Les vraies raisons du lynchage politique d’André Gerin

, par  Marie-Christine Burricand , popularité : 9%

Une déclaration d’Henri Thivillier, président du groupe communiste et républicain de Vénissieux

Je suis profondément scandalisé par le lynchage politique dont fait l’objet André Gerin ces derniers jours.

Deux phrases extraites du texte de sa conférence de presse, après la désignation de Jean-Luc Mélenchon comme candidat aux élections présidentielles 2012, suffiront-elles à faire croire qu’André Gerin « se serait perdu » dans les bas fonds nauséabonds de l’extrémisme ? Deux phrases sorties de leur contexte suffiront-elles à jeter en pâture un homme politique courageux, dérangeant, certes, sur le terrain d’une gauche frileuse sur bien des sujets ? Deux phrases en réponse au grand patronat, plus exactement à Laurence Parisot qui voudrait nous faire croire que, pour elle, la France doit rester un pays ouvert « qui accueille de nouvelles cultures et tire profit du métissage ».

Parle-t-elle de « profit » sur le plan culturel ? Bien sur que non. Et cela André Gerin l’a bien compris. La gauche devrait aussi s’emparer de ces sujets, sans tabou, apporter ses propres réponses et couper l’herbe sous le pied des forces réactionnaires et fascisantes, forte de ses valeurs et de ses idéaux.

Alors oui, l’immigration est la manne du capitalisme financier, pour diviser, généraliser l’insécurité sociale, exclure, ghettoïser des millions de familles et jeunes français de la vie sociale et politique. J’ose espérer que toute femme et tout homme de gauche comprend que le grand capital ne poursuit que des objectifs économiques. La droite et le patronat ont toujours ouvert les frontières à des fins d’exploitation.

Comme si cela ne suffisait pas, Laurence Parisot poursuit : « Et si par ailleurs il y a des enjeux d’intégration dans notre pays, c’est notamment à l’école et avec les enseignants qu’il faut les aborder », piquez-moi, je rêve ! Le service public, les services publics, l’école en particulier, est sacrifiée sur l’hôtel de la finance. Ce procès à l’encontre d’André Gerin est indigne du combat qu’il a mené durant ces nombreuses années à Vénissieux et en France et qu’il mène encore. Pourquoi la direction du PCF appuie-elle cette exécution en règles ? Pourquoi la présidente de l’association des Elus communistes et républicains du Rhône utilise-t-elle la même arme en tronquant les propos d’André Gerin, en arrachant de leur contexte ces deux phrases là ?

Quelle aubaine dans un contexte d’élections présidentielle et législative ! Serait-ce une sanction contre André Gerin en réaction à sa position, position que je soutiens, de défendre une candidature communiste aux présidentielles ? Les négociations seraient-elles plus abouties que ce que l’on voudrait nous faire croire dans la 14ème circonscription ? La direction l’aurait-elle vendue ?!!!! Député depuis 1993, la légitimité d’André Gerin n’est plus à prouver, ni ses combats pour les milieux populaires, authentiques. En le discréditant, la direction du PCF ne montre que sa propre faiblesse dans le débat politique.

Henri Thivillier Président du groupe des élus communistes et apparentés de Vénissieux

Annonces

Sites favoris Tous les sites

9 sites référencés dans ce secteur

Brèves Toutes les brèves

Navigation