Le 29 mai : une rupture à consolider en conscience et en organisation !

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Le 29 mai : une rupture à consolider en conscience et en organisation !

La défaite du OUI est un camouflet pour l’UMP et le PS, une revanche des « obscurs » et des « sans grades ». Elle est l’expression d’un ras-le-bol populaire, après des années de sacrifices au nom de la « nécessité économique », c’est-à-dire du capitalisme. Il ne s’agit pourtant pas d’une affaire franco-française, dont l’Europe aurait fait les frais. La politique qui a été ainsi sanctionnée est bien celle sur laquelle se construit cette Europe impérialiste depuis des décennies.

Les ouvriers, les employés, les agriculteurs ont massivement voté Non, désavouant les hommes politiques, les intellectuels, les journalistes qui faisaient tous massivement campagne pour le Oui. Le Oui et les Non départagent clairement les bourgeois et les cadres supérieurs, des classes populaires. Il s’agit bien là d’un vote de classe et de rupture dont les conséquences politiques peuvent être importantes, s’il est approfondi en conscience et en organisation ; sans cela son impact sera éphémère.

La défaite du Oui est la victoire DES Non, pas DU Non. La défaite du Oui est le résultat d’une mobilisation populaire qui, cette fois, l’a emporté sur l’abstentionnisme. En disant Non à l’Europe de la droite et du PS, les classes populaires ont accentué la crise des partis bourgeois et montré la profondeur du fossé qui les sépare de l’image que la représentation parlementaire donne d’elles. Nous ne devons pas ignorer pour autant la diversité des contenus politiques du Non. Dans bien des régions et en particulier dans les zones rurales du Sud où le Front National fait de bons scores, le Non a été l’amalgame de tous les refus : chauvins et réformistes, ouvriers et paysans. Consolider en conscience et en organisation exige de faire le tri, pour combattre le chauvinisme.

Maintenant, les gouvernants vont-ils « nous entendre » ?, se demandaient beaucoup de travailleurs. Marie-George Buffet accusait les membres du gouvernement d’autisme au soir du vote. Une chose est sûre. Ils ne feront pas de cas de la protestation populaire. La composition et le programme du gouvernement de Villepin, comme les réactions du PS, le montrent. Ils ne changeront pas de politique. D’abord parce que la bourgeoisie n’en a pas d’autre. Ensuite parce que malgré ce profond désaveu populaire, les travailleurs ne constituent pas véritablement une menace politique, tant qu’ils ne sont pas organisés et porteurs d’une alternative économique et sociale. La bourgeoisie et son gouvernement actuel vont seulement infléchir leur politique pour rallier les Non chauvins (haro sur l’immigration, et en avant la préférence communautaire), et réduire le chômage en imposant des emplois de merde, précarisés, flexibles (et corvéables à merci), pour répondre aux attentes des artisans et commerçants.

Maintenant, le PCF et la LCR, appuyés par ATTAC, vont essayer de construire un programme « pour une autre Europe », et pour être en ordre de bataille aux élections de 2007. Ils auront besoin pour cela du PS. Déjà ils lui font des appels du pied. Pour une « Europe sociale », une autre Europe débarrassée du « libéralisme », avec des Etats qui interviendraient beaucoup plus dans le cadre de vrais services publics. Faute de mieux, beaucoup de travailleurs sont prêts à se rallier à ces idées. Mais les enjeux de la construction européenne ne sont pas strictement européens, et il n’est pas raisonnable d’imaginer que les gouvernements européens accepteront que les lois de la concurrence et du marché soient freinées par les besoins sociaux des masses populaires. Ce n’est pas du côté d’une impossible Europe à la fois capitaliste et sociale qu’il faut chercher la réponse aux aspirations des travailleurs.

La seule réponse, face à la volonté des capitalistes européens de se disputer le marché mondial sur le dos des classes ouvrières et des peuples du monde, c’est l’internationalisme, c’est la solidarité et l’entraide entre les exploités, dans des luttes porteuses de revendications communes, contre nos exploiteurs. Or tout ceci suppose partout plus d’organisation et plus de clairvoyance sur les intérêts communs à tous les exploités. A son échelle, VP-Partisan y contribue en prenant par exemple l’initiative de la réunion internationaliste du 21 mai à Saint-Ouen, contre la fermeture de l’usine Areva. Mais ce n’est qu’un début qui montre que rien n’est impossible. Cela reste à construire.

Consolider en conscience et en organisation, c’est construire un véritable parti ouvrier, un Parti Communiste. Ce parti ne se construira pas par un front illusoire des Non, qui, comme nous le savons, sont très divers. Ce parti ne tombera pas du ciel non plus. Rien n’est spontané, cela exige volonté, prise de conscience et engagement militant. Ce parti ne naîtra pas non plus du développement naturel des luttes, même si leur développement peut l’encourager. Même les juin 1936 et mai 1968 passent, et le capitalisme reste.

Oui nous sommes satisfaits de la claque donnée le 29 mai. Mais la bourgeoisie peut supporter nos coups de gueule répétés. Ils lui mettent des bâtons dans les roues, mais ils n’empêcheront pas la machine capitaliste de tourner et de broyer nos vies. Notre ras-le-bol doit s’organiser en parti, car alors seulement nous serons une force et une menace, alors seulement nous pourrons construire un avenir différent. C’est l’ambition de VP-Partisan. Rejoignez notre lutte !

PARTISAN 196, spécial été 2005, 16 pages

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