Préparons ensemble le projet révolutionnaire des communistes de France À lire et critiquer sans modération

, par  communistes , popularité : 9%

Les textes de « réflexion » pour le congrès, émanant des 8 ateliers du conseil national ont été mis en ligne, ce 13 mai 2008, sur le site du PCF : http://www.pcf.fr/spip.php?rubrique299

Nous vous invitons largement à les lire et les commenter.

Cette note fait suite à une précédente, publiée le 9 mai, qui concernait les travaux de l’atelier 8 sur les « transformations du parti ».

Histoire d’exciter les neurones de chacun, nous avons relevé quelques perles au fil de la lecture d’écrits dont la longueur ne dissimule pas l’indigence.

L’usage immodéré du point d’interrogation frappe d’emblée. Mais, après tout, ce pourrait être une façon d’interpeller les militants. Nenni. On lit, atelier 5, page 3 :

« Il ne saurait être question, en quelques mois, de prétendre apporter toutes les réponses à ces questions sur lesquelles bute tout le mouvement progressiste depuis plusieurs décennies. Elles exigeront de toute évidence un immense travail d’analyse et d’élaboration qui demandera non seulement du temps, mais le concours de forces intellectuelles, sociales et politiques nombreuses et diverses. »

On pourrait sourire devant un tel aveu d’impuissance ou au contraire se féliciter d’une si grande modestie. Le problème n’est pas là. Ce texte dénie par avance la capacité aux militants communistes d’apporter des réponses – leurs réponses – aux questions. Or s’il demeure effectivement tant de questions sans réponses, ce n’est pas à cause d’un manque général de matière grise mais à cause d’un manque de volonté politique de s’y attaquer. Et de ce point de vue, la responsabilité de la direction du PCF, depuis plus de 20 ans, est écrasante.

Cette « démission » idéologique est flagrante au début du texte de l’atelier 8. L’appellation « Parti communiste français » est préservée comme une coquille vide. On cherche en vain la moindre référence historique, théorique, pratique à ce qui fait la vie et les combats du parti depuis sa naissance, en 1920.

Et le souci d’en finir avec le corps militant enraciné localement, dernier bastion de résistance à la social démocratisation du parti apparaît dans cette phrase, atelier 8, page 5 :

« Ne faut-il pas aller beaucoup plus loin dans la structuration de liens par centres d’intérêts, peut-on envisager une appartenance au parti par ce chemin pour rayonner au plan national ? »

La proposition de créer des fédérations thématiques chargées de « doubler » les fédérations départementales a disparu dans cette version du texte. Mais se profile l’idée de constituer des cercles spécialisés où pourraient se retrouver des supers adhérents chargés de faire rayonner nationalement le parti, un parti politiquement correct, s’entend, coupé de la diversité idéologique qui traverse les milieux populaires.

« Quel nouveau mode de développement ? »

Atelier 3, page 1.

« C’est pourquoi, si le dépassement du capitalisme conditionne une politique nouvelle de civilisation, il n’en n’est pas le préalable. La crédibilité de notre analyse et de notre projet politique doit reposer sur notre capacité, avec d’autres forces, à élaborer, à faire partager et à imposer dès maintenant à l’échelle planétaire, un mode de développement qui soit à la fois durable, soutenable et renouvelable… »

L’une des grandes forces du communisme par rapport au réformisme, c’est de montrer qu’il ne peut pas y avoir de « nouvelle civilisation » sans le renversement du capitalisme. Ce qui n’empêche nullement les révolutionnaires de participer et concourir à tout ce qui peut améliorer la vie du peuple et, ce faisant, faire mûrir l’exigence d’une autre société, socialiste, communiste.

Quant à parler de mode de développement, cela n’a de sens que si l’on parle au préalable de mode de production. Le développement de l’humanité reste et restera encore sans doute pendant plusieurs siècles tributaire des modes de production des biens matériels dont usent les humains.

Aucun des textes ne parle des modes de production. Du coup, ils demeurent muets sur des questions d’importance. Citons-en deux :

- Aucune politique d’amélioration de la vie des Français, aucune politique de progrès social digne de ce nom ne peut faire l’économie de la question de la production industrielle dans notre pays, de la place de la France dans le concert mondial de la production des richesses matérielles. On ne peut pas se contenter de geindre contre les méfaits du capitalisme financier. Il faut aussi proposer des alliances audacieuses, y compris avec les PME et PMI pour que notre pays relève la tête.

- Le plus grand pays du monde, la Chine, est dirigé par un parti communiste. À moins de se contenter de jugements moraux qui préservent notre confort intellectuel, on ne peut pas comprendre ce qui se passe là-bas si on ne raisonne pas en terme de modes de production. Les concepts du « Capital », de Marx, demeurent de ce point de vue largement pertinents.

« La révolution démocratique »

Atelier 3, page 4.

7 lignes, pas une de plus sont consacrées à cette question. La question clé, pour des révolutionnaires, de la prise du pouvoir, des pouvoirs, n’est même pas mentionnée.

« Quelle approche pour construire le fondement de notre politique »

Atelier 4, page 3.

« Faut-il à tout prix chercher à définir les contours d’une nouvelle classe ouvrière, d’une nouvelle « classe salariale » porteuses de changements radicaux, ou au contraire chercher à rassembler toutes celles et tous ceux qui ont à subir la domination de la classe capitaliste et du patriarcat aujourd’hui ? »

Le : « au contraire », au milieu de la phrase est une marque bien tangible de la mélasse de ces textes. Il faut le remplacer par « en même temps », en précisant que le rassemblement des seconds marque d’autant plus de points qu’il y a une claire reconnaissance du rôle des premiers.

On apprenait dans les écoles élémentaires du parti, il n’y a pas si longtemps, le rôle particulier des producteurs de richesse dans le combat de classe et l’histoire des modes de production. La financiarisation du capital a déplacé le problème mais ne l’a pas réglé. En revanche, elle a tracé un boulevard pour une conception réformiste, indifférenciée, des classes moyennes et des classes populaires, laissant à chaque fois ces dernières sur le carreau.

« Pourquoi traiter une nouvelle fois la question du communisme ? »

Atelier 5, page 1.

« Personne ne défend la conception d’une « nécessité du communisme » qui reprendrait une conception déterministe de l’Histoire. »

Hélas, au vu des textes, personne n’a repris, au sein des ateliers, une conception dialectique de l’Histoire qui montre que les contradictions du capitalisme font mûrir les conditions du socialisme.

Les analyses de Marx et d’Engels, datant d’il y a plus d’un siècle, ont plus de pertinence au regard des réalités que nous vivons que ces textes qui réduisent le communisme au rang de vœu pieu ou de doux rêve.

« Poser clairement la question de l’image du communisme »

Atelier 5, page 5.

« Afin de contribuer à cette réflexion, il a également été prévu un programme d’auditions afin de savoir quelle approche ont de la question du communisme d’autres forces politiques de gauche, en France ou à l’étranger. »

On cherche en vain la moindre référence au moindre parti communiste dans n’importe quel coin de la planète. À croire qu’il n’en existe aucun. Ce n’est pas l’une des moindres lacunes de la direction du PCF que d’avoir coupé les ponts avec des dizaines de partis communistes – avec lesquels on peut avoir des désaccords – mais qui se battent vaillamment dans leurs pays respectifs.

A chacun de prendre la main et de poursuivre ce travail critique pour avancer vers l’élaboration d’un véritable texte révolutionnaire élaboré par les communiste de France.

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