Rapport d’activité à la conférence de section de Béziers Un seul mot : continuons !

, par  Paul Barbazange , popularité : 2%

Ce rapport d’activité est le fruit du travail collectif de notre section et en particulier du dernier comité de section qui s’est tenu lundi dernier. Ce rappel liminaire prend toute son importance quand on connait les conditions dans lesquelles se prépare la conférence fédérale : sans réunion du CD depuis l’accélération de la crise et le vote des camarades.

Tenons quant à nous à la pratique collective, à sa poursuite, a son développement. Au respect permanent de la souveraineté des communistes. Ce sont des points de force indiscutables dans notre section ; avec un comité de section qui se réunit chaque mois depuis huit ans. Un bureau de section exécutif, ouvert à tous, se réunissant tous les lundis permettant de participer à la vie politique quotidienne.

Une décennie commencée lors du Congrès de Martigues s’achève. Pendant 8 ans notre camarade Christiane Vinci a dirigé la section au cœur de grandes difficultés . Les résultats sont là, sachons lui en rendre hommage de la meilleure façon en les faisant fructifier.

Puisque cela est constitutif d’un rapport d’activité examinons les points essentiels de notre activité ces dernières années. Je partirai de la préparation compliquée des élections régionales en 2004. Dans cette salle s’est tenue la réunion régionale des camarades qui se rassemblaient pour une « liste autonome des communistes au premier tour ». Nous avons rassemblé au plan régional 49 % des suffrages des camarades, pas assez mais de peu ! Quelques jours plus tard G. Frêche soi même enjoignait dans une assemblée publique à Portiragnes à Jean louis Bousquet présent l’ordre de « Mettre au pas la section de Béziers » sans que cela ne suscite de réponse ni sur l’instant, ni plus tard.

Quelque chose d’essentiel était alors joué dans notre fédération départementale : le choix pour le groupe dirigeant fédéral- membre de la majorité nationale- autour de jean Claude Gayssot de vassaliser l’organisation communiste au P.S.

Toute notre bataille de communistes a été de refuser cette situation, de combattre la droite avec rigueur et constance. D’agir contre les alliances droite-gauche dont la dernière mouture a été l’accord à Montpellier comme à Lille avec le MODEM. De réaffirmer constamment que dans la gauche existent deux visions de l’avenir, l’une s’accommodant de l’exploitation capitaliste, l’autre agissant pour son abolition. Nous n’avons pas raté une occasion de présenter au premier tour de toutes les élections des candidatures communistes de rassemblement.

En ne se contentant jamais d’affirmer cette nécessaire ambition anticapitaliste. En travaillant à chaque circonstance à rassembler tous ceux qui s’opposent au capitalisme parfois à partir d’un point de vue et d’une histoire bien différente de la notre. Dans les luttes de classe réelles : revendicatives ou idéologiques ; mais aussi dans la vie politique : élections et construction de l’outil politique parti communiste français. Soulignons quelques moments où se mèlent les niveaux européens, nationaux et locaux, les moments électoraux et les luttes.

La formidable victoire du Non à la constitution. En s’appuyant sur un décryptage populaire du texte notre section a été au premier rang de ceux qui ont permis le rassemblement électoral victorieux. Le « collectif du NON » nous a alors beaucoup occupé, certes, mais sans oublier la construction quotidienne du PCF.

Cette victoire a ouvert de grandes perspectives, le caractère composite de ce Non n’occulte pas son aspect majeur, la bourgeoisie impérialiste européenne et mondiale était pour un moment battue sur l’un de ses objectifs essentiels : l’accentuation du grand marché européen appuyée sur le démantèlement de tous les acquis sociaux. Rappelons nous, cette période, notre capacité à infléchir un rassemblement majoritaire vers les objectifs de classe qui sont les nôtres. Cette réussite ouvrait de grandes espérances pour les élections présidentielles qui ont eu lieu en avril mai 2007. Avec l’immense espoir de voir se reconstituer à cette échéance électorale le mouvement précédent. Là aussi nous avons en tant que section dès le départ franchement travaillé dans les « Collectifs anti-Libéraux » pour construire une candidature acceptable par tous.

Nous sommes allés au bout du possible. Délégué à trois reprises aux rencontres nationales par la section et le collectif, à Saint Denis, Montreuil, puis à Saint Ouen sur mandat de la section j’ai prévenu la direction de notre parti de la nécessité de parvenir à un rassemblement rompant l’alliance avec un PS entièrement dévoué à la gestion de la crise.

Cela n’a pas été possible nous avons donc participé à la campagne électorale de Marie Georges Buffet et pris comme une gifle le résultat électoral : 1, 93 % des exprimés et Sarkozy élu sur un programme brutal de régression politique et sociale le plus à droite depuis 1945.

Immédiatement après dans la poursuite de notre réflexion et de notre pratique politique nous avons pris la décision de présenter au premier tour une candidature communiste aux législatives. Cela n’était pas une première, nous avions agi de même déjà contre l’avis de la FD aux précédentes législatives (en 2002). En dépit du changement de candidat l’historique A Couquet étant remplacé par moi même novice (dans ce domaine) . Nous avons obtenu plus de 5 % sur la circonscription et près de 5 % sur la ville. Ces 5000 et quelques voix représentant un socle important.

C’est alors qu’en septembre nous avons appris par la presse l’incroyable nouvelle –du moins dans notre parti- de la création en contradiction avec tous les statuts d’une seconde section à Béziers sur un seul territoire géographique, sous la triple bénédiction de Jean Louis Bousquet, Jean Claude Gayssot et Jean Michel Duplaa. Pour eux, il s’agissait de préparer les municipales. En faisant disparaître ce qu’ils estiment être « l’hypothèque communiste » et en proposant de battre Couderc par l’ouverture à des forces de droite. Ils ont ainsi bafoué la souveraineté des communistes biterrois exprimées d’une consultation à l’autre autour de 75 % depuis plusieurs années. Sur le plan interne nous n’avons pas renoncé : sûrs de notre droit, nous avons fait appel à la commission des conflits , celle- ci s’est naturellement bien gardé de trancher espérant que nous serions incapables d’être présents et efficaces dans la bataille électorale des municipales. A l’extérieur du parti nous avons continué comme avant, mieux qu’avant peut être la bataille de classe communiste.

Nous savons ce qu’il en a été : nous avons su rassembler « la gauche se réclamant de ruptures révolutionnaires » dans une liste "Unitaire, Communiste, 100% à Gauche et Solidaire". Ce n’a pas été plus simple que le reste. Là aussi nous avons dépassé les 5 % de votants (6,51% et 1683 voix) et A. Couquet siège une fois de plus au conseil municipal. R. Couderc a été élu au premier tour ; preuve s’il en fallait encore que ce ne sont pas des compromis à minima qui permettront de rassembler pour gagner mais la mise côte à côte au second tour et pas avant dans la clarté les votes révolutionnaires et réformistes, lorsque la clarté est possible, jamais par esprit de système. C’est au premier tour que se gagne une élection, dans la mobilisation des forces travaillant à la rupture, contre les compromis sans âme à gauche. Au même moment nos candidats aux cantonales des premiers et troisièmes cantons faisaient bonne figure alors même que la fédération présentait contre eux Jean Louis Bousquet poursuivant sa tentative personnelle de retour en terre biterroise.

Depuis lors le fait majeur est l’explosion d’une crise terrible du capitalisme ; nous travaillons sur cette question. Avec les risques d’effondrement du système économique nous n’en avons pas fini de lutter contre les dégâts que vont subir les plus modestes et contre le risque de fuite en avant dans de multiples violences mondialisées dont la possibilité de nouvelles guerres. L’aggravation des risques écologiques encourus par la planète étant un autre volet inséparable du précédent.

Maintenant nous sommes en plein congrès. Je tiens à rappeler ici les résultats nationaux et locaux. Ce n’est pas par hasard qu’ils ont été passés sous silence par la direction fédérale.

Texte 1 :22 000 voix, 60.91 % texte 2 : 5419 voix15.04 % et le texte 3 : 24.03 % et 8659 voix. Avec seulement 50.38% de votants et 9.22 % de nuls.

Dans notre section 100 % des exprimés se sont portés sur le texte 3, un nul. Participation : 85 %

Dans ce département le texte 3 dépasse le score moyen national , nous sommes très au dessus de la moyenne réelle puisque plus du tiers des voix de notre texte viennent de trois fédérations : la haute Saône, le Pas de Calais et le Nord ces deux dernières étant par ailleurs les deux plus grosses fédérations de France. Notre assemblée de section a donc lieu dans cette situation.

Dans la section un vote à 100% pour le texte trois avec une participation de 85% au dessus de la moyenne nationale. Ce vote est premier, indiscutable, il nous engage jusqu’au prochain congrès.

Dans la Fédération un résultat pour le texte 3 au dessus de sa moyenne nationale. Car le mouvement dépasse largement notre section regardons : ouest biterrois 90 % pour le texte 3, Agde, Balaruc les Bains, et leurs résultats au dessus de la moyenne nationale Sète et même Frontignan, Montpellier. Toutes sections dans lesquelles ce vote n’était pas porté par une force organisée. Ce résultat pèsera si nous savons le travailler à la conférence fédérale.

Car tout ne pourra continuer comme ces dernières années ! Il y a affaiblissement de la direction nationale : 60 % des exprimés à peine 51 % des votants , une participation faible dans un parti qui a perdu l’essentiel de sa substance militante ces dernières années. La direction n’annonce plus que 70 000 cotisants.

La question de l’organisation communiste, du nombre de cotisant , du nombre de militants de la formation de ses militants est donc plus que jamais décisive.

Et cela dépend avant tout de la vie réelle de la section des cellules de l’engagement des communistes. Comment avons nous pu franchir cette masse d’obstacles tenir le coup au point d‘être parmi les groupes de communistes qui comptent pour un renouveau du PCF au plan national ?

D’abord nous avons travaillé collectif. C’est mon introduction, nous n’insisterons jamais assez, il y a encore beaucoup à gagner. Cela ne veut pas dire unanimité de façade. Sur certains points nous sommes en désaccord nous le disons mais nous cherchons toujours à travailler ensemble. Si bien que ceux qui s’opposent frontalement à cette orientation incapables de contrer notre pratique collective en dépit des moyens que leur offre l’appareil ont choisi de se structurer ailleurs.
Qu’il s’agisse de construire ensemble ici au quotidien ou de contester méthodiquement et de proposer (compte rendus) au Comité départemental, c’est la richesse de notre diversité qui marque.

Cet « ensemble » n’est pas bâti sur des coalitions d’intérêts individuels ou électoraux mais sur la recherche constante de l’expression de l’intérêt des exploités.

Remémorons nous quelques unes de ces actions : nous en avons menées, nous en avons aidées, nous en avons soutenues qu’il s’agisse chaque année des marches de la paix, des multiples actions pour la défense des sans papiers, ici à Béziers pour les Roms, des sans toits( n’oublions pas qu’un actuel membre de notre CS est un « sans toi »t qui nous a rejoint dans sa lutte !), Pour un logement social de meilleure qualité, les batailles laïques… contre la répression à l’égard des travailleurs qui osent relever la tête à la SNCF, à dans les grands magasins KIABI ou ailleurs… pour la défense du fret SNCF et pour la ligne du massif central contre les trains de camions sur l’autoroute… j’en oublie par force et vous serez en droit de me reprendre. Ces jours-ci la défense acharnée du service public de la poste, de l’école, l’action de pétition contre la hausse des impôts locaux et notre refus de payer deux fois pour les mêmes services.

Les batailles électorales ont leur importance. Elles n’ont de sens que comme complément et « mise en musique électorale »des luttes de classe réelles.

Chacun tâchant de faire face. Soulignons les apports individuels dans différents domaines : propagande et d’organisation, travail à la mairie, trésorerie, le Bulletin de Liaison, l’édition régulière (pas assez, je sais )du Camel… , les soirées de la Féria, la fête annuelle de La plantade, les soirées politiques et de sociabilité du Cercle, notre présence active chaque fois que possible sur les batailles revendicatives pour aider au succès des grandes journées… hier encore un tract de la cellule des instituteurs dans les écoles et collèges.. avons nous manqué de distribuer un tract politique un seul premier mai ces dernières années ? action pacifiste, formation politique et idéologique, lotos, activités culturelles à la section : atelier peinture. Chacun trouve sa place dans ces activités selon ses centres d’intérêt, ses préoccupations, le temps qu’il peut y consacrer… je sais que tout le monde n’est pas à la retraite ! La réussite annuelle de La Plantade avec une particulier succès ces deux dernières années à croire que le départ des autres, des sécessionnistes, nous aide ! mérite d’être classée à part !
La vie des cellules aussi, attention dans ce domaine nous avons beaucoup à gagner c’est là que se reconstruira le lien efficace avec la population dans son ensemble.

Chaque minute consacrée à la réunion, à la vie d’une cellule est essentielle.

Nous avons cinq cellules : une d’entreprise, les enseignants, une à La Devèze, une au centre, Barbusse à la Font neuve, et maintenant la cellule Balmigère sur les quartiers de l’ouest.De fait plusieurs cellules du biterrois travaillent dans notre section : Saint Pons bien sûr et aussi une cellule des hauts cantons, celle de cers et celle de Sauvian dans l’espoir que la section Sud va redémarrer. Dans notre section se posera donc aussi la question de l’organisation au village.

Nous avons relativement consolidé le fonctionnement de la section, nous en sommes au moment de passer du temps dans les cellules existantes et peut être d’en reconstituer. C’est là et nulle part ailleurs que nous ferons adhérer de nouveaux militants, que nous permettrons à des gens ordinaires de participer activement à la vie politique renouant ainsi avec ce qui a fait pendant 70 ans la force spécifique du PCF.

Le comité de section unanime pense qu’il faut poursuivre un très gros effort de formation : quelle meilleure formation que le contact entre communistes à égalité dans sa cellule !

Camarades je conclurai ce rapport d’activité de la manière la plus encourageante qui soit : en relevant que dans un parti nationalement si affaibli, désorganisé, ces derniers mois nous avons dans notre section renoué des contacts qui se traduisent par des adhésions : quelques nouveaux militants mais aussi des retours au parti d’ancien(nes) qui s’étaient éloignés ne trouvant plus dans l’expression nationale de quoi nourrir le besoin de militer se considéraient rejetés , exclus de leur parti. Ce mouvement a commencé lors des municipales et permet déjà de consolider le comité de section, il s’est poursuivi à la fête de la Plantade et maintenant sur chaque initiative ; impôts de l’agglo ou défense du service public postal. Le mouvement existe sachons collectivement lui donner quelque ampleur et nous ré-avancerons. En clair ayons chacun des bulletins d’adhésion à portée. C’est appuyé sur cette réalité , ce mouvement que nous avons fortement contribué au rassemblement national de ceux qui veulent continuer le meilleur du PCF.

Nos anciens, à Tours en 1921, on fait un « bon choix » celui de permettre aux exploités de sortir de l’ornière , de choisir la voie révolutionnaire contre l’ensemble des tentations de gestion aux marges du capitalisme.

Un seul mot : continuons.

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