Les communistes du Rhône conforte le manifeste... au tour des délégués d’Evry de réussir un congrès extraordinaire !

, par  pamillet , popularité : 30%

Les 14 délégués des communistes de Vénissieux à la conférence départementale du PCF du Rhône ont pleinement contribué à une conférence qui conforte la base commune issue du manifeste qu’ils avaient très largement choisi. Le texte amendé a été adopté à 82% des exprimés, vote salué par une internationale symbolique de l’unité des communistes.

Comme le souhaitait les initiateurs du manifeste, les communistes se sont emparés de ce projet dans une discussion qui a occupé l’essentiel de la conférence, une discussion construite à partir d’un travail important de la commission des textes qui avait reçu plus de 400 amendements des différentes sections. La grande majorité des propositions visaient à préciser et enrichir le manifeste. Ceux qui voulaient le remettre en cause n’ont pas été retenus, même quand ils étaient soumis au vote de la conférence à la demande de leur auteur ou de sa section.

Au total, ce sont 98 amendements, qui regroupaient souvent plusieurs amendements proches de sections différentes, qui ont été débattus du vendredi soir au samedi soir, plus de 12 heures de discussion. La plupart des amendements retenus par la commission ont été largement adoptés, avec des modifications discutées en séance, aboutissant à un texte que les initiateurs du manifeste initial ont salué comme un succès de leur démarche visant à l’unité la plus large des communistes pour une réorientation politique de leur parti.

La discussion a confirmé l’importance d’un bilan stratégique des choix de ces dernières années. Si beaucoup de discussions montrent la nécessité de mieux comprendre l’histoire du PCF, ses choix successifs, l’importance des socialismes du 20ème siècle et de la défaite finale de l’URSS, elles aboutissent au constat que nos difficultés sont bien actuelles, liées à notre difficulté à porter un choix communiste dans le monde actuel, celui du capitalisme mondialisé et de ses dérives fascistes et militaristes. De ce point de vue, les derniers congrès n’ont pas donné aux communistes une orientation leur permettant de jouer leur rôle dans les luttes et le rassemblement populaire et il est urgent d’ouvrir le chantier d’une réorientation.

Conférence fédérale du Rhône : 16, 17,18 novembre 2018, Vénissieux

Ce bilan est indispensable d’autant plus que tous les communistes ont conscience de l’affaiblissement de leur parti et de son influence. La conférence fédérale elle-même l’illustrait, avec 111 délégués motivés et engagés, mais avec une majorité d’hommes, un age moyen au-delà de 40 ans, et peu d’ouvriers ou d’habitants des quartiers populaires. De ce point de vue, la délégation Vénissiane aurait pu être plus importante, d’abord parce-qu’elle était à parité, avec une composition sociale à l’image de la ville [1] mais surtout parce-que sa place dans la conférence ne reflétait pas son poids politique dans le département, Michèle Picard apportant 27% des voix communistes du Rhône aux législatives de 2017, 20% sur la seule ville de Vénissieux.

S’il y a toujours des adhésions, notamment de jeunes ou de militants d’entreprises à la recherche d’un parti politique du monde du travail éclairant les luttes et menant la bataille d"idées pour l’unité du monde du travail, ce renforcement se traduit peu en renouvellement des directions, et c’est une partie importante du bilan nécessaire. Malgré les efforts de relance de la formation des militants, il reste difficile de relever le défi de l’éducation populaire face aux idées dominantes que portent toutes les autres forces politiques les institutions et les médias, face aux idées faciles des réseaux sociaux, à la perte de référence marxiste y compris dans le mouvement syndical.

Chacun comprend que c’est l’enjeu du congrès national qui s’ouvre ce 22 novembre à Ivry. Comme le montre l’interview de Pierre Laurent dans l’Humanité de ce 19 novembre, personne ne peut plus contester la forte demande militante d’une réorientation, et donc d’un changement visible dans le texte de congrès, dans les messages politiques qui seront mis en avant, et donc dans la direction qui sera élu. Mais Pierre Laurent continue à insister sur l’idée qu’il ne faudrait pas trop changer, qu’une continuité de direction serait nécessaire à l’unité des communistes. Pourtant, ce qui serait terrible pour l’unité des communistes, ce serait de casser l’élan qu’a créé le manifeste, de ne pas entendre la demande de réorientation à partir d’un vrai bilan.

La fin de la conférence fédérale a été marquée par ce débat sur les directions, et il a été plus difficile que sur le texte de trouver les décisions qui rassemblaient une large majorité. La proposition de la direction sortante pour la délégation au congrès a ainsi été refusé très nettement par la conférence (66% des exprimés contre), ce qui a conduit à un vote très juste sur une délégation modifiée, prenant mieux en compte le vote du texte de la veille.

Dans le débat, quelques communistes évoquaient le risque de "procès" de Pierre Laurent, proposant une direction "bicéphale". Mais choisir un nouveau dirigeant ne nécessite aucun procès des anciens ! C’est la vie normale d’une organisation dans un congrès, et la seule chose qui devra guider les délégués à Evry, c’est de réussir un congrès extraordinaire que les communistes pourront porter dans le monde du travail et les milieux populaires. Tout ce qui apparaitrait comme des logiques d’appareil, de places, de personnalité, est à rejeter avec détermination. Le congrès ne doit faire le procès de personne, n’exclure personne, mais il doit renouveler profondément la direction, de manière visible, pour réussir la réorientation nécessaire et demandée par les communistes.

[15 ouvriers, 4 employés, 2 enseignants, 3 cadres

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