Petite histoire instructive d’un amendement par Nicolas Marchand

, par  communistes , popularité : 6%

Le mandat adopté par l’Assemblée des délégués de section prend acte du fait que les communistes « expriment largement l’attachement politique des communistes au PCF, la nécessité de faire vivre et développer ce parti dans l’année 2008. »

Cet amendement, longtemps refusé catégoriquement par le groupe dirigeant du Parti, a une histoire instructive, utile à connaître pour la suite.

EPISODE I : à la Commission de préparation de l’Assemblée extraordinaire

toute référence à cet aspect important du débat étant absente du projet rédigé par Marie-Pierre Vieu, je demande qu’on ait pour règle un travail à partir des compte-rendus de discussion des sections ; j’indique, les ayant lus, qu’ils font ressortir de façon incontestable un refus de la dissolution du Parti dans une autre formation politique, et la volonté des communistes de le continuer et pour cela de le transformer ; je présente l’amendement suivant : « est aussi largement exprimé l’attachement des communistes à l’existence du PCF, inséparablement de l’exigence de sa transformation radicale ».

Dans la discussion qui s’ensuit, mon analyse des débats des communistes est niée (« on ne peut pas dire que les communistes disent qu’ils veulent garder le PCF. Ce n’est pas vrai que les communistes ne sont pas ouverts à la création d’une autre force politique » affirme par exemple la secrétaire fédérale du Rhône) ; mon amendement est ignoré, puis, représenté une 2ème fois, refusé, notamment par O. Dartigolles, P. Cohen-Seat, M.P. Vieu et E. Gauthier, au motif que cela reviendrait à trancher le débat des communistes. (à signaler le fait que dans la 2ème rédaction présentée par Marie-Pierre Vieu, toute référence au « PCF » avait même disparu du texte !!!)

Lors de la dernière réunion avant celle du CN, mon insistance conduit des membres de la Commission à me reprocher de perturber le travail de la Commission et l’esprit de fraternité qui y règne. La situation est inconfortable, mais je ne m’excuse pas.

EPISODE II : au Conseil National du 4 décembre 2007

Lors de la réunion du CN, au bout d’une discussion où s’affirme fortement la réalité, jusque là contestée dans la Commission, celle de débats montrant justement un très fort attachement à l’existence du PCF, avec sa transformation, Olivier Dartigolles fait une concession, avec une proposition nouvelle : « Les discussions qui expriment l’attachement des communistes à leur organisation portent aussi l’exigence du renouvellement du combat communiste et de l’organisation... ». Actant cette ouverture, je fais une proposition d’amélioration, avec une formule plus précise : « l’attachement des communistes à l’existence du PCF... ». C’est refusé, sans débat, mais le texte publié le surlendemain dans Communistes a encore un peu évolué : « organisation » a été remplacé par « parti ».

EPISODE III : à la commission du « mandat », samedi soir 8 décembre

A nouveau la discussion pousse fort les exigences des communistes. On se sépare sur la formule suivante, proposée par Patrice Bessac : « l’attachement politique des communistes au PCF. »

Mais Dimanche matin, surprise : Marie-Pierre Vieu est passée par là, et la nouvelle formule a disparu. On est revenu à l’attachement, seulement sentimental.

EPISODE IV : dimanche matin en séance plénière

Ca pousse encore dans l’Assemblée. Plusieurs intervenants font remarquer le fossé entre les positions des représentants de sections et les pressions des dirigeants contre la reconnaissance précise des exigences pour l’avenir du PCF et les transformations à y opérer. La formule retenue en Commission est enfin reprise, face aux résistances des partisans d’un processus conduisant à la dissolution ou à la dilution du PCF. Sur ce point, les délégués des sections ont bousculé les résistances des dirigeants qui entendent travailler à une dissolution du PCF.

Ils en auraient probablement bousculé d’autres si Marie-George Buffet n’avait pas alors précipité la conclusion du débat.

Et il en reste de sérieuses, résistances, à bousculer, pour ne pas se trouver pris dans l’engrenage d’une dissolution dont les communistes ne veulent pas : au lendemain de l’Assemblée, O. Dartigolles, porte-parole du Parti, et MP Vieu continuent de stigmatiser, l’un, « la tentative des orthodoxes de fermer le débat. », l’autre « une offensive identitaire qui aurait pu aboutir à un repli mortifère du parti sur lui-même ». Manière de dire, jusque par la caricature méprisante des positions, quoi que pensent les communistes, on continue...

Nicolas Marchand, membre de la Commission de préparation de l’assemblée extraordinaire des délégués de section

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