Une bien étrange introduction au 34e Congrès du PCF

, par  Pierre K , popularité : 4%

Une bien étrange introduction au 34e Congrès du PCF

[Avant-propos : petit problème de vocabulaire !

J’ai employé dans une contribution précédente le mot « liquidationisme » pour décrire ceux qui par le biais de la tendance organisée « Communistes Unitaires » tentent de remplacer le Parti communiste français par un vaste comité antilibéral « aux contours incertain » . Un camarade m’a répondu indigné que sa famille était communiste depuis trois générations et qu’il ne fallait pas l’insulter. Je ne voulais vraiment pas peiner le camarade dont j’ignorais d’ailleurs la généalogie (qui n’est évidemment pas en cause ici !).
Le mot « liquidationisme » a l’avantage de permettre la comparaison avec les multiples tentatives du même ordre qui jalonnent l’histoire du mouvement ouvrier, une des plus importantes ayant été le « gorbatchévisme ». Cela permet aussi de comparer diverses formes de « liquidationisme » français comme le « cohenséatisme » (bien décrit pas Cohen-Séat lui-même dans son livre « Le Communisme , l’Avenir d’une espérance » dont le titre est déjà tout un poème) et le « martellisme » que Martelli décrit aussi bien lui-même dans de nombreux textes parus chez la tendance organisée « Communisme Unitaires ».
Il me semble que le mot « liquidationisme » n’est pas plus une injure que de dire que les socialistes sont réformistes et non révolutionnaires, ou que Bernstein, l’ancêtre des « liquidationistes » fait une « révision » de la pensée marxiste.
Certains camarades proposent le terme « déconstructeurs » et « déconstruction », c’est sans doute un bon synonyme, mais pourquoi ce néologisme ]

Peut-on réviser une mauvaise traduction !

Les traducteurs de métier savent bien que réviser une mauvaise traduction est une mission presqu’impossible et beaucoup plus lourde que de la recommencer purement et simplement.
Je ne suis pas sûr que le texte intitulé « base commune », certains disent ironiquement « très commune, mais pas très communiste », traduise bien la situation actuelle.

Comme il n’est pas possible, vu le calendrier de la préparation du 34e Congrès, de réécrire la « base commune », on peut au moins poser des questions, essayer de l’améliorer un peu avec des amendements, faire des vœux et voir comment sauver les meubles !

Dans l’introduction « commune », aux lignes 25 à 41 pour ceux qui ont le texte avec des lignes numérotées, on nous dit que nous sommes face à quatre défis (Je ne contesterais pas cette arithmétique, un peu étonnante tout de même : pourquoi quatre et pas un autre chiffre ?)

1) Le premier défi serait : « Nous avons changé de monde et d’époque » !

Vraiment ? Bien entendu, nous vivons toujours dans le même monde ; il n’y a pas eu récemment de nouvelle Genèse à notre connaissance !
Mais avons-nous changé d’époque ?

La caractérisation d’une époque, pour un parti communiste est une question extrêmement importante, car elle est au cœur de sa stratégie. La majorité des partis communistes jugent, avec les reculs et les avancées du socialisme dans notre monde existant , que « notre époque se caractérise par une transition du capitalisme vers le socialisme », donc par une série de révolutions pacifiques ou non, depuis 1917. Cette caractérisation ne gomme nullement les erreurs, les reculs, les drames qui alourdissent cette transition. Cependant c’est cette transition qui ferait de notre époque une « mutation de civilisation ». La « crise de la mondialisation capitaliste » en est un aspect, comme celle des années 1930, elle ne constitue pas un changement d’époque. La révolution informationnelle non plus.
A quoi sert de garantir dans la « base commune » que le Parti communiste français va garder son identité propre communiste et son autonomie de pensée et d’action communistes, si nous disons du même souffle que nous ne partageons pas l’objectif commun à long terme, que chaque parti communiste poursuit comme il peut, qui est de mondialiser le socialisme !

Nous serons dans une nouvelle époque, me semble-t-il, quand le socialisme sera le système dominant dans ce monde existant réellement. Manifestement, ce n’est pas encore le cas !

2) Le deuxième défi, c’est le « néo-libéral » Sarkozy , mais, avec le troisième défi qui suit, on se déclare perdu d’avance !

3) Le troisième défi serait que « La crise de la gauche s’aggrave. Elle n’offre pas de perspective de changement crédible » (ligne 33 et 34).
Il me semble que nous faisons partie de la gauche ! Doit-on comprendre que « nous n’avons pas de perspective de changement crédible à offrir » ? Si tel est le cas, on comprend mal ce qu’on vient faire dans le paysage ! Si on manque de confiance en nous à ce point, comment pouvons-nous bâtir une relation de confiance interactive avec la classe ouvrière et le monde du travail en général ?

4) Le quatrième défi est encore plus curieux : « L’originalité du communisme français maniant la critique globale du système et une visée de transformation sociale radicale, le souci du développement de luttes populaires et d’idées nouvelles de transformation, avec une ambition et une implication de changement immédiat est menacée ». Voilà qui décrit bien l’originalité des partis communistes vraiment communistes dans leur ensemble vis-à-vis des partis « bourgeois », des partis socio-démocrates et des partis ultra-gauchiste. Rien d’original ici, mais pourquoi attribuer le mérite de cette description générale des partis communistes au PCF en particulier, surtout juste après avoir dit que le PCF n’a « pas de perspective de changement crédible à offrir » !

L’originalité du Parti communiste français serait plutôt, selon moi, qu’il ne voit pas notre époque comme l’époque de la transition du capitalisme au socialisme et qu’il ne pense pas offrir une perspective de changement crédible du moins selon ce texte « commun ». Et c’est peut-être à cause de cette originalité là, la vraie, « que son existence est menacée ».

En réalité, je ne pense pas que ce soit la pensée réelle du « Parti profond » (mais comment en être sûr, à moins de procéder à des sondages d’opinion à l’intérieur du Parti sur la question). C’est en ce sens que le texte de la « base commune » est bien difficile à réviser, car c’est peut-être une trop mauvaise traduction du « Parti profond » . La « base commune » semble représenter plus une pseudo-synthèse, ou mieux un pot-pourri, de textes de tendances organisées, et en particulier de leurs « éléphants » cohen-séatistes autour de Patrice Cohen-Séat, martellistes autour de Roger Martelli, entre autres.

Avec notre division en tendances organisées, il devient difficile, sinon impossible de formuler un reflet de la pensée du Parti comme cerveau collectif cohérent. En rejetant les bons côtés du centralisme démocratique avec les mauvais, notre mode de fonctionnement se rapproche dangereusement de celui du parti socialiste français, mode de fonctionnement qui convient mal, je crois, à un parti révolutionnaire.

Le vocabulaire de l’introduction est-il important ? Il me semble que oui, car c’est bien plus qu’une question de vocabulaire ! Ces « Quatre défis » cadrent l’ensemble de notre démarche. Ainsi, si nous croyons toujours que notre époque se caractérise par la transition du capitalisme au socialisme, il nous faut logiquement ensuite voir comment on peut à la fois proposer une voie française révolutionnaire vers le socialisme qui soit crédible. Il faut aussi s’unir, sans se transformer en donneur de leçons, avec ceux qui bâtissent le socialisme de leur mieux à leur façon, qu’ils soient dans l’opposition ou au pouvoir, en France ou ailleurs dans le monde.
Si nous ne croyons plus que notre époque se caractérise par la transition du capitalisme au socialisme, par quoi se caractérise-t-elle ? En quoi faisons nous encore partie de « l’internationale communiste » (L’internationale communiste » n’existe plus comme organisation en tant que telle ; elle existe toujours comme réseau fraternel d’entraide dans le respect des différences dans le cadre de la lutte révolutionnaire mondialisée.) ?

La messe est dite

En fait, avec ces curieux « Quatre défis » de l’introduction du texte de la « base commune », la messe est dite. Il n’est plus possible de transformer ce texte au 34e congrès en un guide pour le PCF et sa future direction jusqu’au 35e Congrès. On peut tout de même tenter de « sauver les meubles », c’est-à-dire préserver et « recommuniser » le PCF grâce à une direction unie sur ce point, sans tergiversation avec la tendance organisée « liquidationiste » .

Donc, il me semble que « la base commune » reflète bien la division actuelle du Parti entre les ProParticommunistes et les liquidationistes, mais n’offre pas vraiment une claire perspective de sortie de crise.
Cette division se reflète dans toutes les activités du Parti qui s’est déjà partiellement déconstruit. Je ne vais pas répéter ici ce que j’écrivais l’autre jour à propos de la mésaventure du secteur international du Parti qui veut construire "un nouvel internationalisme aux contours très incertains" ! http://alternativeforge.net/spip.php?article=1939 .

Si je me préoccupe beaucoup à la veille du 34e Congrès du PCF de l’internationalisme du PCF, c’est parce que la mondialisation capitaliste nécessite absolument, je crois, une mondialisation communiste. Or je crains que la façon dont la direction actuelle du PCF ne tente de construire un internationalisme bizarre et impossible, ni communiste ni socialiste, mais incertain, en collaboration avec divers groupes trotskystes, humanistes, verts, ou façon "Die Linke", souvent hostiles aux partis communistes existants. Je crains que cela nuise au renforcement d’un internationalisme communiste. Qui plus est, l’internationalisme pratiqué par un parti communiste est souvent un révélateur de ce qui caractérise l’ensemble de ses politiques.

Comment se fait-il que nous ne sachions pas trop dans le « Parti profond », quels sont nos rapports avec, par exemple, le Parti communiste chinois (70 millions de membres), le Parti communiste russe (Deuxième parti politique en importance en Russie, environ 20% de votes aux diverses élections, un énorme recul pour eux qui étaient au pouvoir, mais c’est quand-même plus que nous), avec le Parti communiste de Cuba, du Japon ou des États-Unis. Notre presse ne nous renseigne pas clairement sur ces questions et les déclarations du Parti encore moins. Sans parler d’une certaine incohérence. Ainsi l’Humanité a publié un numéro spécial fort intéressant sur la Chine ; le secteur international du Parti a pris des positions souvent hostiles au parti communiste chinois sans que le « Parti profond » soit informé de quoi que ce soit !

En ce qui concerne le Parti communiste japonais, Wikipedia nous dit : « …un des plus grand parti communiste d’opposition au monde. Il compte environ 400 000 membres répartis dans 25 000 sections. Contrairement aux autres partis communistes d’Europe ou d’ailleurs, il n’a pas connu de crise interne à la suite de la chute de l’URSS, et n’a pas non plus songé à changer son nom ou ses objectifs. " Voilà qui est intéressant et qui pourrait faire réfléchir les cohenséatistes et martellistes de la tendance organisée, paradoxalement nommée "Communistes unitaires". Ces derniers veulent nous faire croire qu’on ne se distance jamais assez du Parti communiste soviétique. Le PCUS est, avec beaucoup d’ingratitude, vu, comme le faisait Soljenitsyne, presque uniquement comme l’architecte du Goulag ! On oublie qu’il a vaincu le nazisme, qu’il a joué un rôle clé dans la fin du colonialisme, et qu’il a joué aussi beaucoup aidé les Communistes français. Nous pourrions peut-être nous inspirer de l’exemple du Parti Communiste du Japon vis-à-vis des communistes russes. Cela faciliterait sans doute nos relations avec le Parti communiste de Russie. Nous pourrions alors engager avec lui un dialogue constructif sur ce qui nous choque parfois dans leurs déclarations sur le sionisme par exemple.

Les Français savent bien que le PCF a manqué de distance critique vis-à-vis de l’URSS et il sont bien prêt à lui pardonner. Ils font, je crois, aujourd’hui la part des choses, surtout si nous ne tombons pas aujourd’hui dans l’excès inverse (Evidemment, je n’en suis pas certain. Il faudrait ici aussi vérifier avec des sondages d’opinion honnêtes). Aujourd’hui, ils ont besoin d’un Parti communiste fort et confiant, pas de dirigeants communistes qui brûlent pendant un demi-siècle ce qu’ils ont adoré le demi-siècle précédent. On peut noter en passant que bon nombre des dirigeants du PCF qui souhaitent dissoudre le PCF au profit d’un rassemblement "antilibéral" sont précisément ceux qui sont les plus hostiles à l’URSS.

Ce sont souvent aussi ceux qui souhaitent bâtir ce qu’ils nomment "un internationalisme de nouvelle génération" . Est-ce qu’il s’agit d’une internationale antilibérale qui essaierait de se trouver une niche entre l’internationalisme communiste et l’internationalisme socialiste pour supplanter l’un et l’autre. Vaste programme en effet, mais guère réaliste !
De plus, c’est une initiative de portée majeure pour notre Parti, qui doit donc être longuement étudiée dans l’ensemble du Parti et correspondre ensuite à une prise de position à un congrès. Ce n’est guère le cas ! Cette initiative d’un soi-disant « internationalisme de nouvelle génération », prise sans discussion démocratique dans le Parti, nuit à l’internationalisme communiste existant, et risque aussi de nous marginaliser et de nous mettre à l’écart de l’internationalisme communiste. Cette initiative va à l’encontre des efforts de rassemblement des forces antilibérales autour du mouvement communiste (sans qu’il perde pour autant son identité et son caractère révolutionnaire).

Un bel exemple de communisme

Parlant d’internationalisme communiste, nous pourrions réfléchir sur cet évènement historique de la rencontre au plus haut niveau entre le PC chinois et le PC cubain, au nez et à la barbe de l’impérialisme étasunien de Bush. L’importance de cette rencontre n’a pas échappé à la presse en général, mais n’a guère été soulignée dans notre presse communiste. Il y a quelques années, on en aurait parlé partout !

Voici donc comment le ministère des Affaires étrangères chinois rapporte la rencontre récente de novembre 2008 du Parti communiste chinois et du Parti communiste cubain : « Hu Jintao a exprimé ce qui suit : Les deux partis chinois et cubain s’en tiennent à la direction du communisme et à l’orientation socialiste, s’appliquent à explorer une voie conforme aux conditions de leur propre pays, renforcent et développent sans arrêt les relations entre les deux Partis et les deux pays, se mettent à l’école l’un auprès de l’autre pour se référer, ce qui est profitable tant à l’édification de leur propres Partis et pays qu’à la promotion de l’entreprise sublime de la paix et du développement de l’humanité ». Le français de la traduction est peut-être hésitant mais la pensée est claire. Et puis, le français de notre texte de base commune pour le 34e Congrès du PCF n’aurait sans doute pas la moyenne dans une classe d’école secondaire, tant pour la forme que pour la clarté du fond !

Chaque mot compte dans le texte chinois et pourrait inspirer un véritablement nouvel internationalisme pour le PCF. Le sénateur Mélenchon du nouveau Parti de gauche (ex PRS) a adopté une attitude respectueuse et responsable vis-à-vis de la Chine communiste et de son parti communiste. Puisque nous prétendons contre toute vraisemblance que nous n’avons pas eu le temps de penser à cette question de nos rapports avec le PC chinois depuis plusieurs congrès, nous pourrions avec modestie utiliser la position de l’ex PRS (aujourd’hui nouveau Parti de gauche, qui a, lui trouvé le temps de penser à la Chine) comme base solide de discussion sur la Chine.
Au lieu de cela, nous adoptons en pratique, mais sans discussion démocratique dans le Parti, une position de juge moral vis-à-vis du Parti communiste chinois, à partir d’un critère droitdel’hommiste conçu de façon étroite et biaisée, façon étatsunienne ! Cela nous mène à des situations ridicules comme celle de députés communistes manifestant derrière le député UMP Luca lors du passage de la flamme Olympique à Paris. Ce même Luca qui est, à la fois le président des groupes d’études parlementaires sur le Tibet et celui qui a été défendu l’article 4 de la loi du 23 février 2005 ventant les bienfaits du colonialisme !

On en arrive à des absurdités. Ainsi certains camarades soutiennent mollement, ou même condamnent, les jeunes des banlieues populaires qui se révoltent (maladroitement, il est vrai ; mais trouvent-ils bien la place qui leur revient de droit chez nous, dans le Parti communiste français ?) contre le néocolonialisme raciste de Sarkozy. Les mêmes camarades souvent applaudissent à tout rompre la minorité séparatiste tibétaine qui se révolte contre le Parti communiste chinois pour tenter de replonger le Tibet dans un obscurantisme féodal religieux soutenu par la droite étatsunienne !
En voulant être plus malin que tout le monde, on en arrive à d’étranges alliances !

Sauvons les meubles !

Si nous prévoyons à regret, bien sûr, que notre texte de « base commune » ne pourra pas être suffisamment révisée, (car c’est une mission impossible à partir d’un texte si mal bâti, dans le cadre d’un seul congrès), il faut se fixer des objectifs minimaux.

Un de ces objectifs pourrait être un assainissement de notre mode de fonctionnement et prévoir deux possibilités :

1) En cas de catastrophe, si les « liquidationistes » de Cohen-Séat, Martelli et consorts gagnent la partie, une scission du Parti risque de se produire. Qui gardera les journaux, les bâtiments etc ? Le Parti communiste risque, surtout pendant les premières années, de perdre tout cela, et plus grave, une bonne partie de ses membres au profit d’un gros comité antilibéral, ni communiste ni socialiste, dont l’avenir est plus que problématique. Il me semble qu’il faut tout faire pour démocratiquement éviter cette catastrophe !

2) Autre scénario, moins catastrophique. Le Parti communiste français refuse sa liquidation et tente de se reconstruire. C’est un chemin exigeant mais possible.

Au moment où on se parle, la déconstruction est assez avancée. Beaucoup de sections du Parti, ou même de fédérations du Parti, de « groupes de réflexion » proches, comme Espaces Marx par exemple, de secteurs d’activités comme le département international (entre autres en Amérique du Sud, en Russie, en Chine, en Europe), sont bien financés par le Parti, mais fonctionnent plutôt sous la direction politique d’une tendance organisée curieusement nommée "Communistes unitaires". Il y a beaucoup de talent et de dévouement dans cette mouvance, mais dans une orientation « liquidatrice » (Si le mot" liquidation" dérange, on peut employer une périphrase, mais liquidation me paraît le terme pertinent et il n’a rien d’offensant en soi !).

Si donc le « Parti profond »au 34e Congrès refuse clairement sa liquidation ; il faudrait que ceux des dirigeants actuels ou futurs qui fricotaient avec la tendance organisée « Communistes Unitaires » déclarent officiellement et publiquement renoncer à leurs activités liquidatrices multiformes, s’ils ou elles souhaitent être réélues. Leur talents et dévouement pourra lors contribuer à la recommunisation du parti, si la parole donnée est tenue.
Par contre, si les liquidateurs et liquidatrices réclament une participation à la direction du parti proportionnelle à leur poids actuel dans le Parti, et si cela leur est accordé, rien n’aura été réglé et notre recul va s’accentuer !

Comment conclure ?

Pour conclure sur ces quelques remarques portant sur quelques lignes de l’introduction du texte de base commune au 34e Congrès du PCF, on se rend compte que, par le biais de tendance organisée « liquidatrice », le Parti communiste français échappe progressivement au « Parti profond » pour tomber partiellement sous la coupe de ses « éléphants liquidateurs ». La lutte entre les « liquidationistes » et les pro-Particommunistes est si vive qu’elle nous rend incapables de produire un texte de préparation au Congrès qui ait une véritable cohérence et logique et qui soit amendable de façon réaliste.

Heureusement, l’histoire du mouvement communiste de notre époque de transition du capitalisme au socialisme a connu de multiples épisodes du même genre, et les « liquidateurs » sont loin d’avoir toujours gagné (Par contre, ils ont généralement fait beaucoup de tort, même si leurs intentions étaient généralement très honnêtes. La personnalité morale des porteurs de tendances liquidationiste n’est pas en cause !).
Avant le cohenséatisme et le martellisme, il y a eu, par exemple la période du browdérisme au Etats-Unis (du nom d’Earl Browder, le secrétaire général du PCUSA qui voulait vers la fin de la Seconde Guerre mondiale (donc avant le fameux rapport Kroutchev sur les dérives staliniennes) dissoudre son Parti dans un regroupement antilibéral ou comme le dit Wikipedia « transformer le parti communiste en une association moins structurée (Communist Political Association) ».

Plus récemment, il y a évidemment Gorbatchev ! Avec Alexandre Yakovlev, alors ambassadeur de l’Union Soviétique, avec qui il a très longuement discuté pendant un long séjour à Ottawa en 1985, Gorbatchev, qui était en 1985 membre du Bureau politique, a graduellement transformé l’Institut de l’économie mondiale et des relations internationales de Moscou en une espèce de tendance organisée visant à métamorphoser le PCUS et son internationalisme en mouvement social-démocrate plus ou moins de gauche ! Les Soviétiques ne se sont pas rendu compte à temps de ce qui leur arrivait, car la liquidation du PCUS venait de l’intérieur de la direction du parti, sous la bannière d’un approfondissement de la démocratie communiste et de la création d’un nouvel internationalisme. C’est en général sous cette bannière que progresse le « liquidationisme ».

On sait que le PCUS, avec Gorbatchev à sa tête, a ensuite perdu le pouvoir en URSS qui est redevenue capitaliste depuis. Le Parti communiste de Russie a péniblement regagné environ 20% de l’électorat aux diverses élections et est redevenu le deuxième parti politique en importance en Russie. Il est encore loin d’avoir repris le pouvoir pour rétablir un socialisme amélioré en Russie.
Gorbatchev, quant à lui, fort mal vu en Russie aujourd’hui , a fondé en 2001 le Parti social démocrate de Russie qui n’a guère d’influence.

Triste fin, Gorbatchev fait parfois des « annonces publicitaires pour les restaurants Pizza Hut où des gens l’acclament pour la liberté qu’il aurait apporté aux Russes, y compris celle d’avoir des restaurants occidentaux, et pour la compagnie de luxe Louis Vuitton, où on le voit, un sac Louis Vuitton à ses côtés, dans une voiture de luxe russe longeant le mur de Berlin » nous apprend Wikipedia !

Pourvu que nous n’en arrivions pas là !

Pierre K.

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