Assemblée des communistes du Rhône Oui, nous voulons continuer le Parti Communiste Français !

, par  pamillet , popularité : 9%

L’assemblée des communistes du Rhône dans le cadre de la préparation du prochain congrès à réuni une centaine de militants. Les débats ont confirmés la présence d’une forte opposition à l’orientation nationale du PCF et conduit un dirigeant à reconnaitre que "les communistes s’expriment majoritairement pour garder le PCF"

Les débats ont été organisés comme partout avec une partie en "ruches", tables regroupant une dizaine de militants discutant chacunes de leur coté, avant qu’une synthèse soit recherchée pour ouvrir un débat d’après-midi qui devait être "ouvert à des invités"...

La méthode est illustrative des dérives de l’organisation que conçoit la direction. Peu importe l’efficacité et la cohérence des décisions prises, ce qui compte en fait, c’est de laisser parler "en bas" et de conserver la maitrise de la synthèse, et surtout, qu’aucun vote ne puisse exprimer une défaite de cette direction sur ses objectifs.

Cela dit, peu importe la méthode, le réel parfois s’impose. Le journal l’humanité redouble d’efforts pédagogiques pour mettre en avant les idées de "nouvelle force politique", de "transformer le parti communiste", décrivant avec force détails combien le parti communiste est malade, affaibli, combien il ne peut rester isolé devant la montée des autres forces de contestation, combien les idées nouvelles obligent à mettre en cause le "productivisme", "l’étatisme", combien le drame soviétique nous oblige à dire en quoi nous ne sommes plus "ce communisme là qui n’en est pas un"...

Et pourtant la discussion est surprenante dans les contradictions et les hésitations de chacun, des situations locales...

- L’analyse du capitalisme.. Finalement, s’il se bat sous des "formes" nouvelles, et de nouveaux terrains, il n’a pas vraiment changé de nature... la critique marxiste reste actuelle et pertinente...

- Les luttes de classe ? Finalement, oui, elles sont bien le moteur de l’histoire ! et pas seulement parce que la bourgeoisie est consciente de sa situation de classe, mais parce que beaucoup de pauvres, de travailleurs, de salariés, ressentent qu’ils sont les dindons de la farce ! Et s’ils ne sentent pas unis, s’ils préfèrent souvent ne pas se sentir appartenir à une classe sociale particulière, ce n’est pas une "nouveauté" qu’il faudrait prendre en compte, mais un "déficit" de conscience de classe auquel il faut s’attaquer...

- La "force de transformation" Un jeune militant qui ne s’exprime pas en opposition à la direction résumait pourtant en une question et deux objectifs le besoin de rupture avec l’orientation majoritaire depuis 20 ans...
— Pourquoi, pour qui être communiste ? pour quels intérêts de classe ? Il ne s’interroge pas pour savoir s’il est du coté des exploités, mais veut aller plus loin qu’une question générale d’être "contre la bourgeoisie", il veut connaitre et comprendre la réalité des luttes sociales et de ce qui construit ou détruit des éléments de conscience de classe.... Que dire de ce point de vue de la lutte des cheminots, des instituteurs, des juges, des intermittents... Comment le parti communiste se définit-il ?
— nous avons besoin d’être fort idéologiquement, de travailler pour être capable d’éclairer "scientifiquement" ce qui se passe
— nous avons besoin d’être organisé, efficace, à partir du terrain, des quartiers et des entreprises, des cellules...

Bref, s’il insiste sur la nécessité du rassemblement avec d’autres, ce jeune explique au fonds pourquoi il faut un parti communiste !

Oui ou non, faut-il continuer le PCF ?

A cette question répétée dans toute la journée, un militant s’étonnait.. "mais qui est contre ... ?" C’est bien la bonne question qui conduisait à s’interroger sur une préparation du congrès "à l’italienne" ; la direction cherchant à ouvrir sans cesse la discussion sur une "nouvelle force de transformation" comme les dirigeants italiens avaient lancé la "cosa" avant de saborder le plus grand parti communiste d’Europe !

Si personne ne demande la dissolution du PCF et son remplacement par une autre force politique, que ce soit avec l’aile gauche du PS ou dans une force "antilibérale", pourquoi ne pas le dire ? Pourquoi le conseil national, ou marie-georges buffet, ne s’exprimerait pas pour dire "Oui, nous continuerons le parti communiste ?"

Un premier élément de réponse était donné par Michel Laurent qui n’avait pas prévu de parler, étant venu "écouter", mais qui interpelé par un militant prenait la parole pour conclure... "la majorité des militants semblent s’exprimer pour garder le parti communiste, c’était important de leur poser la question et d’avoir ce débat, mais dans cette hypothèse, le débat le plus difficile commence, car il faut alors discuter du projet, du programme, de l’organisation...."

Il semble que le parti communiste ne soit pas encore mort....

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