TROP DE PROFITS, TROP DE LUXE

, par  Pascal Brula , popularité : 8%

La surexploitation capitaliste qui a explosé
dans le milieu des années 80, notamment
à cause de la baisse d’influence des
communistes et du rapport de forces défavorable,
a permis à certains groupe capitaliste
de se développer outre mesure.

C’est le cas de l’industrie du luxe dans
laquelle les fortunes nouvellement acquises
peuvent plus particulièrement se
dépenser au détriment de la production
industrielle chargée de satisfaire les
besoins les plus élémentaires de tous.
Ainsi, le groupe L’Oréal (Cacharel, Yves
Saint-Laurent, Lancôme…), dont l’actionnaire
principal est Liliane
Bettencourt, une des femmes les plus
riches du monde avec une fortune estimée
à 9,8 Mds d’€, a vu son chiffre d’affaires
passer de 3,7 à 14,5 Mds d’€ et sa capitalisation
boursière de 1,5 à 50 Mds d’€ de
1985 à 2003. Son PDG fut même le
patron le mieux payé du CAC 40, jusqu’à
7,2 millions d’€ annuels de salaire de
base. La crise étant passée par là, le groupe
a rompu en 2008 avec un taux de profits
à 2 chiffres, mais néanmoins le
bénéfice net était de 2 Mds d’€. Cette
débauche de profits est à relier à un véritable
management de patron de choc.

Entre 2004 et 2007, dans les douze usines
françaises, les effectifs ont perdu 12% et
la productivité a gagné 14%. Il faut souligner
que les actionnaires ne sont pas
oubliés : les dividendes qui leurs sont versés
ont été de 862 millions d’€, soit 19
millions de plus qu’en 2007 alors que le
bénéfice était de 2,6 Mds. Et depuis 2002,
ils ont doublé !

Destruction de capital

Devant une telle abondance de profits et
de capitaux, les dirigeants de L’Oréal ne
savent plus quoi en faire au point qu’ils
sont obligés de le détruire. Le groupe en
vient à racheter ses propres actions pour
les annuler, ce qui augmente de fait le
poids des actionnaires principaux, soit la
famille Bettencourt qui a ainsi franchi la
barre des 30%. Ainsi, au cours des 3 dernières
années, L’Oréal a consacré à cette
opération entre 944 millions et 1,3 Mds
d’€ par an, et détruit environ 5 millions
d’actions. Ah oui, les salariés français ont
fait grève en février 2008 pour revenir au
principe des augmentations générales de
salaires remplacées en 2004 par des augmentations
individuelles. Et grâce au syndicalisme
rassemblé, ils ont gagné… une
augmentation de 1,5% en 2009.

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