Un peu de courage, camarades ! Ne nous laissons pas voler notre NON de 2005 !

, par  Marie-Christine Burricand , popularité : 7%

Le 29 janvier 2009 et ses 2,5 millions de manifestants
marquent une rupture dans le quinquennat Sarkozy. Face à la
plus grave crise mondiale du capitalisme
depuis 1929, le peuple a exprimé fortement son refus de
payer pour les riches et les spéculateurs.

Le rassemblement du 29 janvier est porteur de l’intérêt
général du pays : défense de l’industrie, du droit du travail, de la
protection sociale, des services publics, de l’école... En mettant au
centre de leurs revendications les salaires, les manifestants du 29
janvier s’en prennent directement au capitalisme.

Une nouvelle journée nationale est prévue le 19 mars. Amplifions le
rassemblement et donnons-lui la force de faire reculer le patronat,
Sarkozy et son gouvernement.

Ces derniers, non contents de faire payer la crise au peuple, veulent
en profiter pour aggraver l’exploitation et le racket des richesses du
pays vers le capital.

La crise devient prétexte à délocalisations, fermetures d’entreprises
et licenciements supplémentaires. Les acquis sociaux sont remis en
cause, les services publics facteurs d’égalité sont affaiblis et démantelés
afin que les multinationales puissent s’emparer de ces secteurs
d’activité.

Avec la suppression de la taxe professionnelle, ce sont 28 milliards
de cadeaux aux patrons qui sont directement soustraits à l’action
publique en faveur des populations. Cette mesure anticipe la
réforme annoncée des collectivités locales qui visent à la disparition
des communes et départements au profit de superstructures technocratiques
éloignées des habitants sur le modèle de la construction
européenne. Ce sont des services essentiels à la population qui sont
menacés. Le capital a besoin de faire exploser le socle républicain,
issu de la révolution française, des luttes de 1936 et 1968, du Conseil
National de la Résistance. C’est pour cela qu’il veut substituer au
triptyque - commune, département, nation - le trio agglomération,
région, europe.

Dans ses conditions, le Parti communiste devrait prendre toutes
ses responsabilités et aider le mouvement
populaire à trouver une issue aux questions qui lui sont
posées.

Au lieu de cela, notre direction nous joue un mauvais remake des collectifs antilibéraux avec le front de gauche et prétend changer
l’Europe avec le programme du PGE qui ne remet pas en cause les
institutions européennes. Certains au Conseil National s’offusquent
même du "sentiment anti-européen des milieux populaires".

Il faut avoir le courage de rappeler ce qu’est la construction européenne :
un super état qui vise à dépasser puis nier les nations pour
empêcher les citoyens de décider de leur avenir, les éloigner des
centres de décision, les décourager de contester afin que le capital ait
les mains libres.

On ne peut pas se contenter de dénoncer la politique de l’union
européenne, ni d’appeler à une union idéaliste des peuples européens
pour changer l’Europe. Pour obtenir de nouvelles et réelles avancées sociales, il faut combattre l’union européenne comme l’institution anti-populaire du capital et rappeler que la souveraineté nationale est la meilleure arme
contre ce nouvel empire colonial.

Renoncer à ce combat, c’est poursuivre le renoncement aux idées
communistes et tourner le dos à la volonté majoritaire des communistes
de faire vivre leur parti, c’est tromper les peuples.

Ne nous laissons pas voler le NON de 2005.

Marie Christine Burricand

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