre la main !

Le Parti communiste franà§ais a une responsabilité exceptionnelle dans un tel contexte historique. Ses militants vivent dans ces cités, tout comme ses électeurs, tout comme ses élus. Leur plus basique raison d’être, c’est de défendre les habitants des quartiers populaires, de défendre les emplois dans les entreprises avoisinantes.

La Parti communiste franà§ais est le seul parti politique réellement populaire, par son enracinement, son histoire, sa politique. Le Parti socialiste vient d’annoncer que la question du oui et du non au référendum est une question dépassée. L’appel pour des candidatures unitaires en 2007 et 2008 crée des illusions et mène à une impasse. Sous couvert d’union des forces de gauche antilibérales et altermondialistes, l’appel escamote la nécessité de reconquérir l’électorat populaire qui s’abstient, il se résigne à considérer le combat pour marginaliser le Front national comme perdu d’avance. De fait, il laisse l’espace à la social-démocratie.

Il est aussi naturel qu’urgent que le Parti communiste franà§ais sorte de ses rangs une candidature pour les présidentielles, des candidates et des candidats pour les législatives et les élections suivantes afin de bousculer la routine politicienne, taper du poing sur la table, mobiliser les habitants, lutter avec les salariés, porter haut et fort le drapeau de la contestation radicale, avancer des propositions neuves, audacieuses, révolutionnaires.

Revendiquer la désignation démocratique le plus rapidement possible de nos candidates et candidats pour les prochaines batailles, ce n’est pas une question de boutique mais tout simplement une question de bon sens : sommes-nous utiles à quelque chose, à nos voisins de palier, à nos camarades de travail, à la France ?

Le forum de Villepinte, samedi 26 novembre, prouve l’impasse des forums. Le peuple n’était pas là , même pas le public qui aurait pu faire croire un à début de rassemblement. Les quelques organisations de gauche présentes sont venues pour tirer la couverture à elles et non pas travailler à une élaboration commune. Le représentant du Parti socialiste s’est permis d’affirmer avec arrogance qu’il n’y aurait pas d’autre programme de la gauche que celui de son parti. Il faut en tirer la leà§on et tourner la page des forums.

Le Parti communiste franà§ais prépare son congrès, faisons-le en toute souveraineté, en toute sérénité, en essayant d’être imaginatifs, combatifs, utiles. Soyons nous-mêmes, parti de rassemblement et d’ouverture pour lutter avec toutes les forces sociales, syndicales, culturelles, avec les milieux populaires. Renvoyons aux Franà§ais l’image d’un PCF requinqué, d’un PCF en pleine forme, d’un PCF bagarreur. Reconstruisons l’espoir avec le peuple de France.

Vos réactions

  • VARENNE Claude 12 janvier 2006 15:49

    en toute sincérité, et bien qu’ayant toujours voté pour notre candidat (au premier tour, je me pose cette question depuis très longtemps : pourquoi présentons nous un candidat à l’élection présidentielle ?

    1- alors que nous savons pertinemment qu’il ne sera pas présent au second tour.

    2 - que ce systéme électoral, appellé élection au suffrage universel est en réalité profondément antidémocratique et qu’il ne peut aboutir, DANS LE MEILLEUR DES CAS, qu’à l’election d’une personnalité située au centre de l’échiquier politique, c’est à dire, adepte du libéralisme, partisanne de l’économie de marché, et pour tout dire favorable au capitalisme.

    3 - que, pour ce qu’elle représente, c’est notre PARTICIPATION à cette mascarade de démocratie qui, confère des droits exorbitants, proches des pleins pouvoirs, au Président de le République, car elle tend à prouver notre acceptation de ce système dit démocratique, au yeux de tous et bien au-delà de l’influence électorale du Parti.

    4 - N’est- ce pas cette participation, qui autorise un attentisme flagrant de fatalisme chez des couches entières de la population qui ne demanderaient qu’à  lutter à nos côtés ?

    5 - faut-il qu’une fois encore Le Pen arrive au second tour, ou Sarkosy.ou… qui grâce au rejet qu’il inspire fasse élire un politicien qui nomera un premier ministre qui formera un gouvernement qui gouvernera par decret ou procedure d’urgence pour démolir ce qu’ils reste des conquêtes sociales

    Toutefois, par discipline, s’il y a un candidat communiste je voterai pour lui au PREMIER TOUR.

    Pour conclure je ne trouve rien de mieux que votre propre déclarationque je cite ici : “La crise des cités populaires interpelle l’ensemble de la société et les responsables politiques. C’est une crise économique, politique et sociale qui ne tombe pas du ciel. Elle est le résultat des politiques menées ces trente dernières années, avec Giscard, Mitterrand et Chirac. Les formes violentes, autodestructrices de cette crise pointent du doigt un problème essentiel : les dix millions de Franà§ais qui vivent dans ces cités ont un besoin vital que leurs soucis, leur mal vivre fassent irruption dans le débat (…) “

    • Tes remarques me semblent pertinentes sur le constat que l’élection présidentielle est un piège et que nous ne pouvons pas la considérer comme un outil pour changer la société PAR les institutions. Mais elles sont une grave erreur sur la conclusion qu’il faudrait renoncer !

      1- alors que nous savons pertinemment qu’il ne sera pas présent au second tour. Bien sûr, mais une candidature ne se résume pas au jeu électoral. Elle est aussi un témoignage, une occasion de rencontre politique, elle peut permettre à des citoyens d’exprimer clairement leur opposition a ce système et à l’élection elle même. Lénine lui même préconisait de présenter des candidats à toutes les élections. Il le considérait commer un « thermomètre » de la conscience des travailleurs.

      Tout le problème est le contenu de la candidature, le discours qu’elle porte. Si une candidature communiste a pour but de faire gagner la gauche au second tour, autant voter directement pour le PS au premier tour. C’est d’ailleurs ce que propose le texte de la direction préconisant de discuter de candidatures commune pour plus d’efficacité contre la droite…

      2 - que ce systéme électoral, appellé élection au suffrage universel est en réalité profondément antidémocratique et qu’il ne peut aboutir, DANS LE MEILLEUR DES CAS, qu’à l’election d’une personnalité située au centre de l’échiquier politique, c’est à dire, adepte du libéralisme, partisanne de l’économie de marché, et pour tout dire favorable au capitalisme.

      Encore bien sûr… Sauf que le rapport des forces politiques dans le pays peut être profondément marqué par le résultat du premier tour.

      Imagine un seul instant qu’un candidat communiste dépasse les 10% sur un programme de rupture avec les politiques de gauche menées depuis 30 ans ? Ce serait un évènement ! Les communsites, mais aussi les syndicalistes, les militants de tout bord prendrait confiance, seraient plus déterminés.

      Et s’il atteignait les 15, les 20% ? La question du contenu de la gauche devient clairement posé. L’hypothèse d’une gauche dirigée par le parti communiste se pose, et avec elle l’hypothèse que le monde du travail pourrait être directement en situation de prendre certains pouvoirs… Le changement politique, donc constitutionnel devient une alternative crédible.. Les conditions restent à inventer ? grève générale ? états généraux ? élection ? on verra bien, c’est le mouvement qui décide… mais tu ne peux dire le poids potentiel du vote communiste…

      3 - que, pour ce qu’elle représente, c’est notre PARTICIPATION à cette mascarade de démocratie qui, confère des droits exorbitants, proches des pleins pouvoirs, au Président de le République, car elle tend à prouver notre acceptation de ce système dit démocratique, au yeux de tous et bien au-delà de l’influence électorale du Parti.

      Notre participation, SI ELLE EST DANS LE CADRE DU CONSENSUS INSTITUTIONNEL.. C’est tout le drame de l’orientation actuelle du parti, qui est malheureusement l’évolution d’une position ancienne…

      Mais si on ne se présente pas, on explique à tous ceux qui souffrent que les autres seront toujour les plus forts, on leur dit que ca ne sert à rien de s’organiser, de s’exprimer… Au contraire, si on se présente CONTRE le système, en annoncant clairement qu’on veut CASSER les outils de répression et d’opression policière et économique, si on dit clairement que les profiteurs de la précarité et de la misère doivent nous craindre ( du genre « au-dessus de 4 Millions, on prend tout ! »), alors notre candidature prend un autre sens !

      4 - N’est- ce pas cette participation, qui autorise un attentisme flagrant de fatalisme chez des couches entières de la population qui ne demanderaient qu’à lutter à nos côtés ?

      Au contraire, il y a un lien étroit entre le contenu du vote et le contenu des luttes. Quand les ouvriers de Celatex font l’expérience qu’au mieux, la lutte a pour objectif d’obtenir le meilleur prix pour accepter le licenciement, ils font en même temps l’expérience que le vote est inutile.

      Par contre, quand le monde du travail prend conscience que le référendum est fait pour une constitution entièrement tournée contre eux et que leur vote peut la faire tomber… ils y vont !

      L’attentisme est lié intiment au désespoir, qui peut se transformer en révolte ou violence aveugle… Mais c’est la conscience qui aide à donner aux luttes et aux votes une perspective de transformation…

      5 - faut-il qu’une fois encore Le Pen arrive au second tour, ou Sarkosy.ou… qui grâce au rejet qu’il inspire fasse élire un politicien qui nomera un premier ministre qui formera un gouvernement qui gouvernera par decret ou procedure d’urgence pour démolir ce qu’ils reste des conquêtes sociales

      Tu sais bien que Le Pen servira encore de repoussoir pour favoriser ou la droite ou le PS. A moins que ce ne soit Sarkozy… Et que ce soit la droite ou le PS, ce sera deux variantes politiques du même accompagnement du capitalisme dont la logique est de détruire ce qui reste des conquêtes sociales… et de continuer sans s’arrêter pour réduire toujours plus le coût du travail…

      Donc, la capacité de freiner la guerre sociale ne dépend pas du résultat du second tour, mais de la reconstitution ou non d’une perspective à la colère sociale, de la réémergence d’un point de vue communiste clair et déterminé… donc du vote communiste au premier tour… (enfin, dépend, car c’est d’abord une question d’organisation des luttes elles-mêmes bien sûr !)

      fraternellement