Laurent Brun explique son choix pour le congrès

, par  levenissian , popularité : 8%

Je voterais pour « un Manifeste du Parti Communiste du 21è siècle » comme base commune de discussion.

En 22 ans d’expérience militante, que ce soit dans des structures associatives, le syndicalisme étudiant ou le syndicalisme salarié, l’activité de la JC, la vie d’une cellule ou d’un collectif thématique du PCF, j’ai toujours constaté qu’une volonté ferme pouvait changer la situation même la plus difficile. Et lorsque plusieurs volontés fermes s’associent, alors elles sont capables de progrès rapides et importants.

Aujourd’hui, le fatalisme triomphe partout, notamment parmi les salariés. Les luttes sont peu nombreuses, ne convergent pas et peinent à être victorieuses. Le mécontentement est généralisé mais les capitalistes sont parvenus à si bien diviser, isoler, et déprimer les citoyens, que ces derniers abandonnent même les espaces d’expression dont ils disposent encore. L’abstention progresse, l’engagement recule, et la frustration qui nait de cette situation débouche sur le développement des populismes.

Comment ne pas faire le parallèle entre cette situation et le fait que le Parti Communiste a baissé les bras ?

Partout il conserve des forces importantes et des militants de valeur, j’en ai rencontré beaucoup. Les communistes conservent également de l’influence ou au moins de la sympathie dans les milieux populaires.

Pourtant le Parti Communiste ne cesse de s’affaiblir et chacun de ses choix semble démontrer qu’il n’a plus confiance en lui-même, qu’il ne sait plus quel sens donner à son existence. La faiblesse nourrit l’inaction, qui nourrit à son tour la faiblesse.

Il faut sortir de ce cercle vicieux.

Nous avons besoin d’un Parti Communiste fort. Ce n’est pas par sentimentalisme vis-à-vis de cette structure, par reconnaissance historique, ou par nostalgie. C’est bien pour le rôle que ce Parti doit jouer, qu’il doit à nouveau assumer.

Les communistes, grâce à la science des idées, donnent à voir et à comprendre l’injustice du système capitaliste et les alternatives possibles. Grâce à la science de l’organisation, ils permettent l’action collective pour peser sur la réalité.
Le Parti Communiste est l’outil qui fait reculer le fatalisme de ceux qui sont exploités et privés de pouvoir. Il est l’outil qui aide à forger les volontés fermes.
Dans la situation d’aujourd’hui il est donc, encore plus que par le passé, le remède dont la société a besoin.

Mais encore faut-il qu’il décide de l’assumer à nouveau.

Dans la dernière période, le mouvement des cheminots a souvent été cité en exemple. Il n’est pas venu par hasard. Il est le résultat d’efforts militants amplifiés par une structuration efficace, d’une bataille idéologique intense sur la réforme ferroviaire et les autres choix possibles, d’une stratégie pensée à partir du fatalisme ambiant pour arriver à le dépasser.

Je suis communiste et c’est mon rôle de pousser dans ce sens.
Je suis syndicaliste et j’aimerais que mon Parti m’aide à réfléchir à ces arguments, ces stratégies, ces tactiques, ces modes d’organisation qui permettent de mieux lutter. S’il le faisait, cela contribuerait à ce que les luttes soient plus fortes et plus nombreuses.

« Marcher sur ses deux jambes » n’est pas qu’une affaire de cartes.

De la même manière, la « convergence » ne se décrète pas, elle se construit. Le Parti Communiste soutient les luttes. C’est bien. Mais ce n’est pas suffisant. En se cantonnant à cela, il se comporte en « syndicat bis ». Son rôle c’est de donner à voir ce qui fait système dans tous les sujets qu’affrontent les salariés. Nous sommes rivés à la lutte contre une réforme, un plan social, ou encore nos revendications salariales, chacun dans son entreprise, Or ces réformes, ces plans sociaux, la pression contre le « coût du travail », tout cela est imbriqué. Par exemple, quand le Gouvernement propose que les lycéens construisent leur savoir selon des « blocs de compétences » et non plus des savoirs généraux, et que dans le même temps le patronat ne veut plus reconnaître les métiers dans les conventions collectives mais plutôt des « blocs de tâches », il y a là une convergence qui vise au final à faire baisser le salaire. Le rôle du Parti est de montrer ces liens, de construire des campagnes qui fassent progresser cette conscience et qui permettent d’aller au-delà de l’action syndicale.

Je ne crois pas que le texte proposé par une partie du Conseil National soit utile à créer les débats dont nous avons besoin. Il ne revient pas réellement sur les causes de nos revers et de notre effacement. Que ce soient les solidarités de gestion dans les exécutifs qui nous ont amené à soutenir des politiques libérales (ouverture du capital d’Air France par exemple) ou les stratégies d’unions hasardeuses de ces dernières années, il y a beaucoup à analyser et à changer. Ce texte survole la situation internationale, qui est pourtant riche d’expériences remettant en avant la perspective du socialisme (amérique du sud, angleterre, Etats-Unis !) et d’autres expériences donnant à des partis authentiquement marxistes une influence grandissante (Belgique, Portugal, Japon…). Il n’apporte aucune analyse sur les raisons de la situation du mouvement social, ne donne aucune piste sur les efforts d’organisation dont nous avons besoin, n’affronte pas les divergences sur la question européenne, etc. Il comporte trop de manques et pas assez de propositions opératoires pour être le socle de la discussion d’un congrès de renouveau.

Je choisi comme base commune « un Manifeste du Parti Communiste du 21è siècle » parce qu’il répond mieux à mes interrogations et à mes attentes.
La démarche de construction du texte est elle-même porteuse d’espoirs : des communistes qui n’ont pas exactement les mêmes points de vue sur tout ont dépassés leurs divergences pour faire à nouveau Parti, tenter de se doter d’orientations communes. Il est donc possible de ressouder notre organisation et d’en refaire une force qui

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