Un exemple de courage Gégé, le jardinier communiste, a livré son dernier combat

, par  pamillet , popularité : 4%

Notre camarade et ami Gérard Viornery nous a quitté Vendredi 30 Avril, à la veille du 1er Mai. Il n’aurait pas aimé qu’on dise pudiquement "des suites d’une longue maladie". C’est contre le cancer qu’il a résisté deux longues années, conscient d’un combat inégal, mais trouvant jusqu’au bout l’énergie de participer à nos rencontres.

Ce sont des centaines d’amis, de camarades, de voisins qui l’ont accompagné Jeudi 6 Mai au crématorium de Bron. Serge Truscello, secrétaire de section de Vénissieux lui a rendu hommage, après Denis Guillet, secrétaire de son syndicat CGT et avant André Gerin, député communiste du Rhône, puis sa fille Véronique.

Gérard c’est à moi que reviens la tache de parler de l’homme, du militant communiste que tu étais.

Arrivé sur la ville en 1971 de ton beaujolais natal, tu as habité d’abord au Monery ou ton copain Bruno Dupré t’a fait adhérer au PCF. Depuis cette date tu es resté fidèle à ce parti, ton parti, comme tu disais. Tu as été de quasiment tous les combats et ils furent nombreux.

Quand on s’est retrouvé à la section à quelques uns après ton décès, la première chose qui nous est venue à l’esprit, c’est ton attachement à la république, au service public, à la fonction publique, ton attachement aussi à cette ville pour laquelle tu as beaucoup donné, comme habitant, comme salarié au service de la population, comme militant, tant syndical, que politique.

Tu as durant toutes ces années mené un combat alliant l’engagement syndical et politique, même si cela n’a pas toujours été facile, même si tu en as souffert en tant qu’homme en tant que militant.

Très attaché à la défense des intérêts des salariés, ta conception d’un syndicalisme, de classe ton engagement politique t’ont permis comme lors de la grève des contremaîtres en 77,78, de faire le lien entre la défense de la ville et les intérêts des travailleurs. Tu restais persuadé qu’une municipalité de Vénissieux, communiste, était un appui tant pour les salariés que pour les habitants.

Les campagnes électorales dans lesquelles tu t’engageais toujours à fond en sont la preuve. Porte à porte, collage d’affiche avec paulo ces dernière années, distribution de tracts, la aussi tu ne faisais pas les choses à moitié.

Après les Monery tu t’es installé aux Minguettes à la Pyramide, puis aux Caravelles. Chaque fois tu as participé activement à la vie de ton quartier, à la Pyramide tu t’es beaucoup battu pour que les commerces restent, notamment la superette. Aux caravelles tu as impulsé la création de l’association des habitants des caravelles. Organisant des lotos, des repas dansants, des sorties, des rencontres en bas des immeubles. L’objectif pour toi été clair, c’était de créer du lien, de permettre aux habitants, aux voisins de se connaitre, se parler. Tu as été aussi délégué au conseil de quartier.

Cette ville tu l’a connaissais par cœur, ton travail, ton engagement militant te l’avais fait parcourir dans tous les sens. Quand par exemple on s’interrogeait sur l’appartenance d’une rue au canton nord, ou sud il suffisait de te poser la question.
Tu voulais qu’elle soit belle, que les habitants, malgré leurs difficultés, y vivent bien aient les mêmes droits, les mêmes services, que les villes dites plus riches.
Ton engagement dans la bataille pour que le métro arrive à Vénissieux, arrive aux Minguettes, comme ta prise de responsabilité dans le collectif sur la chaufferie en sont des preuves.
L’attention que tu portais aux arbres, aux plantes, au fleurissement de la ville en est une autre. Tu aurais voulu que le tramway épargne les arbres qu’avec le service des espaces verts tu avais participé à planter sur l’avenu Jean Cagne.
Tes dernières années de travail tu as donné aussi beaucoup pour la propreté de la ville.

Entré au secrétariat de notre section en 1993. D’abords tu as eu comme responsabilité la propagande. Tu aimais ce qui était bien écrit, suffisamment clair pour être compris sans galvauder le sens des messages que nous voulions faire passer. Ta connaissance de la langue française, faisait de toi le relecteur de tous les tracts que nous écrivions.

Puis tu es devenu trésorier en 95, remplaçant Georgette. Ta rigueur, ton amour du travail bien fait, y on fait merveille. Même et il faut bien le dire, si parfois nous trouvions que c’était un peu trop. Tu pouvais passer pour être un peu pingre, mais c’était toujours dans le souci de préserver le bien collectif, l’action politique.
Parce qu’autrement tu étais plutôt quelqu’un de généreux.

L’engagement militant que tu as eu dans le parti a été très important. Tu as été le pilier de notre présence sur le marché du centre le dimanche matin. Tu as continué tant que tu as pu à faire vivre la cellule Grimau, a t’opposer aux expulsions.
L’organisation du réveillon, de concours de pétanque, de la mâtiné Boudin te doivent énormément.

Ces dernières années, comme un grand nombre de communistes, tu t’interrogeais beaucoup sur les orientations données à notre parti. Tu étais de ceux qui ont toujours défendu l’idée que même en désaccord avec les orientations nationales notre place était dans le parti, dans son organisation, pour y défendre nos idées. Pour garder un parti de lutte de classe, de masse, révolutionnaire.

Jusqu’aux derniers jours tes lectures avaient un lien avec Marx, le communisme, l’histoire. Car tu étais féru d’histoire, amoureux de la France, de ce pays, de ce peuple qui à fait la révolution, écrit des pages importantes d’avancées politiques et sociales.

Tu gardais un profond respect pour ce qu’avaient réalisé les anciens, comme tu disais. Tu inscrivais ton engagement dans la continuité du leur.

Gégé si deux mots peuvent suffire à te cerner ce serait fidélité et fraternité. Fidélité dans tes engagements, fidélité envers ta famille, tes amis, tes camarades.
- Fraternité que tu cherchais à instaurer dans tous les lieux où tu étais. Autour d’un verre de vin, vins sur lesquels tu étais intarissable.
- Fraternité dans le soutien aux femmes aux hommes en lutte, ou dans la peine.
Tu avais le souci des autres, y compris dans ta maladie ce souci est resté permanent. Comme ta volonté la semaine dernière de passer voir ton ami, ton camarade, Dédé Martin, que tu savais hospitalisé.

Quand nous sommes venus te voir mardi dernier, tu as demandé à Dédé que l’on te remette ta carte de cette année, avec les timbres, tu as rajouté, fais vite. Nous n’avons pas été assez rapides. Cette carte nous te l’avons remise maintenant, elle est sur toi, tu l’emporteras avec toi.

Toutes ces dernières années, tu as été un exemple de courage. Soutenu par les tiens, par Claudette, tes enfants, tu t’es battu contre la maladie au-delà de ce que nous pensions possible. Tu as fait d’énormes efforts pour jusqu’au bout être avec nous, avec ta famille.

Au-delà de ton engagement militant, ce qui te rendait le plus fier c’est bien ce que tu as construit avec Claudette, tes enfants. C’est ta famille.

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