Point de vue communiste au quotidien d’un quartier populaire Rencontre avec les communistes de la Pyramide

, par  pamillet , popularité : 3%

Aragon disait qu’il rendait sa carte du parti chaque soir, et qu’il la reprenait chaque matin. Ce soir, au restaurant scolaire Jean Moulin d’un quartier des Minguettes, la cinquantaine de présents ont vécu une de ses initiatives militantes de terrain qui donne envie de la garder, cette carte du parti, de la faire vivre le plus nombreux possible et le plus longtemps possible.

Ce n’était pas gagné... La vie de la cellule est difficile, les militants expérimentés prennent de l’âge, les adhérents sont tellement sous pression de la précarité, de la pauvreté, de la surexploitation, que c’est un défi de se considérer comme un acteur capable de bousculer cette société violente et inégale. Le contexte politique et médiatique multiplie les masques et les faux-semblants, les pièges pour écarter toute prise de conscience de classe.

La stratégie du parti communiste est peu lisible et le succès national de Jean-Luc Mélenchon ne se traduit pas dans le quartier par un début de mobilisation populaire. Il y a quelques semaines, le bon accueil au tract appelant à la manifestation contre les expulsions n’a pas produit plus de participants que l’an dernier... c’est à dire beaucoup trop peu pour impressionner le préfet...

Pourtant, ce 31 mars, les participants sont tous repartis les batteries politiques rechargées à bloc, heureux de cette soirée qui commença par une discussion à bâtons rompus, interrompue pendant deux heures sur les raisons de cette non mobilisation apparente du peuple, sur notre capacité ou non à virer Sarkozy, sur le niveau du danger Le Pen dans le quartier, sur le meilleur outil pour virer Sarkozy et le risque de se retrouver dans un nouveau 21 avril, certains s’interrogeant sur ce "vote utile"...

Guy Fischer, qui connait bien le quartier, expliquera sa position de président du comité de soutien à Jean-Luc Mélenchon et de président du comité de soutien à Michèle Picard. Il redira le lien qu’il fait entre les deux batailles et l’enjeu de mobiliser pour garder le seul député communiste de la région Rhône-Alpes.

Michèle Picard et Yannis Al Mahdi répondront aux nombreuses questions qui leur sont posés [1]

Ce qui préoccupe les habitants présents, c’est d’abord la question de la crise et de son impact sur les conditions de vie de milliers de familles. Comment exprimer ce refus de payer leur dette ? Cela semble tellement énorme ! Les milliards dont les médias nous parlent en permanence semblent des monstres gigantesques qui nous écrasent et contre lesquels on ne peut rien. C’est la vraie source de l’abstention et de la démobilisation. Est-il vraiment possible de résister ?

Plusieurs intervenants reprendront ce qui avait été au cœur de la rencontre de la section le 15 mars avec Panagoulias, Gerin, Nikonoff et Herrera ; pour résister à cette guerre sociale ou la dette est une arme de destruction massive, il suffirait que le gouvernement décide en une fois de ne plus payer ! Contrairement à ce qui se dit le plus souvent, ce ne serait pas la catastrophe, mais l’occasion pour le peuple de relever la tête et d’imposer la renégociation de toutes les dettes, la rediscussion des vraies priorités budgétaires, de réimposer la logique de l’impôt progressif républicain comme source première de financement de la solidarité et du développement. Les prêteurs accoureraient à l’Elysée pour négocier leurs intérêts. Car si un bourgeois est toujours prêt à tout pour gagner 1 million d’Euro de plus, quand il risque d’en perdre un million, il est prêt à tout pour en sauver la moitié !

Ce ne sont pas les responsables de la section qui ont introduit la question européenne, ce sont bien les habitants présents, soit pour dire leur crainte que rien ne soit possible à cause de cette union européenne qui aurait désormais tous les pouvoirs, soit pour exprimer leur colère contre l’Euro et la vie chère. en tout cas, tout le monde se rendait bien compte que rien n’était possible sans sortir du carcan des règles que l’Union Européenne impose. Les avis diffèrent sur les conséquences : sortir ou pas de l’Union Européenne ? La première question qui ressort de la discussion est plutôt. Oui, il faut sortir des règles économiques actuelles. On verra bien à quoi cela conduit !

La soirée s’est poursuivie comme chaque année pour ce quartier avec un repas préparé par des camarades. C’est l’équipe de Fatou qui avait cuisiné un poulet-riz aux épices qui a fait l’unanimité. Et les quantités préparées étaient telles qu’il a fallu trois tours pour ne pas épuiser le sujet ! Un grand merci à toute l’équipe des femmes du Niger, du Mali, de Martinique et de la Guadeloupe...

Et bien sûr, tout a fini en chansons révolutionnaires pour cultiver quelque chose au cœur de l’engagement personnel et collectif, l’utopie d’une solidarité vraie entre les hommes et les femmes, l’enthousiasme de la perspective révolutionnaire...

Prochaine initiative des communistes du quartier, un point de rencontre tourné vers les jeunes organisé avec le mouvement de la jeunesse communiste.

[1pour que cet article ne soit pas considéré comme un élément de leur campagne, nous n’en dirons pas plus, il fallait être là !

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