L’histoire est toujours celle des luttes de classe... Sarkozy peut être battu !

, par  pamillet , popularité : 7%

L’histoire est toujours celle des luttes de classe... !

Après l’effondrement des pays socialistes en 1989, le capitalisme était le grand vainqueur, les USA la seule super-puissance, et on nous annonçait la fin de l’histoire, de l’histoire des luttes sociales bien sûr !

20 ans plus tard, quelle histoire justement ! Plusieurs pays d’Amérique Latine choisissent de construire le socialisme du XXIème siècle, la Chine est une grande puissance dirigée par un parti communiste héritier d’une grande révolution nationale et socialiste, le mouvement des non alignés renait avec Cuba qui reste le phare des résistances du Sud contre les impérialismes, et le capitalisme affronte une crise violente et durable, jetant des millions de familles à la rue et dans la grande pauvreté.

La présence de Le Pen au deuxième tour des élections présidentielles de 2002, la vague bleue de Sarkozy en 2007 a donné l’impression d’un peuple désarmé face à une droite dominatrice capable de débaucher dans tous les milieux politiques, s’arrogeant même le droit d’utiliser des valeurs de référence de l’histoire des communistes. La victoire du NON en 2005 pouvait sembler oubliée. Médias et dirigeants avaient tout fait pour la violer, le congrès enterrant à Versailles la souveraineté populaire et même le respect de la démocratie représentative.

Mais 2 ans après son élection, Sarkozy est en difficulté. Les lycéens l’ont fait reculer sur la réforme des lycées, La Guadeloupe, la Martinique l’ont fait céder sur la question clef des salaires, malgré la répression et les provocations. La haine de classe du MEDEF s’exprime dans les tentatives de faire payer au LKP sa victoire, l’université et l’école en général est en ébullition contre son mépris affiché...

Quelle histoire... ! Quelle France ! Depuis 30 ans, tous les gouvernements sortants sont battus dans les urnes, y compris quand ils tentent de l’organiser comme Chirac tombé sur les législatives anticipées [1]... Sarkozy a brisé ce cercle en construisant sa réélection sur son opposition à Chirac et le recyclage de l’extrême droite. Mais la droite se retrouve sans double jeu possible désormais... [2]. Et il est bien tôt pour faire jouer l’alternance traditionnelle droite-gauche...

Si personne ne sait ni comment ni quand un grand mouvement social, de l’ampleur de la grève générale de la Guadeloupe est possible à l’échelle de toute la France, tout le monde, y compris Sarkozy, sent que c’est possible, que le peuple discute, renacle, remue, que personne ne croie plus un instant à une mondialisation heureuse, à une Europe sociale, à un capitalisme humain...

Les masques sont tombés avec les illusions et les boucs émissaires. L’immense majorité des pauvres et des couches moyennes savent sans aucun doute que le monde est dirigé par et pour une élite sociale qui brasse des milliards provenant du travail exploité comme jamais, précarisé, sous-payé et méprisé ! Les réactions des Guadeloupéens en lutte à l’écoute du discours de Sarkozy sont éclairantes « il faut vérifier, on va voir ce qui est écrit, on ne veut pas se faire avoir... »

La force du peuple debout est immense et peut tout emporter !
Beaucoup de choses sont écrites pour analyser le capitalisme, ses transformations liées aux bouleversements technologiques dans les processus de production, la place toujours plus centrale jouée par la maitrise de l’information et des connaissances, les conditions sociologiques des luttes...

Après des décennies de décervelage médiatique intense, de défaite idéologique entrainant des partis communistes et des syndicats de luttes dans le repli, le renoncement à leur histoire, et parfois la collaboration de classe, il est vrai que beaucoup d’efforts sont nécessaires pour porter une critique lucide et utile, pour tirer les leçons non seulement du socialisme réel, mais aussi de son renversement brutal en Europe de l’est, pour réfléchir aux conditions nouvelles d’une réelle appropriation par les travailleurs des grands moyens de production et d’échange,

Mais sommes-nous confrontés d’abord à un déficit d’idée, à une insuffisance de notre capacité à "penser le monde pour le transformer" ? Car s’il faut penser pour transformer, il faut aussi transformer, c’est à dire agir, pour pouvoir penser !

Ne devons-nous pas tirer une leçon forte des évènements récents, de ce retournement historique qui nous fait passer en peu d’années du capitalisme roi au retour de l’hypothèse communiste ?

N’avons-nous pas, tous, douté de la force du peuple confronté au réel, bousculant malgré tous les médias et les manipulations les prédictions officielles et capable de dire malgré la tempête bourgeoise, tout simplement "NON", "ça suffit !", "ya basta !"

L’urgence, la nécessité absolue, n’est-elle pas de se tourner résolument vers le peuple, sans hésitation, sans mercantilisme corporatiste, sans préjugés ni instrumentalisations, de l’appeler à se lever, ensemble, tous ensemble. Ne devons-nous pas tirer la leçon de la joie du 29 janvier et construire les conditions d’une multiplication de foyers de luttes convergeant. Pour cela, nul besoin de déclamations enflammées, de mots d’ordre destinés d’abord aux autres forces militantes, mais bien de travail précis, organisé, partout ou des forces peuvent agir pour faire connaitre, donner confiance, créer des liens...

L’affaiblissement de ce qui reste du PCF est une difficulté, et comme beaucoup, je crois que sa reconstruction est une démarche essentielle, mais si on peut faire converger dans l’action tournée vers le peuple les forces de résistance émiettées, alors tout est possible. Le peuple sent profondément qu’il n’a pas le choix, que la seule véritable issue est la rue, massivement, durablement !

le socialisme ou la mort !

De l’autre coté, la bourgeoisie n’a pas le choix non plus, rendant l’alternance très difficile... Elle doit aller au bout de la destruction du compromis social que lui avait imposé le socialisme réel et la décolonisation au XXième siècle. Elle avait dit "plutôt Hitler que le Front populaire", mais les résistances populaires et le sacrifice de Stalingrad en ont décidé autrement ! Elle a du partager beaucoup pendant longtemps, les salaires représentaient dans les années 70 plus de 70% des richesses... Elle a du accepter l’indépendance nationale, la sécurité sociale, les services publics, sous une forme ou une autre selon les rapports de force nationaux.

Mais elle s’est très vite réorganisée, a concentré ses efforts militaires, économiques et idéologiques contre le socialisme réel, retourné ou encerclé les indépendances souveraines, écrasé l’Amérique latine sous les dictatures, affamé une Afrique désarmée, puis après sa "victoire" de 1989, elle s’est attaquée avec voracité à toute la planète, et notamment aux compromis sociaux du Nord. L’affaire des subprimes jetant à la rue des millions de familles moyennes états-uniennes ne vient qu’étendre ce long recul au cœur même de l’impérialisme dominant.

Cette bourgeoisie est un ogre exigeant toujours plus de travail prolétarisé, accaparant une part toujours plus grande de la richesse produite par le travail, détruisant tout ce qui mobilise des ressources au détriment de son propre usage. Elle doit franchir de nouvelles étapes dans la paupérisation élargie d’une fraction toujours plus grande du peuple. Elle porte le projet d’une planète "indiennisée" ou la violence des rapports sociaux enferme le peuple dans le règne des castes et des mafias.

Le discours du développement durable lui sert de plus en plus souvent de cache sexe car elle ne veut plus répondre aux besoins sociaux et humains. Elle organise de fait la décroissance générale de la civilisation pour accumuler toujours plus de profit pour sa propre consommation. Ce sont les émeutes de la faim pour que roulent les super 4x4 californiens ou les jets privés de St-Tropez !

En France, elle doit sortir enfin de cette république née dans la violence populaire et durablement marquée par cette souveraineté irrépressible du peuple debout. Fini les communes et les départements ! Fini la nation et l’assemblée nationale ! 90% des lois sont désormais européennes, c’est à dire décidées par les gouvernements organisés en conseil européen par dessus leur propre assemblée nationale ! Et vive les régionalismes, les communautarismes, les lobbyings, et les bureaucraties qui vont avec...

Le peuple peut battre Sarkozy et ce qu’il représente !

Les articles catastrophiques se multiplient. Des experts parlent de "big crash", de "guerre civile" aux états-unis, de grande récession... Pour une part, il s’agit aussi de faire peur, de provoquer le repli individualiste des couches moyennes. Mais chacun sent bien que l’heure peut être à l’affrontement ! Contrairement à ses deux premières années, Sarkozy manœuvre en recul. De la réécriture du statut des enseignants chercheurs, au report à l’automne de la réforme des collectivités locales, en passant par la victoire réaliste des Guadeloupéens sur la question centrale des salaires.

Nous avons dans les mois qui viennent des outils pour élargir et renforcer la résistance, ouvrir la perspective d’une révolte populaire en France.
- autour de revendications simple et directe sur le salaire pour tous, notamment pour l’immense majorité des salariés. En réponse aux milliards pour les banques et les multinationales, il nous faut une revendication unificatrice et populaire comme les 200€ du LKP.
- la convergence des luttes pour le service public peut donner l’occasion de journées encore plus puissantes que 1995 ou 2003. Actuellement, instituteurs et enseignants-chercheurs, biologistes et urgentistes, agissent chacun dans leur situation propre.
- les discours pro-européens qui dominaient depuis 20 ans tournent désormais dans le vide de la crise, incapable de résister au constat que ni l’Euro, ni l’Union Européenne ne nous ont protégé. Ils peuvent être battus autour du constat que si le peuple l’exprime, la France peut dire Non ! L’assemblée nationale retrouvant sa souveraineté peut refuser d’appliquer les directives européennes.
- la réforme des institutions et son attaque frontale contre les communes peut conduire à une bataille populaire pour un référendum qui deviendrait l’outil du peuple pour briser la domination politique de la bourgeoisie

La convergence de toutes ces luttes autour d’un objectif politique accessible eu peuple est essentielle. Quelque chose comme :
- 200€ net pour tous (ça représente 108 Milliards pour tous les actifs)
- référendum sur les réformes des institutions et services publics.

La lutte des classes n’est pas un choix idéologique, une question de courant de pensée ou de débat théorique. Elle est une réalité brutale que le peuple connait dans sa chair. Il cherche en aveugle comment résister, et bouscule tous les pronostics qui le croyait servile et lâche. Loin des institutions et des combinaisons, multiplions les initiatives qui peuvent lui permettre de se voir agir, de mesurer sa force irrésistible.

Peut-être que le slogan le plus court doit être

"UN PEUPLE DEBOUT !"

[1proposées par Sarkosy !

[2Bayrou semble très loin et les logiques partisanes trop fortes pour lui permettre un deuxième come-back

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