9emes rencontres internationalistes de Vénissieux
Notre révolution ne peut être ni étouffée ni oubliée Intevention de Tatiana Desiatova (KPRF Moscou)

, par  Marianne Dunlop , popularité : 10%

Présentation de Laurent Brun :

On nous avait vendu, ici, quand on parle de mémoire et d’histoire, que la fin de l’URSS était la fin de l’histoire, et notamment en Russie, qu’il ne se passerait plus rien, que c’était la libéralisation à tout crin, et aujourd’hui on passe de cette propagande-là à des victoires électorales importantes des communistes, notamment à Moscou, alors qu’est-ce qui se passe en Russie ?

Chers camarades, chers amis,

Je ne voudrais pas interrompre la discussion passionnante qui s’est engagée après la présentation du livre de Danielle, mais je suis obligée de le faire car j’ai une mission très agréable, d’abord vous remercier pour l’invitation à votre conférence et vous transmettre le salut le plus chaleureux et les vœux de réussite de la part des communistes de Moscou et en particulier du premier secrétaire du parti communiste pour la Région de Moscou, le camarade Rachkine avec qui nous sommes de grands amis, et ensuite décerner la médaille du Comité central du KPRF dédiée au centième anniversaire de la Révolution d’Octobre à notre camarade Danielle Bleitrach (applaudissements), et également je voudrais décerner cette même médaille pour sa grande contribution au développement de la révolution dans le monde entier à notre cher ami Pierre-Alain Millet.

Donc, tout à l’heure Danielle a fait cette réflexion que nous étions vieux et laids, en effet nous ne sommes peut-être pas très jeunes, mais que nous soyons magnifiques, il n’y a aucun doute là-dessus, car nous sommes beaux par notre esprit. Il y a des photos dans le livre de Danielle où on la voit avec le Comité des Femmes soviétiques, à l’époque je commençais seulement mon activité, et je veux rappeler qu’effectivement, c’étaient des années dans lesquelles on croyait encore à quelque chose, mais après il y a eu des changements, dont nous parlerons tout à l’heure, parce que j’ai encore une mission de la part du premier secrétaire du Parti communiste de la République populaire de Donetsk, Boris Litvinov, avec qui Marianne a fait aussi connaissance cet été, et je voudrais signaler qu’aujourd’hui on fête le 5ème anniversaire de la fondation de leur Parti, et ce serait bien si l’Assemblée ici présente leur envoyait à cet occasion un message d’amitié (immédiatement arrive à la tribune le texte de félicitation préparé pour les communistes du Donbass – applaudissements). En cet instant précis, nos camarades de Donetsk ouvrent leur conférence, et ils vous enverront aussi leur message de salut, qui doit se trouver en ce moment quelque part sur la route entre Donetsk et Vénissieux… mais leur drapeau est déjà ici ! Et puisque nous parlons de drapeaux, cela m’a fait un grand plaisir de voir ici le drapeau du Parti communiste de la fédération de Russie (KPRF). Pour compléter cette collection, voici le drapeau du comité moscovite du KPRF.
J’ai aussi plusieurs cadeaux à transmettre de la part de Pavel Groudinine, le Directeur du Sovkhoze Lénine, un grand livre très lourd, malheureusement nous n’avons pas suffisamment de temps pour que je vous expose en détails tous les succès de ce sovkhoze, mais si cela vous intéresse, dans cette brochure vous trouverez des chiffres, des témoignages, montrant qu’il est possible de faire prospérer une entreprise agricole, à condition qu’elle soit dirigée par un homme de gauche épris de justice. Je pense que le sujet semblera proche aux habitants de Vénissieux, c’est une ferme où on cultive (bio) des fraises et d’autres fruits, des légumes, et il y a aussi de l’élevage, etc. Voici encore des autocollants « j’aime ♡ l’URSS », « adhérez au parti communiste ! », et quelques CD. Vous connaissez bien la situation de la Biélorussie qui cherche à défendre l’héritage de l’URSS et y parvient dans de multiples domaines, en particulier l’agriculture, dont traite ce disque ; un autre sur le « modèle économique stalinien », mais c’est une question à part, et pour ceux qui s’occupent d’agitation et de propagande, voici un CD qui montre toutes sortes d’exemples de graphismes pour des autocollants etc, que nous produisons. Et enfin, lors de la pause, j’offrirai à chacun un badge, il s’agit d’une association appelée « Les Enfants de la Guerre » et soutenue par le KPRF. Je pense que beaucoup parmi vous ne connaissent pas seulement par ouï-dire ce qu’est le fascisme et ce que sont les horreurs de la guerre, certains d’entre vous l’ont vécu étant enfants, et pour nous c’est une génération, née dans les années 20 et 30, de gens qui ont été privés de leur enfance ; une génération de gens qui ont été privées de leur jeunesse, car il fallait reconstruire le pays réduit en cendres, restaurer l’industrie, l’agriculture, les infrastructures, l’instruction publique, et pour cela ils ont dû travailler jour et nuit, c’est une génération de jeunes filles, de jeunes femmes qui sont restées sans familles, sans enfants, puisque la majorité des jeunes gens étaient morts pendant la guerre, et c’est une génération aujourd’hui privés d’une vieillesse dans la dignité, puisque les retraites qu’ils perçoivent (autour d’une centaine d’euros) ne permettent pas de vivre, étant donné que les prestations sociales aussi ont été amputées, et nous les soutenons, nous les encourageons à s’unir, car c’est seulement dans l’unité que l’on peut défendre ses droits.

Excusez-moi pour cette longue digression, nous allons revenir au diaporama et le regarder ensemble, et je ferai un commentaire pour chaque photo.
La première image est une capture d’écran d’un film consacré aux événements tragiques d’octobre 1993. C’est un film documentaire qui retrace l’historique de ces événements, qui montre comment cela s’est passé et ce qui a précédé ces événements. Pour qui s’en souvient, au centre de Moscou a été bombardé le parlement dans lequel se trouvaient les députés du peuple. La légende dit : « ils voulaient tirer sur le communisme, mais c’est la Russie qui a été atteinte ». Et tout cela sur ordre de Yeltsine. C’est pourquoi hier au centre de Moscou, pendant qu’ici même se déroulaient des débats très intéressants sur le climat et l’écologie, une grande manifestation était organisée par notre Parti, comme il le fait tous les ans, en commémoration des victimes de ces événements sanglants dont les portraits sont portés par les manifestants. Le nombre exact des victimes n’est toujours pas connu, officiellement il est fait état de 157 personnes, mais en réalité nous pensons qu’il s’agit de plus de 2 000 morts. Parce qu’il y a eu des provocations, la présence de snipers qui tiraient, et le paradoxe est que ce qui se passait au centre de Moscou, l’écho de ces événements ne parvenait pas toujours au reste du pays, et même aux alentours de la ville. Ce documentaire montre par exemple des jeunes filles sur les monts Lénine, à 10 km du centre ville et qui se demandaient ce qui se passait. Nous reparlerons de tout cela, bien sûr, nous essayerons d’analyser, mais il faut dire qu’à l’époque, même pour des gens habitués à réfléchir c’était complètement incompréhensible et complètement inattendu. Le slogan principal qui était celui de Yeltsine et toute sa clique, c’était « plus de démocratie ». A l’époque ni lui ni son entourage n’a expliqué qu’il ne s’agissait pas de démocratie, en effet on se souvient des paroles de Lénine disant que dans une société bourgeoise il ne peut y avoir de démocratie, mais seulement une « démocratie bourgeoise ». Et ce qu’est une démocratie bourgeoise, c’est seulement aujourd’hui que nous nous en rendons compte.

Cette année nous avons eu des élections, et je vous remercie d’avoir été attentifs aux résultats que nous avons obtenus. Comme vous savez, Moscou est ce que l’on appelle un « sujet » de la Fédération de Russie et son gouvernement, la Douma de Moscou, est formé de 45 députés. Jusqu’ici nous avions 5 élus (puis 4, quand un des élus a été nomme gouverneur de la province d’Orel), et maintenant nous sommes passés à 13. Mais le plus terrible est que nous aurions pu en avoir bien plus si on ne nous avait pas « volé » cette victoire. Voici en bref comment ça se passe, mais ce n’est qu’un exemple. Voici le candidat de mon quartier, à qui il a manqué seulement 26 voix pour être élu. Mais les falsifications, les manipulations ont commencé bien avant le jour des élections. Dès le début de la campagne, il y a eu des attaques contre les communistes. Par exemple on avait fait des panneaux, regardez, ils ont été lacérés avec des cutters, tagués, et là c’est un coup au-dessus de la ceinture, parce que son prénom est Serguei, et ils ont enlevé « Ser », la première syllabe, et il reste « guei », c.-à-d. que c’est un gay… Et ainsi tous les jours. Tous les jours nous affichions de nouveaux panneaux, et tous les jours ils étaient vandalisés. On a appelé la police, parce que c’était du vandalisme, du hooliganisme, mais les policiers disaient « mais ce n’est pas grave, ce sont des enfants qui font ça, des gamins ». Mais comment pourraient-ils être des enfants si même moi qui suis grande je ne peux pas atteindre cette hauteur ? Il est évident qu’il ne s’agissait pas d’enfants ni de voyous, c’était une attaque délibérée contre les communistes. Et même là où il y a des caméras de surveillance, parce qu’il y en a plein à Moscou, nous avons fait la demande pour obtenir les vidéos et trouver les coupables mais la réponse a été « on ne les a pas reçues ». Il faisait nuit, ou il y avait trop de soleil, ou il pleuvait, bref impossible d’avoir les images. Etc. Là c’était un tract proclamant « la communauté LGBT soutient le candidat communiste » puisqu’il est gay [ce qui est Russie n’est pas très bien accepté par l’opinion publique]. Et ici on a spécialement photographié ces jeunes « en pleine action ».

Et voici encore une autre question, un autre moyen pour limiter le score du KPRF. Vous savez qu’il existe un parti qui s’appelle « Communistes de Russie », constitué avec l’aide du Kremlin spécialement pour nous enlever des voix. Et ils réussissent. Parfois un ou deux pour cent. Il y a des gens qui ne savent pas très bien qui est le KPRF et qui sont les Communistes de Russie, c’est pourquoi ça marche malheureusement. Voici deux panneaux électoraux, à gauche le nôtre et à droite le leur. Comme vous voyez, ils sont presque identiques. Mais nous avions fait le nôtre une semaine avant, parce qu’il faut donner tous les documents à l’avance, respecter certaines conditions etc, et une semaine après voilà le leur. Autrement dit, la commission électorale a transmis nos documents aux autres. C’est la même chose pour les lieux de rassemblement de nos manifestations, tel jour à telle heure, ils envoient les informations à ces gens-là, et ils se mettent juste à côté de nous. Alors que, selon la loi, il est interdit d’avoir deux manifestations en même temps au même endroit. Par exemple quand on demande une permission pour un meeting on nous que répond que c’est impossible, parce que ce jour-là est justement prévue une compétition sportive, par exemple. Nous avons porté plainte pour plagiat, et qu’a répondu le juge – et le juge était tout seul, ce n’était pas une commission, il y avait un seul juge – il a dit que non, ce n’était pas du plagiat, le nom de famille n’est pas le même !

Ici vous voyez un exemple de la répression des manifestations à Moscou aujourd’hui. Les T-shirts que vous portez ici avec l’emblème de l’Union soviétique pourraient même vous attirer des ennuis à Moscou. Vous savez que cet été il y a eu beaucoup de manifestations à Moscou, certaines autorisées et d’autres non, parce que pour organiser une manifestation il faut faire la demande au plus tôt deux semaines avant et au plus tard 5 jours avant. Et en général on nous propose d’aller faire ce meeting dans un autre endroit, un peu plus loin, dans un parc, dans la forêt… il y avait un grand nombre de candidats, 96, qui n’avaient pas pu s’enregistrer. Et les gens sont sortis en masse dans les rues. Enfin, pour nous 20 000 à Moscou c’est beaucoup. Et donc une de ces manifestations s’est terminée par le fait qu’un millier de personnes ont été arrêtées par la police. Alors qu’ils n’avaient rien fait, c’était une manif complètement pacifique. Et ils sont restés au poste cinq-six heures, ce qui n’est pas très agréable, quand tu es menotté, embarqué dans les paniers à salade. Mais le but est d’intimider les gens, leur passer l’envie de descendre encore une fois dans la rue.
Cependant je suis très heureuse que notre mouvement se renforce, et que vous ayez envoyé une délégation à Moscou pour le centième anniversaire de la grande révolution socialiste d’octobre. Comme il est écrit ici : « Notre révolution ne peut être ni étouffée ni oubliée ». Pourquoi nous parlons de plus en plus de la révolution ? Voilà quelle était la situation en Russie à la veille de la révolution [image : les bateliers de la Volga]. Ce sont des femmes qui tirent des péniches chargées de bois, de charbon, ce qui donne une idée de l’état de mon pays avant la révolution. Et vous connaissez les succès qui ont été obtenus dans un laps de temps très bref entre la révolution et la Victoire contre le fascisme puis le vol de Gagarine dans l’espace. Malheureusement aujourd’hui on nous enlève toutes les conquêtes sociales que nous avions, l’année dernière il y a eu la décision d’élever l’âge de départ à la retraite, nous savons qu’en Europe l’âge est déjà très élevé, mais chez nous c’était 55 ans pour les femmes et 60 ans pour les hommes. Il n’y a pas tant de pays dans le monde qui peuvent se vanter d’avoir de tels avantages sociaux pour les personnes âgées. Il y a quelques années Poutine avait promis que tant qu’il serait président l’âge de la retraite ne bougerait pas. Mais il l’a fait. Et maintenant on se demande « peut-être n’est-il plus président ? ». C’est une blague bien sûr, le peuple russe adore les blagues, comme les Français je pense. Et ici on voit deux vieilles grand-mères, avec une légende : « Ils ont élevé l’âge du départ à la retraite. Alors avec ma copine on va au travail. On se souvient qu’on travaille, mais on ne sait plus où. »

Néanmoins notre lutte continue et dans toutes les formes possibles et imaginables, et une de ces formes ce sont les rallies automobiles, quand nous parcourons toute la ville avec des drapeaux. En tout cas, tant que la police ne nous embarque pas (sur la photo suivante on voit Tatiana dans le panier à salade avec ses amis). Je ris parce qu’à 55 ans, c’est la première fois de ma vie que je suis embarquée par la police. En général, dès que des drapeaux rouges sont déployés, la police arrive.
La diapo suivante montre un tableau avec la retraite moyenne (en euros) en Russie à gauche et en Estonie à droite. Ce qui est ironique ici est que sur la photo à gauche, les Russes portent des T-shirts « seulement Poutine ». Ici ce sont des chiffres moyens, à Moscou et Léningrad les retraites sont plus élevées, 100 – 150€. Dans certaines régions les pensions sont très basses, notre pays est grand et froid, il faut encore avoir de quoi acheter des vêtements d’hiver… cela n’empêche que la majorité des gens disent « seulement Poutine, et personne d’autre ».

Ici nous voyons une affiche de la campagne des présidentielles 2018 avec le programme de notre candidat Groudinine à gauche et à droite ce que Poutine proposait en tant que représentant du « parti du pouvoir », bien qu’il se défende d’être le candidat de Russie Unie. Et donc nous avons voulu montrer qu’il y avait une personne, Groudinine, capable de diriger une grande entreprise agricole, dans laquelle tous les bénéfices sont redirigés vers la satisfaction des besoins de ses employés. Vous pouvez facilement trouver des vidéos en cherchant sur You Tube « sovkhoze Lénine », où l’on présente les réalisation de cette entreprise unique qui a pu construire tout un « état social » pour ses travailleurs, avec deux écoles maternelles ressemblant à des châteaux de contes de fées, une école primaire et secondaire ultramoderne et magnifiquement équipée, etc. Comme on dit, il vaut mieux voir une fois qu’entendre cent fois… Il y a par exemple un mur d’escalade dans l’enceinte du lycée, lui-même se trouvant à l’intérieur du sovkhoze Lénine, des parcs, des étangs. Hier vous disiez à propos de l’écologie qu’il est impossible de la séparer de la politique et ce sovkhoze en est un bon exemple.

Des manifestations comme celles-ci avec de la musique etc. sont pour nous aussi communistes une grande source d’inspiration et d’enthousiasme. En effet dans la Russie actuelle les motifs d’enthousiasme sont plutôt rares. Bien sûr les rencontres comme celles d’aujourd’hui sont également une grande source d’inspiration car nous comprenons que nous ne sommes pas seuls, et vous non plus dans notre lutte commune.

Ici on a une comparaison entre les retraites moyennes en Russie (120€) et en Autriche, alors qu’eux n’ont pas de gaz, pas de pétrole et même pas de mer. Alors quel est leur secret ? C’est bien simple, ils n’ont pas Russie Unie !!! Leur politique est tellement désastreuse que lors des dernières élections parlementaires, ceux qui au fond d’eux-mêmes étaient Russie Unie, et on connaît bien leurs noms, se sont présentés comme « candidats indépendants », comme s’ils n’avaient aucun rapport avec ce parti. C’est-à-dire qu’ils ont honte eux-mêmes de ce parti, et savent qu’avec cette étiquette ils perdent leurs chances de gagner. Malheureusement, beaucoup d’entre eux ont tout de même un grand nombre de voix et ont pu être élus, en grande part à cause des falsifications, d’énormes falsifications à grande échelle. Tout d’un coup, on s’est aperçu qu’il y avait des centaines de personnes qui voulaient voter à domicile. Vous pouvez imaginer comment on transporte l’urne de maison en maison… et on obtient le résultat souhaité. On a essayé d’aller devant les tribunaux, et on continuera, nous avons des preuves que les listes ne correspondent pas, qu’il y a des fausses signatures, mais le tribunal dit que tout est normal, tout va bien. Voilà ce qu’est la démocratie bourgeoise et les tribunaux bourgeois.

Ici, nous voyons ce qu’est le salaire mensuel normal d’après les gens qui nous gouvernent : pour un retraité, nous avons environ 120€, et tout en bas, les « grands de ce monde » Gref (caisse d’épargne), Setchine (Rosneft – pétrole) et Miller (Gazprom), un million trois cent mille euros/mois !!! Voilà l’éventail des revenus (1€=70R). Il s’agit non pas des revenus de ces milliardaires, mais seulement du salaire qu’ils touchent mensuellement.

On peut voir sur ce tableau à qui appartient en réalité Rosneft, la Société pétrolière de Russie, avec les portraits des principaux actionnaires, Américains, Allemands, Qataris, et seulement quelques russes. C’es’ pour ceux qui croient encore que le pétrole, le gaz et l’aluminium russes appartiennent à la Russie. Nous avons parlé du caractère colonial du capitalisme en Russie, en voici une confirmation.
L’image suivante est un dessin qui se passe de commentaire : il suffit qu’une personne se lève pour combattre et tous se soulèveront pour chasser leur bourreau.
Je vous ai déjà parlé de la République de Donetsk, où les communistes connaissent des conditions encore plus dures que les nôtres. Boris Litvinov a déjà subi cinq tentatives d’assassinat. Cet été par exemple, des explosifs ont été placés sous sa voiture, l’an dernier c’est le siège du Comité central du Parti communiste qui a été touché par une explosion, en février c’est sa maison qui a été incendié, juridiquement c’était le siège du Parti communiste, et comme il n’y a plus de maison le parti n’est plus enregistré officiellement. C’est tout à fait par hasard que Boris Litvinov a découvert les explosifs placés sous sa voiture, il a reculé tout doucement et ayant entendu un bruit suspect s’est arrêté. Apparemment un des fils n’avait pas été bien fixé et comme on le voit sur les images des caméras de surveillance, l’individu, un jeune homme avec la tête couverte par une capuche, a été surpris par une voiture venant en face et n’a pas eu le temps d’installer tout correctement.
Images suivantes : Valéry Rachkine, premier secrétaire du KPRF pour la Région de Moscou, reçoit Marianne Dunlop, nous avons eu une bonne discussion, malheureusement limitée dans le temps, mais c’était un pas de plus dans le renforcement de nos relations d’amitié. Puis Boris Litvinov, avec qui Marianne a également fait connaissance cet été

Ici une manifestation du Parti communiste à Donetsk, à côté de moi on voit Renate Koppe, membre du CC du DKP, qui soutient notre parti et d’ailleurs en ce moment même participe aux célébrations du 5ème anniversaire de sa fondation à Donetsk. Puis la manifestation du Premier Mai, où vous pouvez voir le drapeau des Brigades internationales, dont se souviennent bien ceux qui faisaient partie de la délégation à Moscou pour le centenaire d’Octobre. Ma fille se tient à mes côtés, la nouvelle génération qui reprend le flambeau, et Sergei Timokhov qui n’a pas pu venir parce que le travail à la Douma de Moscou s’est considérablement accru suite au succès électoraux que nous avons évoqués (passage de 5 élus à 13 élus !).

J’ai apporté quelques numéros récents de la Pravda de Moscou : un article du 1er octobre qui relate l’action des hôtesses de l’air. En Russie le mouvement syndical n’est pas encore aussi puissant qu’en Europe ou en Amérique latine, mais il se renforce peu à peu. Vous savez dans quelles conditions difficiles travaillent les hôtesses de l’air, et voilà qu’elles perdent des avantages auxquels elles avaient droit, de plus leurs heures supplémentaires ne sont pas toujours payées. Elles ont fait grève, et le 23 septembre, une dirigeante syndicale a même déclaré une grève de la faim. Vous imaginez à quel point de désespoir sont poussés les gens, si une femme est obligée de faire la grève de la faim. C’est pourquoi je souhaiterais que vous lui envoyiez une motion de soutien pour qu’elle ne se sente pas seule dans cette lutte.

Excusez-moi si j’ai été un peu longue, mais je répondrai avec plaisir à toutes vos questions (applaudissements).

Réponses aux questions

Sur les résultats des élections : les scores les plus élevés ont été remportés par Goubenko (61%) et Léonid Ziouganov, le petit-fils de Ziouganov (61%), tous les autres sont à 48%, 47%... Goubenko, c’est un célèbre réalisateur et acteur de l’époque soviétique qui est traditionnellement soutenu par les Moscovites. Léonid Ziouganov fait ses premiers pas d’une manière assurée, et son score est éloquent. Mais la lutte a été dure, même pour eux.

Maintenant, la question des syndicats. Il n’y a pas chez nous de syndicats comparables aux vôtres. Les hôtesses de l’air par exemple, elles se mettent en lutte à quelques dizaines, et voilà tout le syndicat, ce ne sont pas des milliers de syndiqués comme en France. Le syndicalisme commence seulement à se mettre en place. La raison principale est que les Russes n’ont pas l’habitude de défendre leurs droits, puisqu’à l’époque soviétique ce n’était pas nécessaire : le Parti, le gouvernement faisaient tout pour satisfaire les besoins des travailleurs, la journée de huit heures, tous les avantages sociaux, au contraire le syndicat travaillait main dans la main avec le parti et avec les organes d’état, il y avait des centres de vacances, des camps de pionniers, tout cela gratuit… On commence seulement à se battre mais c’est très dur car tout de suite les mouvements sont réprimés. Le jour est ce journal est paru, cette hôtesse de l’air a été licenciée parce qu’elle se bat pour ses droits. Et voyant cela, les gens ont peur tout simplement.

En ce qui concerne la Sibérie effectivement, nous sommes très heureux de la réélection de notre camarade, le maire de Novossibirsk qui présente un excellent bilan de son premier mandat dans le domaine social et le développement économique de la ville, ayant affecté une part importante du budget dans la création d’entreprises créant ainsi des postes de travail, car il faut savoir qu’en Russie le chômage est un gros problème. Quant au Gouverneur de la Région d’Irkoutsk, un communiste aussi, il a beaucoup de difficultés, étant sans cesse attaqué. Vous avez entendu parler des inondations dans la région… ici un article raconte que dans certaines villes le niveau de l’eau a atteint 18 mètres ! Regardez le plafond, imaginez, c’est à peu près le double de la hauteur. Les raisons des inondations sont plusieurs, en rapport aussi avec l’écologie et la politique. Premièrement, à l’époque soviétique, on accordait une grande attention au nettoyage du lit des rivières. Malheureusement cela ne se fait plus et tout le matériel a été détruit. D’autre part 80.000 employés forestiers ont été licenciés, ce sont eux qui entretenaient les forêts et les gardaient en bon état. Aujourd’hui on autorise les constructions en zones inondables et on laisse sans surveillances les forêts qui sont livrées aux pilleurs de bois. Des bruits ont couru que les pluies avaient été provoquées artificiellement pour éteindre les incendies !

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