Mobilisons-nous contre les trafics et les violences

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Un jeune a été tué boulevard Ambroise Croizat. L’enquête en cours nous dira les causes. Certains parlent d’un conflit privé, mais tout le monde sait que le crime a eu lieu sur un point de trafic. Coté pair ou coté impair, le trafic s’est installé depuis plusieurs années, visible de tous, et de plus en plus arrogant comme on le constate partout, à Vénissieux comme dans toute la France.

Les communistes partagent l’émotion et l’inquiétude des habitants, de ce quartier comme de tous ceux qui sont confrontés à ces points de trafics "publics". Ils veulent contribuer à briser la loi du silence, le tabou devant les revenus illicites et la dépendance, et construire avec tous une réponse citoyenne et solidaire.

Le travail de police est pourtant important. Il a été renforcé en 2019 avec l’arrivée de 30 nouveaux policiers et la mise en place de la police de sécurité du quotidien. Dans le quartier, tout le monde a vu des interventions de police répétées, parfois difficiles, devant faire usage de gaz lacrymogènes. L’organisation du trafic est professionnelle, autant pour la vente que pour sa "protection". Les policiers doivent travailler dans la durée pour avoir des preuves solides permettant qu’une interpellation soit suivie d’une décision de justice.

La coordination entre la police nationale et la municipalité est exemplaire. La vidéosurveillance est largement utilisée pour l’identification, le suivi comme pour l’accumulation de preuves. Les chiffres publiées chaque semestre par Michèle Picard confirment la contribution de la police municipale à l’action contre les trafics.

Mais le trafic ne recule pas. Des trafiquants sont condamnés, des réseaux tombent mais ils se réorganisent. Leurs acteurs sont de plus en plus arrogants non seulement avec la police, mais même avec leurs voisins, ce qui rend difficile les témoignages et donc le travail d’enquête.

Les communistes de Vénissieux avaient organisé le 4 avril 2018 une rencontre-débat à partir du film "chouf" au cinéma Gérard Philipe. Notre journal "Le Vénissian" titrait : "drogue, c’est la vie de nos familles et de nos quartiers qui est en jeu". Il faut multiplier ces rencontres pour parler de ces trafics qui gangrènent nos quartiers, détruisent des jeunes et des familles, sortir des peurs et des tabous, créer des liens de solidarité pour tous, car tous sont victimes de ces trafics, même ceux qui croient en profiter dans l’instant. Un jeune est mort, un autre est devenu criminel, et nous en sommes sûr, sera condamné.

Nous mettons en débat trois propositions :

1. mener une véritable bataille de santé publique contre toutes les addictions !

S’il y a trafic, c’est qu’il y a des clients, donc de la consommation. La France est le premier pays consommateur d’Europe. Ce devrait donc être une priorité nationale de santé publique. Or, si tout le monde a vu des campagnes médiatiques contre le tabagisme, les autres drogues sont un sujet tabou ! On a même le sentiment parfois que les médias en sourient. Et que fait l’éducation nationale qui devrait être la première ligne de défense dans les collèges et lycées ? La ville organise avec les collèges un travail systématique contre les addictions, mais il faut des moyens dédiés de l’éducation nationale au quotidien ! Que font les agences régionales de santé ?

2. Engager vraiment la guerre contre le trafic là ou l’argent se concentre.

Le chiffre d’affaire estimé des trafics de stupéfiants est de plus de 2 Milliards en France. Depuis 2018, l’Union Européenne impose à la France de l’intégrer dans les statistiques économiques. Il faut dire que l’Allemagne et l’europe du nord prenne en compte les drogues et la prostitution dans leur PIB ! La plus grosse partie est accumulée par les "têtes de réseaux" et fait l’objet de circuits financiers opaques mais qui finissent tous... dans le système bancaire ! Le travail conjoint de la police et des douanes doit se faire à ce niveau pour attaquer les "millionnaires" de la drogue, même s’il faut des lois nouvelles pour les attaquer. Il suppose une véritable coopération internationale dans un marché dont les producteurs sont en Afrique du nord, en Amérique Latine, et les distributeurs souvent dans d’autres pays européens.

3. Se donner les moyens de prévention pour sortir les adolescents de l’addiction comme de la violence de la rue

Pour les parents, les drogues sont une source d’angoisse. Comment protéger ses enfants, qui sont tous confrontés un jour ou l’autre à une personne, souvent un ami ou connaissance, qui leur propose d’essayer, ou de les aider à transporter ou cacher de la marchandise ?
Quels moyens sont donnés aux acteurs de la prévention, de l’accompagnement des jeunes ? La loi permet de sanctionner les clients d’un point de trafic. Ne peut-on le faire à grande échelle ? assécher un point de trafic parce-que les clients le fuient devant les sanctions ? A quoi sert la prison si un jeune qui en ressort retombe immédiatement dans les trafics ? Quels moyens de suivi et de réinsertion sont mobilisés ?

Nous savons que la guerre contre les drogues sera une bataille longue, les intérêts en jeu sont énormes et ce sont les plus pauvres qui paient toujours le prix fort. Pour les plus riches, il sera facile un jour de faire une cure de désintoxication, ou même de réussir sa vie malgré la dépendance. Mais pour les familles populaires, la dépendance poussera à l’échec scolaire, aux maladies psychiques, à l’isolement ou à la manipulation par tous les vendeurs de promesses religieuses ou sectaires. Et pour certains, ce sera la violence de la rue. Car il n’y a chez les trafiquants ni solidarité ni honnêteté, c’est la seule loi du plus fort.

Nous avons donc besoin d’augmenter très fortement les moyens de toutes les structures d’accueil des consommateurs, des plus jeunes notamment.

Nous avons besoin de structures permettant à une famille d’aider un jeune à sortir d’un réseau de trafic, à prendre conscience qu’un "chouf" qui perd son temps à "tenir" un point de vente ne gagne même pas le SMIC horaire en prenant tous les risques pour sa vie !

Il faut un plan d’urgence avec des moyens considérables pour faire reculer la place des stupéfiants dans la société. Il faut pour cela aussi une bataille publique mobilisant les familles, les jeunes, les acteurs de l’éducation pour dire "NON aux drogues, NON aux trafics, NON aux violences" !

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