Un canut nous a quitté

, par  André MAZUIR , popularité : 9%


c’est avec émotion que de très nombreux présents ont repris l’internationale pendant la cérémonie avec le fils cadet de dédé, avant de reprendre ensuite la butte rouge qu’il avait tant chanté...

L’intervention de l’autre dédé, Mazuir, au nom des communistes de Vénissieux

C’est au nom des communistes de Vénissieux, du département, avec beaucoup d’émotion, que je veux rendre hommage à Dédé, Dédé martin.

Nous saluons un homme droit, honnête, franc, sincère, de conviction, sans concession, mais tolérant, respectueux, plein de gentillesse.

C’est gégé, Gérard Viorney qui devrait être ici, à ma place. Par le passé dédé lui avait demandé. La vie en a décidé autrement.

Dédé et Gégé, c’était deux potes, beaucoup de complicité militante, au service des travailleurs de la municipalité, des habitants de la ville, du service public.
Aujourd’hui nous avons aussi une pensée pour Gégé.

J’ai rencontré Dédé dans la lutte des travailleurs, dans le militantisme à la CGT dans les années 1960. En 1972, par hasard, nous nous sommes retrouvés en vacances sur le même terrain de camping de Die dans la Drome. Vacances formidables, souvenir inoubliable, qui a scellé une vrai amitié.

Dédé était un militant ouvrier engagé contre les patrons, contre l’exploitation. Un militant de la CGT, puis du Parti Communiste.

C’était un « anarcho » comme il se plaisait à le dire. Mais un « anarcho » réfléchi qui ramenait toujours avec justesse à la lutte de classe.

Enfant, dédé a connu les difficultés, la misère, avant de faire son apprentissage dans la soierie.

Il a travaillé une partie importante de sa vie dans le textile. Il a exercé son métier avec sérieux, mis au point des métiers à tisser, assuré l’encadrement d’une équipe.

Il a cherché à allier la conscience professionnelle et la nécessité d’améliorer les conditions de travail, la prise en compte avant tout de l’humain, ce qui l’a amené à s’engager, à militer à la CGT.

Ses maîtres, ses guides, il en parlait souvent, c’était Pierrot Lachaize, Edouard Aubert, deux responsables départementaux, nationaux de la CGT des Textiles, Cuirs et Peaux. Deux militants communistes, engagés dans la résistance, victimes de la déportation. Qui avec la vie vont l’amener à adhérer au PCF

Dédé avec Mado, leurs enfants, ont habité Rillieux. C’est la qu’il a commencé à milité au PCF, au bureau de la section avec la responsabilité de l’organisation, Il a imprimé dans les cellules la nécessité du lien avec l’adhérent.
Il a toujours mis l’accent sur l’éducation, donner à l’adhérent des connaissances, les bases de la lutte de classe, de l’exploitation capitaliste, du marxisme, pour lui permettre d’analyser, d’être partie prenante des décisions, d’être le relais dans l’entreprise, dans le quartier de la politique du parti.

C’était l’époque ou nous militions avec le programme communiste Changer de Cap que nous voulions partager avec la population afin de construire un rapport de force susceptible de battre le capitalisme, aller vers le socialisme, le communisme.

Dédé y a contribué activement. Mais il s’est opposé catégoriquement à la stratégie du Programme Commun, expliquant que ce n’était pas la bonne voie pour transformer la société. La vie lui a donné raison.

Mado partageait cet engagement militant. Elle participait à toutes les réunions de cellule, aux diverses initiatives de la section, elle aide à la convivialité, dédé ne l’oubliait pas.
Dédé pouvait paraître très dure, très affirmé. IL était en, même temps très sensible, très émotionnel. Il faut souligner son amour pour mado, son affectation pour ses enfants, Christian, Pascale, François, et pour ses petits enfants.

Avec la casse de l’industrie textile la vie de Dédé se modifie, sans travail, il retrouve une activité dans un domaine tout autre, à la MTRL la mutuelle créée par la CGT, puis au Crédit Mutuel. Avec effort il va réussir sa mutation dans ce nouveau travail. Très rigoureux dans la gestion,, il donne pleinement satisfaction. Cependant, il va se retrouver en conflit avec la direction sur des questions d’organisation du travail. Les responsables sont des militants syndicaux, cégétistes, communistes. Il n’a pas pu l’admettre, décide de s’en aller.

Il sera alors gardien de l’école à Henri Vallon aux Minguettes, ou la tenue de l’école sera un exemple pour les enseignants, les parents, la municipalité. Il terminera sa carrière comme responsable du secteur des femmes de service à la ville de Vénissieux avec François Chardon.

Il a été très apprécié pour son approche humaine par le personnel, qui lui a été reconnaissant, apprécié aussi par la municipalité pour le sérieux de son travail.

Ceci amène la famille Martin à habiter à Vx, aux Minguettes, et Dédé à militer à la section de Vénissieux sud, c’est-à-dire les Minguettes.
De nouvelles complicités vont se créer, avec Angelo, Alain Godard, avec qui il s’occupera de l’éducation, et bien sur l’autre Mado, Mado Gerin, secrétaire de la section. Il faut aussi citer le « Minou » et Evelyne chez qui se terminait souvent le porte à porte avec le verre d’anisette ;

J’ai eu l’honneur de militer avec Dédé, tous ces camarades et bien d’autres aux Minguettes. Je ne peux m’empêcher d’évoquer une délégation à Lyon ???. La direction refuse de nous recevoir, le directeur est absent. Alors Dédé dit « Et bien on reste, on va amener la musette, on va s’installer, on attend, on occupe. Au bout de quelques instants le directeur se trouve présent et reçoit la délégation. C’est tout cela Dédé.

A Ambroise Croizat, ou il a habité après les Minguettes, il militera à la CNL avec les responsables ; Luther Sanchez, Renée Colin pour la défense de l’intérêt des locataires vers le bailleur OPAC du Rhône.

Il animera la cellule Grimau avec son dynamisme au contact des adhérents, sans oublier sa voisine la dédée Balaguer et Francisque Pachès, l’ancien des brigades internationales, vers qui il exprimait un très haut respect. Il aura le souci avec l’age de passer le relais. C’est gégé, Gérard Viornery qui prendra le relais, tout un symbole. Il poursuivra un moment la trésorerie de la cellule qui sera un exemple pour la collecte régulière des cotisations. La aussi il aura le souci de passer le relais et c’est Laurent qui poursuit avec autant de sérieux cette tâche.
Laurent qui aura été, comme il l’appelait de manière amicale, son chauffeur pour participer aux réunions, aux initiatives ces dernières années.

Dédé était un homme de débat et d’échange. Il discutait toujours avec on entourage et toujours pour exprimer son point de vue, tout en étant respectueux et convivial.

Et comment ne pas évoquer qu’à chaque assemblée il prenait la parole et commençait son intervention par « Ben voila, je voudrais donner mon point de vue, mon appréciation, sur le sujet » et c’était parti avec comme fil conducteur l’exploitation capitaliste, la lutte de classe

Ces dernières années il a exprimé son désaccord complet avec l’orientation actuelle du PCF, le Front de gauche, dénonçant l’éloignement idéologique, d’organisation que cela impliquait par rapport à un parti de classe, de masse. Dénonçant l’inefficacité d’une telle démarche pour changer la société être utile au peuple.

Les jours de marché, lorsque nous étions présents pour distribuer un tract, chaque fois il s’arrêtait, disait un mot, commentait une actualité, en fait amenait sa part de militantisme. Mais toujours avec son coté jovial, sympathique, ouvert. Puis il repartait avec sa Mado et parfois ses petits enfants.

Dédé pouvait paraître très dur, très affirmé, il était en même temps très sensible, très émotionnel. Il faut souligner son amour pour Mado, son affection pour ses enfants, Christian, Pascale, François et pour ses petits enfants.

La convivialité était pour lui quelque chose d’essentiel. Je me souviens même d’une discussion animée un soir à ce sujet entre tous les 2 à la fin d’une initiative à la salle Joliot-Curie, autour d’un verre. Car la convivialité c’était autour d’un verre de l’amitié, pour refaire la réunion, refaire le monde, rêver parfois.

Et bien sur la convivialité chez dédé, c’était aussi la chansonnette, les feuilles mortes, l’Internationale, La butte Rouge, d’autres, et évidement Les Canuts, inoubliable chanté par Dédé avec sa belle voix forte. Je veux reprendre ses paroles.

« 
Pour gouverner, il faut avoir, Manteau et ruban en sautoir. (bis),
Nous en tissons pour vous Grands de la terre,
Mais nous pauvres canuts, Sans draps on nous enterre.
Mais notre règne arrivera, Quand votre règne finira. (bis),
Nous tisserons, Le linceul du vieux monde,
Car on entend déjà la révolte qui gronde.
C’est nous les Canuts, Nous n’iront plus nus. »

Repose en paix Dédé, nous ne t’oublierons pas. Toute notre sympathie, toutes nos amitiés à Mado, Christian, Pascale, aux petits enfants.

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