Note critique de André Gerin discussion d’une note préparatoire rédigée par une commission présidée par M.G. Buffet

, par  communistes , popularité : 3%

Réunion nationale sur l’avenir du PCF, le 14 juin, à Tours dans le cadre de la préparation du congrès

Allons y donc tous !

Cette note vise à attirer l’attention de tous les communistes de France qui souhaitent que continue à vivre un Parti communiste français.

Le samedi 14 juin 2008, la direction du PCF organise à Tours une réunion nationale, dans le cadre de la préparation du congrès, pour débattre des « transformations du parti ».

Cette réunion n’est pas statutaire et n’a aucune souveraineté. Elle ne répond à aucun critère de représentativité des communistes. La direction indique seulement que « cette initiative se tiendrait avec des centaines d’adhérent(e)s issus des fédérations, des délégations des secteurs de travail du PCF, de la JC, de l’ANECR et des Vétérans ».

Néanmoins, Marie-George Buffet à déclaré lors de la réunion du conseil national du PCF, le 25 avril 2008 qu’elle devait contribuer à ce que le prochain congrès ne soit pas « sec ». Cela signifie que les idées qui en sortiront auront force d’orientation pour les débats du congrès.

Compte tenu du thème et du lieu choisi pour en débattre, nous pensons qu’il est impératif qu’un maximum de communistes se portent volontaires pour y participer. Nous ne sommes pas à l’abri d’une tentative de préfigurer un congrès de Tours à l’envers.

S’il s’avérait que la direction faisait obstacle à la participation de communistes qui souhaitent que vive le Parti communiste français, parti de lutte de classe dans notre pays, nous prendrions l’initiative de nous y inviter. Il ne faut pas qu’on nous refasse le coup de l’assemblée générale des 8 et 9 décembre 2007, où la direction avait été battue et qui s’était conclue en queue de poisson.

Il est donc très important de nous tenir informé de la préparation de cette réunion dans ta section ou fédération de la façon la plus précise possible.

Quelques remarques sur le document préparatoire à cette réunion

Un document provisoire a été élaboré par l’une des huit commissions désignées par le conseil national, dans le cadre de la préparation du congrès. Cette commission est animée par Marie-George Buffet. Ce texte est joint en annexe, en entier. Nous attirons l’attention sur quelques points

Sur la raison d’être du PCF

« Rendre la vie sans cesse meilleure »

C’est le credo du point numéro 1, répété 5 fois sous le titre : « L’objet de notre engagement. L’objet de notre organisation. »

Il manque dans ce texte tout ce qui a fait l’histoire du PCF depuis 1920, les références théoriques et pratiques au marxisme, l’histoire du socialisme et du communisme depuis le Manifeste de Marx et Engels, en 1848, l’histoire du mouvement ouvrier, l’histoire révolutionnaire de la France depuis 1789.

Peut-on faire comme si le matérialisme historique n’existait pas ?

Les notions de lutte de classes, de transition vers la société socialiste, de dialectique entre réalités concrètes et perspectives générales sont totalement évacuées au profit d’une opposition manichéenne entre un enfer capitaliste et le paradis d’un monde « meilleur ».

Peut-on faire comme si le matérialisme dialectique avait disparu ?

De même sont totalement occultés l’indispensable esprit combatif qui doit présider à l’action du parti, la nécessité de se triturer les neurones, de se bouger, de s’arracher, « se faire mal », comme on dit dans le langage populaire.

Au lieu de cela, le texte soumis à la réflexion baigne dans du coton.

Sur l’organisation du parti

« Aussi, en complément de notre militantisme « classique », nous avons à inventer une organisation militante chargée de produire des idées neuves (...) Cette organisation nous manque aujourd’hui. Elle est à inventer (...)

Cette reconnaissance politique de l’importance de cette bataille d’idées passe donc peut-être par un renforcement de notre investissement dans le travail des secteurs, qui pourrait passer par la création de fédérations thématiques, devant marquer l’importance politique nouvelle que l’on doit impérativement donner à ce travail politique de fond.

Comme les fédérations départementales, ces fédérations auraient, en complément de leur travail politique propre (dialogue avec les associations, les intellectuels...), de leur expression directe (via Internet...), à développer voire créer leurs contacts directs avec les structures locales du parti, échanger avec elles de la pertinence ou de la non-pertinence de telle ou telle proposition, de sa bonne réception dans la population, travailler à des réponses aux questions posées par les citoyens et sur lesquelles grandit un besoin de réponse de notre part, etc... »

La direction envisage de « doubler » les organisations régulières du parti par des « fédérations » spécialisées chargées de « produire des idées neuves » et de les faire partager aux « structures locales » du parti.

Il s’agit en fait de substituer ce qui reste au parti d’enracinement populaire avec la richesse intellectuelle, révolutionnaire, qui en émane toujours, par des politiciens professionnels complètement intégrés aux institutions. Les militants se trouveraient réduits au rôle de colleurs d’affiches, distributeurs de tracts, faisant la claque dans les meetings.

C’est à la fois méprisant pour les militants et totalement contre révolutionnaire, étant entendu que pour les communistes, l’originalité de leur pensée politique réside dans leurs liens indéfectibles, pratiques et théoriques, avec les classes populaires.

Marx ne disait-il pas qu’il ne faisait que renvoyer au mouvement ouvrier sous forme théorique ce que ses luttes lui enseignaient ?

Cette évolution de l’organisation du parti constituerait un pas important dans le démantèlement du caractère révolutionnaire du Parti communiste français, ouvrant la voie à sa liquidation définitive.

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