Les anti-macron progressistes discutent à Vénissieux... Rencontre publique du 6 juillet 2018

, par  pamillet , popularité : 2%

Planifier une rencontre publique début Juillet un vendredi soir était un pari...et un pari risqué quand on ajoute que c’était le vendredi du matche de quart de finale de la France au mondial de football !

Nous nous sommes pourtant retrouvé 60 pour une rencontre qui avait été évoqué à plusieurs reprises dans des discussions avec des syndicalistes cheminots, électriciens, de la santé, des services publics, notamment dans les manifestations de ce printemps contre les réformes Macron.

Comment faire grandir le mouvement et faire reculer Macron ?

Comment faire reculer Macron, le débat Vénissian

C’est une question posée à tous les militants, à tous les progressistes. En quoi la recomposition politique que symbolise Macron pour les présidentielles a-t-elle modifié les conditions des luttes sociales, le rapport des forces dans la société ? Les introductions de syndicalistes sur les luttes actuelles poseront fortement cette question, autant Marie-christine Eigeldinger, de la fédération CGT de l’agro-alimentaire que Guillaume Dumoulin de l’Union Locale CGT.

Les luttes existent et sont nombreuses. A la SNCF comme chez ENEDIS ou dans certains secteurs de la santé, elles sont très fortes dans l’entreprise, avec un large soutien public.Pourtant elles n’arrivent pas à faire reculer le pouvoir. La situation reste ouverte pour la SNCF où les cheminots, et notamment les conducteurs et contrôleurs restent très mobilisés. Le gouvernement fait tout pour convaincre que ce mouvement serait devenu illégitime après la promulgation de la loi, mais ce n’est jamais un gouvernement qui décide de la légitimité ou non d’une grève ! Ce sont les salariés les premiers concernés qui décident ! Dans la santé, la colère est massive, mais les règles même d’une grève dans ces métiers la rende beaucoup moins visible, il n’est évidemment pas possible de bloquer les urgences, et tous les personnels respectent les règles d’astreinte et de réquisition parceque sinon, c’est la santé, parfois la vie des malades qui serait en jeu !

Mais pourquoi le taux de mobilisation dans chaque mouvement ne devient pas massif ? Pourquoi chaque mouvement se développe avec peu de lien avec les autres ? Pourquoi cette "convergence" que tous les militants évoquent ne se traduit pas dans une convergence massive des salariés ?

La discussion a évoqué de nombreuses questions liées
- la question de la perspective politique, de la construction d’une alternative de société à ce capitalisme de la concurrence. Mais la gauche a laissé un champ de ruines sur ses promesses non tenues, et il y a beaucoup
- la question des contradictions au sein des salariés, entre catégories, statuts, secteurs...
- la question de l’unité, et notamment de l’unité des forces politiques anti-macron.

Sur ce dernier point, le débat est ouvert, et il doit tenir compte de l’expérience de l’union de la gauche et de son échec final. Les communistes sont bien placés pour en discuter puisqu’ils avaient fait ce choix stratégique dans les années 60. L’unité des forces politiques quand elle se fait au détriment du contenu, sur la base d’un programme de compromis, tend à dessaisir les salariés de leur responsabilité sur leurs revendications. Vouloir aujourd’hui une unité de forces qui ont entre elles des désaccords parfois fondamentaux, c’est d’une part une illusion que les péripéties des collectifs et fronts divers dont le Front de gauche soulignent, mais c’est surtout ne pas faire confiance au peuple et à sa propre intervention pour définir des revendications larges... C’est reproduire cette forme d’union électorale de dirigeants politiques qui est en fait une illusion d’unité qui ne résout aucune des difficultés qui freinent et limitent l’unité réelle des travailleurs.

Les interventions de Michèle Picard (PCF, maire de Vénissieux) comme de Nathalie Perrin-Gilbert (Gram, maire de Lyon 1er arrrondissement) montreront la réalité et la diversité d’actions locales de résistance au macronisme qui sont à chaque fois l’occasion de mobilisations militantes, et qui dessinent des "territoires de résistance" qui sont une contribution importante à faire vivre l’idée d’alternatives politiques. Nathalie Perrin-Gilbert, qui espère une décision de justice favorable dans sa bataille pour faire reconnaitre les arrondissements par le maire de Lyon, insistera sur la recherche de formes nouvelles de mobilisation pour les élargir dans la diversité des citoyens. Michèle Picard rappellera la qualité du rassemblement qui a permis en 2014 comme en 2015 de battre à la fois le Front National, la droite, et le père du macronisme qui se présentait à l’époque encore comme socialiste...

En tout cas, c’est une première rencontre, et sa préparation a permis de nombreux contacts puisque nous avions proposé aussi à la France Insoumise de participer et d’intervenir dans ce débat. D’autres rencontres seront sans doute possible à la rentrée...

A suivre donc, mais la réussite de cette rencontre un 6 juillet montre l’importance de ce débat politique franc et ouvert sur la construction d’une alternative politique au macronisme.

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