Le Front de gauche contre le PCF

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Alors que le mauvais feuilleton de la négociation s’est terminé dans les derniers instants avant le meeting national de lancement, les objectifs réels de l’alliance conclue avec Jean-Luc Mélenchon apparaissent de plus en plus au grand jour. Celui-ci l’éclairant pas sa déclaration sur Canal « Le temps de la cuisine est en train se s’achever, on va passer à table ».

Quelle est la nature de l’alliance avec Mélenchon ?

A ce jour, les militants ne connaissent toujours pas l’ensemble des éléments pour toute la France, ce qui est déjà en soi inacceptable. Mais ce que nous savons est déjà instructif : 5 têtes de liste régionales pour le PG dont Rhône-Alpes et au moins 19 têtes départementales, le Midi Pyrénées à la gauche unitaire. L’espace cédé au Front de Gauche et à la gauche unitaire est totalement disproportionné à la réalité des forces en présence. C’est une belle aubaine pour ces partis dont le PCF fait largement les frais. Jean-Luc Mélenchon s’est servi de l’Île de France et de l’impatience de Marie-Georges Buffet à imposer Pierre Laurent pour obtenir ce qu’il voulait dans les régions. Il garde le beau rôle, celui de grand porte-parole du Front de gauche et il a les mains libres pour préparer les présidentielles, que les résultats des régionales soient bons ou mauvais. Les directions promettent des élus en nombre. La réalité sera sans aucun doute beaucoup moins glorieuse et le risque de perdre des élus communistes est réel.

Il se confirme bien qu’il y a double négociation : une première avec le PG qui conduit à baisser la barre et il y aura dans la majorité des régions, une deuxième négociation avec le PS où il faudra de nouveau composer. Ne perdons pas de vue que ce sont les têtes de listes qui négocient, donc dans plusieurs régions nous ne serons pas maîtres de ces négociations de second tour.

Il faut beaucoup d’aveuglement pour penser que tout cela conduira à une meilleure visibilité du PCF !

Pour faire la place au PG et autres, le PCF accepte dans plusieurs régions et départements des têtes de listes largement inconnues, au détriment de candidats communistes reconnus et populaires.

Cette situation n’est pas sans rappeler ce qui s’est passé au moment du programme commun où, au nom de l’unité et de la dynamique, nous avons fait exister le parti socialiste dans des villes où il était hors circuit... On connait la suite.

Nous reproduisons une conception dépassée, celle d’une union de sommet, très éloignée du rassemblement populaire nécessaire. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. La direction du PCF nous enferme dans un nouveau piège.

Le front de gauche pour s’émanciper du PS ?

Cet argument a conduit de nombreux camarades à accepter malgré tout une alliance dont il n’avait guère envie.

Nous sommes bien placés en Rhône-Alpes pour savoir que cette affirmation d’émancipation d’avec le PS reste superficiel.

En effet alors que nous partons avec le PG aux régionales, nous restons largement soumis à Collomb à Lyon et dans l’agglomération et la situation est identique avec Delanoé en région parisienne.

Au point que nous finissons par nous demander si Marie-Christine Vergiat aux européennes et Elisa Martin aux régionales n’ont pas été choisies surtout parce qu’elles ne dérangeaient pas le PS et que cela nous évitait de nous frotter trop fort à Collomb et Queyranne. Ces deux « personnalités » viennent bien toutes les deux du PS, la première du cabinet ministériel de Martine Aubry, la deuxième élue à la région sur une liste PS.

D’ailleurs, c’est bien du PS que vient Mélenchon et ses vertus radicales supposées s’illustrent entre autres dans sa volonté affirmée (cf son blog) de faire des verts la pierre angulaire de la nouvelle gauche. Pour mémoire, les verts ont appelé à voter pour la constitution européenne.

Enfin, nous n’avons de cesse d’expliquer que nous rejoindrons le PS au second tour jusqu’à l’exécutif et quand nous ne le disons pas, c’est Mélenchon qui dit sa préférence pour les verts dont chacun sait combien ils sont plus de gauche que le PS.

Avec le Front de gauche, le PCF continue de tourner le dos à son indépendance.

La liquidation du PCF se poursuit

Au dernier congrès, la direction du Parti a bien dû faire avec la volonté des communistes de continuer le PCF. Mais nous constatons à ce jour que les actes n’ont pas suivi. Un seul exemple : la fameuse commission de transformation du PCF chargée de travailler à de nouveaux statuts s’est réuni deux fois en un an et encore en comité restreint la première fois.

Dans les réunions qui ont débattu des listes aux régionales, des camarades, souvent par ailleurs dirigeants finissent par se lâcher sous le feu des questions. « Ce n’est pas si grave d’avoir moins d’élus communistes si il y en a plus du Parti de gauche », « on est bien content en Rhône-Alpes d’avoir une élue européenne » au sujet de M.C. Vergiat, « de toutes façons, tout seul on est trop faible », « vouloir se présenter sous nos couleurs aux élections, c’est du repli »...toute une série d’arguments ont ainsi été avancé nourrissant l’idée que le PCF n’avait plus les forces de s’en sortir, au mépris d’ailleurs de la réalité de la vie de parti et des résultats des dernières années des candidats du PCF aux élections législatives et cantonales.

La volonté de casser les pôles de résistance à la stratégie de dilution du PCF s’illustre dans de nombreux exemples.

Ainsi dans le Pas-De-Calais,lors de la municipale d’Avion, Marie-Georges Buffet soutient le candidat du maire démissionnaire contre Cathy Apourceau, désignée par la section et la fédération. Un zèle étonnant quand on compare avec ce qui s’est passé en Isère pour la législative de Saint-Martin-d’hères !
En Rhône-Alpes, où la volonté de listes communistes de large rassemblement s’est fortement exprimé, la direction impose une tête de liste Front de gauche, qui plus est de Saint-Martin-d’Hères, ville où les communistes se sont largement prononcés pour des listes du PCF.

Dans le Var, les communistes acceptent de partir front de Gauche avec leur secrétaire fédéral tête de liste. La direction, lors des négociations finales cède cette tête de liste au PG.

En Languedoc-Roussillon, l’unité des communistes se réalise pour rompre avec Frêche, là encore la direction ramène une tête de liste PG.

En Midi-Pyrénnées, riche de camarades d’expérience, la tête de liste est donnée à Christian Piquet, pour la « dynamique », faisant ainsi vivre nationalement une structure qui n’a aucune réalité militante, Christiant Piquet étant par ailleurs recruté comme assistant au Parlement européen d’un élu PCF !

Les exemples sont nombreux pour illustrer ce mépris, cette agressivité contre les communistes qui résistent.

Ainsi, les locaux des sections parisiennes "dissidentes" sont vendues Manu Militari au mépris du droit des adhérents. Et à Strasbourg, ce sont deux jeunes adhérents du MJCF qui sont exclus selon des méthodes d’un autre âge.

La direction se soucie si peu du PCF et de son organisation qu’elle laisse se multiplier les situations de divisions électorales. Après la perte d’un député dans l’Isère avec deux candidatures, le soutien d’un partie du conseil national à José Bové aux présidentielles, on aura dans plusieurs régions des candidats PCF sur plusieurs listes ! Et le PS pourra faire son marché à sa convenance pour le 2eme tour !

L’organisation d’un congrès au pas de charge en juin s’inscrit dans cette volonté de tétaniser les communistes. Refusons ce diktat que rien ne justifie !
Le front de gauche devient une arme pour liquider ceux qui défendent un PCF de combat, révolutionnaire.

Faire vivre et renforcer le PCF

Il ne paraît plus guère utile aujourd’hui de débattre de notre attitude pour les régionales. Que chacun fasse au mieux là où il est.

Il faut être attentif aux résultats de régions qui portent la résistance.C’est le cas de la liste conduite par Alain Bocquet dans le nord-Pas-de-Calais.Avec leur liste de rassemblement grand angle dont le PCF est franchement moteur, les camarades portent la visibilité du PCF.
A noter aussi ce qui se dessine en Franche-Comté où les communistes pourraient finalement partir avec des listes communistes !
Dans le Rhône, plusieurs militants sont prêts à aller donner un coup de main à ces camarades !

Il est urgent de sortir du piège dans lequel le front de gauche enferme le PCF : Peu à peu se crée une nouvelle force politique, entièrement tournée vers les institutions qui tourne le dos à l’identité du PCF et à son histoire, celle d’un parti marxiste populaire et étendant son action bien au delà du champ électoral.

Les militants voient bien se profiler le risque de renoncement à présenter partout des candidats communistes aux législatives. Quant aux présidentielles, Jean-Luc Mélenchon ne cache pas ses ambitions alors que nos dirigeants ne cachent pas leurs renoncements.

Au dernier congrès, 40% des communistes ont refusé cette fuite en avant vers une nouvelle force politique dans laquelle le PCF ne serait au mieux qu’une organisation « croupion ». Et la majorité des communistes s’est prononcée pour faire vivre le PCF.

Partout, nous devons faire vivre et agir les organisations du PCF dans la braise de la résistance au capital.

Construire la résistance populaire

La capital attaque tous les aspects de la vie pour les marchandiser. Dans les cités comme dans les entreprises les coups pleuvent contre le monde populaire.

Prenons des initiatives larges et rassembleuses contre les licenciements pour la défense de l’emploi, pour les services publics de la santé, de la poste, de l’école et des transports, pour défendre le logement social, pour construire de la solidarité là où la bourgeoisie impose le chacun pour soi.

Empêchons le coup d’état de Sarkozy contre la république avec sa réforme des collectivités territoriales. Comme le dit Anicet Le Pors : « Le triptyque : communes-départements-nation est historique, il structure politiquement le pays.

Le triptyque : agglomérations-régions-Europe est à dominante économique. Le choix est clair, il s’agit de soumettre l’organisation de la société aux besoins du capital et d’éloigner les lieux de décision des citoyens tout en les opacifiant.

Certains nous disent, c’est trop compliqué pour les gens. Mais les gens ont compris l’enjeu du traité constitutionnel et en votant contre ils ont déjà dit NON à cette réforme.

Si nous pouvons montrer de manière concrète ce que veut dire cette réforme des collectivités, alors nous pourrons construire en bas malgré le blackout médiatique et le consensus politique, un protestation populaire qui fasse trembler les rapports de forces. L’hypothèse d’un référendum n’est pas impossi ble et alors, tout peut se produire. Dans cette bataille, nous pouvons construire un rassemblement du peuple qui donne toute sa légitimité au PCF et rende illégitime la démarche du Front de gauche. Passons à l’offensive !

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