9èmes rencontres internationalistes de Vénissieux
L’écologie à Cuba socialiste... Intervention de Justo Rodriguez, Représentant de l’Ambassade de Cuba

, par  Véronique Forestier , popularité : 3%

Je ne suis pas un spécialiste comme Guillaume même si je connais un peu la question. Je vais vous présenter sommairement l’expérience cubaine dans ce domaine-là, surtout au niveau de la culture écologique.

Comme vous le savez, Cuba est une petite ile au milieu des Caraïbes, qui a été, pour rappeler le contexte, pendant 4 siècle une colonie du royaume d’Espagne, où pendant ce temps-là l’agriculture était une monoculture et une exploitation de la terre au bon vouloir de la colonie. Au début du 20ème siècle nous avons malheureusement été sous le contrôle des américains sous la forme d’une pseudo république où à titre d’exemple, même le prix de la canne à sucre, vendue pourtant aux Etats Unis, était fixé par le Congrès américain. Notre agriculture était donc au service des grandes compagnies américaines comme l’United Fruit Companie et d’autres grandes compagnies américaines qui étaient présentes à Cuba entre 1902 et 1959. En résumé, nous étions en pleine exploitation capitaliste de la terre. Il n’y avait aucun intérêt de la part du gouvernement « marionnette » de l’époque de faire face aux problématiques écologiques.

Après la révolution de 1959 et avec le leadership de Fidel, on a commencé à regarder les choses de manière différente. En premier lieu, nous avons fait la réforme agraire qui nous a permis de rendre la terre à ceux qui la travaille. C’est une des réformes phare de cette époque. Après la chute de l’Union des Républiques Socialiste Soviétiques, la chute du commerce avec les pays socialiste, le pays et les paysans ont dû réduire radicalement l’utilisation des produits chimiques, de faire un usage beaucoup plus important des ressources et des connaissances disponibles, c’est-à-dire, en développant la créativité, les études et les connaissances.

C’est un peu ce qu’il s’est passé, en relation des nécessités et des opportunités, Cuba a commencé à faire une révolution verte au début des années 90. A cause de la crise économique de ces années-là dans mon pays, le mouvement de l’agriculture biologique a commencé grâce aux précurseurs de penseurs de l’école de naturalisme cubaine, car il y avait toute une école de penseurs, je dirai, naturaliste. Ces penseurs ont établi les bases d’une tradition agricole. A partir de là, le mouvement écologique s’est renforcé avec la création et la diffusion de centres de production appelés, centres de production des ???? (3minutes59), c’est-à-dire la CRRE qui ont permis l’écologisation de l’agriculture cubaine comme base de la lutte biologique contre les ravageurs par des techniques comme l’utilisation des phéromones, phéromones sexuelles, les contrôles naturels, l’utilisation des plantes répulsives et d’autres techniques scientifiques.

L’autre chose sur laquelle je voudrais insister c’est que pour Cuba dans l’écologie, il y a une partie important de la culture urbaine. L’agriculture cubaine a été mise en place avec l’intention de réduire les coûts entre la production de la nourriture et l’accès de celle-ci aux familles cubaines. Cette forme d’agriculture était avant interdite en raison de l’utilisation d’agritoxique, de pesticides, utilisés dans le modèle agricole traditionnel. Ce qui a été complètement changé lors de cette révolution que j’ai évoqué tout à l’heure, c’est l’aide de ces techniques écologiques évoquées avant. Au fil des années 90, ce moyen est devenu le moyen de produire de la nourriture à Cuba, ça a été essentiel et c’est toujours essentiel. Cette méthode a été encouragée par l’Etat et les forces productives et par différents programmes, comme le programme « de campesino a campesino » c’est-à-dire « de paysans à paysans » où les paysans s’aident entre eux, de manière solidaire, en profitant des périodes de l’agriculture. On arrive ainsi donc à plus de 130 000 familles qui ont participé à ces échanges « paysans à paysans », elles profitent également de l’usufruit de la terre.

Pour conclure, le système anatologique traditionnel diversifié à Cuba peut générer des productions d’efficacité biologique, productive, énergétique et environnementale tout en conservant nos ressources naturelles sans dégrader le sol, le transformer en système d’exploitation durable, de fournir de manière créative des aliments suffisants pour la population cubaine. Le Président de la République Miguel Diaz Canel rappelle à chaque fois qu’il en a l’opportunité, que la nourriture sera la première priorité du pays. Aujourd’hui, nous avons besoin de plus de soutiens financiers et d’encourager de nouveaux paysans qui veulent travailler la terre, mais aussi de formation et d’équipements qui nous manquent à cause du blocus. Il nous manque encore des outils et l’infrastructure rurale, les routes, que nous devons développer. Et approfondir cette harmonie entre la nature et les variables économiques qui sont liées à la question.

C’est un peu l’idée des éléments de l’écologie à Cuba. J’espère que ce partage d’idées a été utile pour vous et si vous avez des questions, je suis disponible.

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