Rencontre des luttes en mairie de Vénissieux Total, Bosch, Cheminots, Territoriaux, Agroialimentaire, Union Locale...

, par  pamillet , popularité : 7%

La rencontre en mairie sur les retraites ce 4 Novembre était passionnante par les invités représentatifs des secteurs en lutte dans leur diversité et par la discussion sur les conditions de la poursuite du mouvement.

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Les responsables CGT et CFDT de la raffinerie TOTAL de Feyzin, après 18 jours de grève. Ils viennent de reprendre, mais accumulent une expérience forte des liens avec tout le département. Les rendez-vous devant la raffinerie qui se sont répétés chaque jour étaient autant d’occasion de discussions entre salariés sur le mouvement. La question principale était celle de l’extension du mouvement. Si le secteur des transports routiers s’était joint à leur mouvement, la suite aurait sans doute été différente. Mais les moyens de pression et de répression du gouvernement ont été utilisés à plein. Menaces contre les grévistes, Invention de la réquisition anti-grève dans le privé, Interventions musclées pour faire travailler des équipes sans respecter les consignes de sécurité, Importation sans contrôle de produits pétroliers...

Le responsable des cheminots du fret était gonflé à bloc ! Dans son secteur, ils accumulent 17 jours de grève au printemps et 18 jours dans ce mouvement sans compter plusieurs journées isolées. Il est convaincu que le mouvement peut continuer. Dans son site, ils ont certes stoppé le mouvement de grève totale, mais continuent sous la forme d’une heure de grève quotidienne.

La responsable du secteur agro-alimentaire de la CGT témoignait de la diversité des situations dans de nombreuses entreprises de son secteur. Dans de nombreuses petites entreprises, le syndicat sort renforcé de ce mouvement, avec de nouvelles bases.

C’est ce que confirmera le responsable local de la CGT, qui donnait justement la parole à un tout nouveau délégué syndical d’une entreprise de Corbas en grève pour les salaires. Le patron est tout étonné de se retrouver dans cette situation dans cette PME qui n’avait pas d’activité syndicale jusque là. Bien sûr, il refuse de "négocier sous la pression", mais la grève l’a conduit à accepter finalement une réunion "NAO"...

Le représentation de l’UGICT locale donnera aussi le ton, en partant du constat que "nous avons gagné la bataille des idées", mais en affirmant sans détour la nécessité d’un prolongement politique de ce mouvement.

Le responsable syndical de Bosch confirmera à la fois le caractère exceptionnel de la mobilisation dans cette entreprise souvent en recul par rapport à d’autres. pour la première fois depuis longtemps, la mobilisation a permis d’organiser un cortège de l’usine pour la manifestation du 19. En même temps, le contexte de l’impossibilité apparente de résister au choix de fermeture de l’usine par le groupe plombe l’ambiance. C’est bien la question de la capacité à gagner qui reste ouverte et freine un rassemblement plus large.

André Gerin soulignera comme il l’a fait depuis plusieurs semaines, autant à l’assemblée (notamment avec son intervention remarquée sur la société du frère Sarkozy), que très souvent devant la raffinerie ou d’autres secteurs en lutte, la portée de société de ce mouvement qui montre avec éclat que les luttes de classe ne sont pas du tout derrière nous, mais au contraire au coeur de la mobilisation toujours plus large de toutes les couches sociales, contre un capitalisme qui détruit sans limite tous les compromis sociaux du XXième siècle, et qui se restructure à vitesse accélérée avec des dizaines de milliers d’emplois industriels supprimés ces derniers mois.

IL fera le parallèle avec 36 pour insister sur la nécessité d’un mouvement social actif avant, pendant et après les élections.

La question qui fait réfléchir est bien sûr celle de la poursuite du mouvement. L’urgence était bien entendu de réussir la manifestation du 6, mais chacun sent bien qu’il faut une relance de la mobilisation dans des formes adaptées, tenant compte du rapport de forces, de la nécessité de la durée. IL est essentiel d’aider les militants à tirer les leçons positives de ce mouvement pour la poursuivre efficacement. Dans l’enseignement supérieur, il y a difficulté depuis la rentrée, sans doute justement parce que les leçons de l’échec des mouvements pourtant très fort contre la LRU ou pour sauver la recherche n’ont pas permis de renforcer les organisations syndicales et politiques.

Or, chacun voit bien que c’est une lutte des classes acharnée, organisée, tenace, contre une bourgeoisie aussi violente que celle de Thiers ou de Pétain qui est nécessaire. On ne peut avoir l’illusion que l’opinion publique majoritaire suffirait à la faire céder, ni espérer que 2012 apportera une solution car on peut craindre toutes les manipulations et provocations de Sarkozy [1]

En tout cas, cette rencontre était utile. Le mouvement social a un besoin urgent de réflexion pour prendre appui sur sa force démontrée et visible, n’en déplaise à Sarkozy, afin de se renforcer. On a gagné la bataille des idées... reste à gagner celle de l’organisation !

[1rappelons nous la réélection surprise de Bush malgré l’exceptionnelle mobilisation médiatique contre lui...

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