Parler Franchement de l’Union Européenne tract des marchés pour le 1er Mai

, par  pamillet , popularité : 8%

Les « députés européens » que nous allons
élire en juin 2009 feront partie d’un parlement,
qui ne dirige pas l’Europe, ses avis ne
sont que consultatifs, même s’ils ne sont pas
toujours inutiles (Cf directive Bolkenstein).
- Ainsi,
le parlement européen refuse de voter
l’approfondissement des relations avec
Israël, pour sanctionner sa politique envers
les Palestiniens ? L’UE se passe de son avis
et décide, quelques jours avant l’agression
contre Gaza, exactement le contraire !
- Le projet de Constitution est rejeté en 2005
par la France et les Pays Bas, qu’à cela ne
tienne, l’UE sera régie par sa copie
conforme, le Traité de Lisbonne, sur lequel
les peuples n’ont pas été consultés directement
(sauf l’Irlande, qui l’a refusé).

En fait, les décisions de l’UE sont prises en
réunion des chefs d’Etat ou des ministres des
pays membres. Dans l’intervalle, c’est
la « Commission Européenne », dont les
membres sont nommés, qui dirige l’UE.

Ce fonctionnement, peu démocratique, est
ancré dans l’histoire même de la Communauté
Européenne du Charbon et de l’Acier
(CECA 1951), devenue Communauté Economique
Européenne (CEE 1957), puis « Union
Européenne » (UE, 1992).

L’U.E. : une machine de guerre contre les travailleurs

Dans les années 50, les idéologues de la
droite anticommuniste (Schumann, De Gasperi
et Monnet) ont inventé « l’Europe » supranationale
en pleine guerre froide. Leur objectif
était double.
Créer un grand marché, pour ouvrir de nouveaux
débouchés aux marchandises, sans
se préoccuper des bas salaires et du chômage.
Limiter le rôle des parlements nationaux, à
l’époque sensibles à la volonté populaire d’en
finir avec la domination des trusts.

L’UE s’est constituée autour du marché du
charbon et de l’acier (ce qui a produit la fermeture
de toutes les mines françaises).

C’est un instrument du capital et son élargissement
n’a pas changé sa nature. C’est une
union des multinationales, une machine de
guerre contre les conquêtes politiques et sociales
des travailleurs.

Refuser cette Union Européenne ce n’est pas être nationaliste

Le nationalisme voudrait nous faire croire
que tous les Français ont des intérêts communs
« par nature ». C’est faux, car les premiers
adversaires des salariés français sont
leurs exploiteurs français. La question de la
nation ne doit pas se poser en dehors de la
solidarité internationale de classe.

Bien sûr, en France, la nation s’est souvent
constituée au mépris des identités et des
cultures locales ou régionales, au prix de
guerres et de marchandages sordides.

Mais, au fil de l’histoire, le cadre national est
devenu un cadre identitaire de conquête de
droits sociaux, auxquels les étrangers, que
l’histoire a poussés sur la terre de France,
ont largement contribué et contribuent encore.
Ce sont ces acquis historiques et cette diversité
culturelle, qui constituent le vrai contenu
de la nation française et le seul cadre dans
lequel le peuple de France peut espérer s’approprier
un jour, les richesses nationales aujourd’hui
dans les mains du capital.

L’U.E. : une forteresse capitaliste

L’histoire de l’Union Européenne, c’est une
succession d’attaques contre les salariés, les
services publics, les systèmes de retraite et
de sécurité sociale, le droit du travail et le
droit syndical.

Des droits fondamentaux comme l’éducation, la
santé, la protection sociale sont convertis en
sources de profits pour le grand capital. Les exploitations
agricoles familiales, la pêche artisanale
sont ruinées, les artisans et les petites entreprises
indépendantes sont écrasés sous la
domination des groupes financiers et de la
grande distribution.

Sur le plan monétaire, on peut voir aujourd’hui
que l’Euro ne nous a protégé, ni de la fuite des
capitaux, ni des délocalisations, ni des effets
désastreux du capitalisme financier.

L’UE, qui refuse la libre circulation des hommes,
contrairement aux marchandises, participe
au pillage des pays pauvres, y compris de
leur matière grise. En même temps, elle met
des barbelés à ses frontières et adopte des lois
de plus en plus répressives, sur le droit d’asile
et l’immigration.

Elle se militarise et collabore dans des guerres
impérialistes, comme en Afghanistan et en Irak.
Sur « recommandation » de l’OTAN et de la
Commission européenne, les dépenses militaires
augmentent et la course aux armements reprend.
Comme l’illustre depuis des années son incapacité
à jouer un véritable rôle dans le conflit
du Proche-Orient, l’Union Européenne n’est
pas un contrepoids à l’empire américain, mais
un état impérialiste en construction, tantôt allié,
tantôt opposé aux USA, toujours dans l’intérêt
des multinationales.

Être ou ne pas être … dans l’Union Européenne

Si le Traité de Lisbonne avait été en vigueur en
2003, la France aurait sans doute été dans l’obligation
de s’engager dans la guerre en Irak.
Qui peut prétendre qu’une majorité de pays de
l’U.E. s’y serait opposée ? Et qu’en serait-il aujourd’hui
 ?
Les Norvégiens, les Islandais et les Suisses
n’ont pas à se plaindre de ne pas être dans l’U.
E. En Amérique Latine, le Venezuela, la Bolivie,
Cuba et d’autres, face au projet US (ALCA)
d’instaurer une forme d’alliance continentale
équivalente à notre UE, n’ont pas eu peur d’inventer
une autre forme de coopération internationale
(ALBA) basée sur le progrès social.

Dans un monde global, où un habitant sur six
meurt de faim, à cause en particulier de la domination
de l’Europe et de l’Amérique du Nord,
qui peut croire à la possibilité d’une « Europe
sociale » dans une telle construction ?

Avoir du courage
et de la cohérence politique
A cette chimère nous opposons l’idée de faire
preuve de courage politique et de capacité d’invention.
Il est temps de sortir de cette alliance
là et d’établir avec d’autres pays, pas
seulement européens, des coopérations mutuellement
avantageuses pour les peuples.

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