Un oui irlandais obtenu sous la menace ! Déclaration de André Gerin

, par  marieannebouge , popularité : 3%

Le oui irlandais vient d’être obtenu sous la menace de l’échafaud.
« C’est un résultat basé sur la crainte plus que sur l’espoir », a déclaré un
partisan irlandais pour le non. Plus que jamais, pour Bruxelles, il s’agit de
mettre les états-nations au pli.

L’Europe institutionnelle, glacée comme la finance, sombre dans la
forfaiture. Ses bataillons de technocrates et d’idéologues ont usé et abusé de
la menace directe de rétorsion économique pour tenter de donner un vernis
« démocratique » à ce qui restera l’une des plus graves offensives contre la
souveraineté populaire, dans le monde occidental de l’après guerre.
Pour imposer au peuple irlandais le sinistre et cynique « marché
libre et non faussé », les puissances capitalistes ont imposé la terreur
intellectuelle, déniant la liberté de conscience des citoyens, faussant leur
jugement. Ils se sont servis de la crise que leur domination engendre,
comme une arme contre le peuple.

A regarder de près, après ce coup de force, que reste-t-il à cette
Europe ?
- Sur 27 pays, 10 seulement, pas même un sur deux, ont envisagé
de consulter leurs peuples par référendum.
- Cinq y ont renoncé pour cause
de défiance de leurs concitoyens.
- Cinq ont voté.
— Trois on dit non : France,
Pays Bas et Irlande.
— Deux ont voté oui : Espagne et Luxembourg.

Quelle légitimité supplémentaire, le renversement du vote irlandais
donne-t-il aux institutions européennes ? Le piétinement du vote des
Français par le président de la République et les élites politiques, hormis les
députés communistes, rappelle à quel point l’Europe est devenue une
machine de guerre contre la démocratie.

De fait, avec cette Europe, les états-nations subissent une
contrainte impitoyable car ils doivent renoncer à ce qu’il y a de meilleur
dans leurs valeurs et traditions progressistes, qualifiées de vieilles
habitudes par le tenants du capitalisme.

Le résultat en Irlande fait apparaître le capitalisme, plus encore que
d’habitude, comme un terrible prédateur des peuples.

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