Il n’est pas de sauveur suprême... après les élections cantonales et municipales 2007

, par  pamillet , popularité : 6%

Le peuple de France reste ingérable ! Quelque mois après avoir porté Sarkozy au pouvoir, il lui signifie en utilisant les élections locales, ses exigences sociales. Les clairons de gauche se trompent lourdement en imaginant que celà gomme les messages tout aussi clairs de 2002 ou 2007 ! La colère populaire cherche sans le trouver le chemin d’une issue politique, elle peut se perdre facilement dans des méandres locaux et des manœuvres d’appareil, mais elle représente la force sociale qui peut tout bousculer... Comment l’aider à construire son chemin vers l’autonomie politique, telle est la question principale pour les communistes.

Sarkozy et la droite versaillaise qui a pris le pouvoir après de longues années de luttes internes, se croyait à l’abri des colères populaires pour quelques années. L’agitation médiatique et institutionnelle, le recours aux fastes des riches comme affirmation de sa puissance, le volontarisme antisocial, la répression et la criminalisation de la misère, du syndicalisme, de l’immigration, tout devait assurer à cette bourgoisie arrogante une domination sans partage ouvrant après la rupture une nouvelle ère politique, rompant enfin avec les "spécificités" françaises issues de son histoire révolutionnaire.

Patatras, quelques semaines avant le 40ème anniversaire de 1968, la colère monte ; grèves dans la distribution ou la métallurgie, dénonciations des conditions de vie de millions de familles au bord de la misère, revenus bloqués face aux augmentations sans fin des consommations de base indispensables, déplacement, logement, pain, lait... enseignants au bord de la rupture face aux suppressions de poste dans presque tous les établissements.. et toutes les couches sociales s’en mêlent, avocats, greffiers, juges, policiers...

Le pouvoir devient fébrile... et les règlements de compte, de Neuilly au Medef se multiplient... Sarkozy disparait des médias, se concentrant sur ses affaires et règlent ses comptes, du démontage de Bayrou à Pau à la reconversion de Martinat...

Alors, vague rose pour recommencer comme avant ? Que nenni ! Ce peuple Français est intelligent, beaucoup plus que les commentateurs médiatiques ! Il ne donne pas un blanc-seing au PS, n’oublie pas que ce sont des élections locales, et confirme que le parti communiste a une place politique. De nombreux candidats du PCF résistent avec surprise aux manoeuvres du PS ou des Verts !

A Vénissieux, André Gerin avait déjà marqué le terrain aux législatives en progressant au premier tour. Sa liste aux municipales mobilise en progressant de de 20 à 25% des inscrits avec 5 listes et malgré un progrès de l’abstention à 52%. Le sortant communiste Christian Falconnet sur le canton Nord progresse fortement sur 2001 et atteint 20% des inscrits avec 4 candidats dont le PS et les verts, ce qui représente une force politique considérable. Enfin les communistes locaux avaient fait le pari avec le sénateur sortant Guy Fischer, personnalité nationale conseiller général depuis 26 ans de proposer une candidate nouvelle, non élue, connue comme militante, mais qui se retrouvait avec... trois élus sortants non communiste de la majorité du maire de Vénissieux, adjoint ou président de conseil de quartier... Le résultat en a surpris... (et déçu !) beaucoup ! Elle est largement en tête au premier tour avec 28% des exprimés s’approchant du score de Gerin aux législatives et rassemble largement au second en s’approchant du score de Guy Fischer en 2001.

Les élections montrent partout l’importance de l’enracinement d’élus dans leur ville, du poids que représente la relation souvent ambigüe entre le maire et sa ville. Le peuple a raison de tenir compte des personnes et de la réalité du travail réalisé. La transformation politique ne se fera pas dans les livres, ni dans les salons.. Ceux qui veulent transformer le monde doivent avoir les pieds dans la glaise comme on dit, et démontrer leur engagement dans le concret.... Mais cela crée les bases aussi des illusions, du clientélisme... du sauveur suprême. Dans ces conditions les communistes Vénissians, en gagnant leur pari se sont donnés un nouvel atout pour reconstruire, d’autant que Marie-christine Burricand est connue pour son engagement contre l’orientation nationale du PCF.

Le deuxième tour nationalement confirme que le chemin est difficile à ouvrir pour le peuple. Comment virer vraiment Sarkozy sans parti communiste ? Certes les couches aisées des grandes villes permettent au PS de rassembler au centre contre la droite sarkozienne, utilisant le Modem au gré des situations locales. Dans le Rhône, il a même tenté de rejoindre l’exécutif du conseil général avec Michel Mercier, président sortant gérant avec l’UMP, opération finalement avortée...

La grève des urnes restent souvent le seul moyen perçu par les quartiers populaires et le monde du travail. Et parfois, c’est au contraire l’illusion d’un "tribun" local qui pousse à voter à droite ou à gauche. Au total, reste que personne ne peut prédire quoi que ce soit ! Il ne suffit pas de claironner "contre la bourgeoisie" pour organiser la résistance populaire, et il ne suffit pas non plus de mobiliser dans les luttes...

Que cherche le peuple ? Un vote utile pour porter la colère, pour faire grandir les résistances, pour les rendre majoritaires, de la rue aux palais de la république, un vote qui débouche sur du concret pour des batailles sociales, urbaines, humaines... Un vote qui unisses les différentes couches sociales contre les profiteurs, spéculateurs et rentiers, qui unisse la diversité culturelle contre la guerre des civilisations... Un vote qui donne des forces pour s’organiser... bref, un vote communiste !

Alors, le vote PCF ? il est ambigüe... il sauve des élus qui gèrent avec le PS, et parfois le Modem... mais maintient des points de résistances dans la lutte contre les expulsions, pour la solidarité sociale... Il maintient une direction qui organise le remplacement du PCF et il freine en même temps sa disparition... Il est utilisé parfois comme un vote socialiste, mais il reste encore pour les électeurs un vote communiste... Voynet, (après Mamère) ou Bartolone, soutenus par Royal, mais aussi Fabius ou Emmanuelli l’ont bien compris. Ils font tout avec la droite sans état d’âme pour réduire encore l’espace communiste... Le plus ubuesque, c’est que la direction du PCF a obligé les députés PCF a siéger avec ceux qui les assassinent à la première occasion !

Face à la crise financière, à la guerre sociale qui appauvrit des millions de familles, touchant largement les couches moyennes, personne ne croie qu’il suffirait d’une élection pour changer la vie. Mais le peuple cherche, bouscule les prévisions, sort les sortants nationaux et conforte certains élus engagés localement, refuse de se laisser enfermer dans des schémas politiques médiatisés... Les communistes ont malgré leur émiettement un espace que ce vote rappelle. Pour aider le peuple à repousser les illusions des sauveurs suprêmes, les communistes ont une responsabilité : s’unir, y compris en mettant clairement en avant des dirigeants nationaux nouveaux, porteurs de ce "point de vue communiste" qui manque à la résistance populaire. La direction nationale ne choisit pas cette voie, et continue à célébrer "la gauche" sur tous les tons. Aux communistes de s’engager comme ils l’ont fait partout dans cette campagne.

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