Quand le fascisme s’installe dans les têtes...

, par  pamillet , popularité : 4%

Dans les quartiers populaires, dans le monde du travail, le fascisme était encore il y a peu une question d’histoire. Malgré tous les discours sur les valeurs et les "dérapages" de Le Pen sur les "détails" de l’histoire, malgré les avertissements répétés des militants contre la "peste brune", le Front National banalisé semblait une question de politique actuelle, de mécontentement contre les politiques des gouvernements successifs, de craintes devant les bouleversements de la mondialisation... sans lien avec Hitler et les violences nazies, et Marine Le Pen incarnait ce FN "démocratique".

Mais les choses ont changé rapidement ces dernières années, avec l’infiltration de groupuscules d’extrême-droite dans des mouvements apparemment anti-impérialistes, avec la progression de références apparemment anti-système, mais toujours portées par des forces d’extrême-droite, comme la quenelle, ou le développement des réseaux "identitaires", "nationalistes"...

Sur un blog animé par un Vénissian, qui se présentait il y a peu presque comme un journalisme local neutre, les dérives extrémistes s’affichent désormais sans retenue, depuis l’injure sexiste "mettez la quenelle dans le cul de Michèle", que le modérateur a quand même fini par enlever, jusqu’à cette vidéo qui présente les communistes comme une maladie proche du SIDA et le Front National comme le remède.

Ce blog est révélateur de ce qu’est le fascisme au fonds, l’utilisation de la guerre de tous contre tous pour détourner la colère des enjeux économiques et sociaux et la faire s’exprimer contre ceux qui organisent la résistance au capitalisme, contre les communistes.

Car c’est l’anticommunisme qui est le ciment de cette fascisation sociale, réunissant les populistes de toute obédience, venant de l’UMP, du PS ou du FN, mais partageant tous un ennemi commun, non pas le patronat qui organise la concurrence mortifère entre les travailleurs, non pas les états, l’UE et l’OTAN qui multiplient les foyers de guerre sur toute la planète, mais les militants qui continuent à faire vivre un point de vue internationaliste, anti-capitaliste, populaire, et qui cherchent toujours à faire grandir la colère contre ce système inégalitaire et violent.

On le voit avec horreur en Ukraine, où les nazis s’organisent, des ministères aux milices qui pourchassent les syndicalistes et progressistes. Mais le mouvement de pourrissement de la vie politique locale qui s’est exprimé aux municipales à Vénissieux comme à Vaulx-en-Velin, à Villejuif comme à Bobigny révèle que cette réponse fascisante à la crise est à l’œuvre en France aussi, heureusement dans d’autres conditions que l’Ukraine.

Mais les Vénissians ont un avantage, ils sont prévenus !
- Ils ont fait reculer historiquement le FN qui avait atteint 30% en 1995 en le réduisant à 16% aux présidentielles de 2012, même s’il arrivait à rassembler les droites avec 30% au deuxième tour des législatives suivantes.
- Ils ont résisté à la dérive à droite des municipales lui faisant même perdre des voix sur le total droite de 2008 si on tient compte du modem, en tout cas avec une progression limitée de l’UMP UDI deux fois plus faible qu’au plan national
- ils ont tranché la question qu’avait voulu imposer le PS profitant du changement de maire, en forçant une primaire à gauche gagnée haut la main par Michèle Picard

Bref, les Vénissians ont tous les moyens de résister à cette fascisation et de créer un évènement national en réaffirmant une alternative politique forte face à la crise gouvernementale gauche-droite réunies.

A Vénissieux, le fascisme ne passera pas, même déguisé en Sarkosyste !

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