Contribution collective soumise à signatures

, par  communistes , popularité : 3%

Nous publions ce projet de contribution collective, à l’initiative de plusieurs responsables d’organisations du PCF, et nous appelons à le signer et à le faire signer très largement.

Nous souhaitons que les camarades nous fassent part de leurs remarques sur ce texte-des ajustements restent possibles- et nous publierons toutes les réflexions qui nous parviendront et qui sont une richesse pour le PCF.

En effet, cette contribution ne prétend pas boucler le débat mais au contraire vise à ouvrir et nourrir le débat des communistes au delà du cadre étriqué des textes officiels et à fournir un outil aux communistes pour cela dans les conférences de sections et départementales.

Préambule

Le congrès « d’étape » des 18,19 et 20 juin ne suscite que peu d’intérêt pour les communistes. Les délais trop courts, l’absence de possibilité statutaire d’amendements sur une base commune ou de dépôt de textes alternatifs renforce le désintérêt des communistes.

Le parti et ses militants ont vécu de manières diverses et contrastées les résultats des élections régionales mais le constat général est celui, démobilisateur, d’un nouvel affaiblissement de l’influence communiste dans notre pays.

Le départ de certains responsables du CN de différentes sensibilités renforce encore ce sentiment, d’autant que la question de l’effacement du PCF ou de sa dilution dans le Front de gauche aiguise encore ce malaise face à une direction qui semble ne plus croire à la perspective d’un parti communiste influent dans notre pays pour changer de société.

Les changements de stratégie électorale incessants et les multiples échecs depuis la présidentielle de 2007 creusent le fossé entre la base et la direction.

Les choix stratégiques à court terme, les changements successifs de nos modes de fonctionnement depuis Martigues sont, au vue de l’expérience, à chaque fois un échec ne permettant plus d’instaurer une confiance entre les militants et la direction.

Les stratégies purement électorales doublées de l’absence d’un projet communiste de transformation de la société capitaliste n’aident pas les communistes dans leur intervention quotidienne sur le terrain.

Actions et rassemblement autour d’un projet communiste sont d’autant plus nécessaires qu’avec la crise les contradictions du capitalisme s’aiguisent.

C’est pourquoi partant du constat, que chacun peut faire, de l’absence de projet communiste dilué dans une « visée communiste » incompréhensible pour les militants, nous soumettons une résolution collective qui doit permettre d’instaurer un vrai débat démocratique d’ici le congrès statutaire de juin 2011.

Cette résolution appelle les communistes à travailler à un projet communiste dont ils sont orphelins face la crise du capitalisme qui peut, si nous n’y prenons garde, renforcer les peurs et le fatalisme et engendrer, au niveau européen, une politique du « talon de fer » qui ramènerait toute l’Europe aux pires heures de son histoire.

Ce qui doit et peut rassembler la famille communiste dans son ensemble c’est, d’abord et avant tout, la rupture avec une conception « électoraliste du rôle du PCF » dans la société française afin d’inscrire dans les luttes sociales et politiques le chemin d’une société débarrassée de l’exploitation de l’homme par l’homme.

Faire vivre et renforcer le PCF

Au 34ème congrès, un grand nombre de communistes se sont exprimés pour des textes qui portaient l’exigence de faire vivre et renforcer le PCF et s’inscrivaient dans la théorie marxiste. Ils ont ainsi permis que soit clairement prise en compte la volonté de poursuivre le PCF, conformément à l’assemblée des militants de section de décembre 2007. Avec force,suite à cette victoire, la majorité des communistes rejeté la métamorphose.

Cette volonté ne doit plus être remise en cause aujourd’hui. Il est de notre responsabilité de la faire vivre dans les conditions actuelles de la lutte des classes.

Le « congrès » des 18, 19 et 20 juin prochains permettra t-il d’avancer dans ce sens ?

La réponse n’est pas écrite d’avance.

Ce congrès dit d’étape doit permettre de faire le point sur la mise en oeuvre de l’orientation stratégique du Front de gauche, d’ouvrir la réflexion sur les échéances électorales à venir, d’adopter une feuille de route sur les transformations de notre parti, de procéder au changement de secrétaire national.

Nous partageons l’avis de nombreux camarades, et notamment la déclaration des 7 secrétaires fédéraux : les délais impartis pour ce congrès ne permettent pas le débat nécessaire en profondeur dans le Parti.

Nous l’avons dit dans le préambule, ce congrès est un déni de démocratie, tout est fait pour que les communistes ne s’en mêlent pas !

Pourtant, au travers de ce congrès d’étape, des décisions vont être prises qui pèseront lourd pour l’avenir du PCF. Nous appelons donc les communistes s’en mêler, de toutes les manières possibles, pour qu’un véritable débat s’installe sur tout ce qui est décisif aujourd’hui pour la transformation révolutionnaire de la société, pour construire une issue face au capitalisme ravageur.

Le texte « Faire vivre et renforcer le PCF » reste pour nous une référence toujours d’actualité. Lors de ce congrès précipité nous souhaitons pointer les questions essentielles, permettre que les débats entre communistes - depuis les conférences de section jusqu’au congrès national - actent les décisions permettant de faire vivre et renforcer le PCF,

La crise et ses effets 

Chacun constate autour de lui les ravages d’une crise née de la logique du profit capitaliste, crise que les gouvernements de tous les pays d’Europe s’accordent à faire payer aux peuples. Cette crise confirme ce que nous savons du capitalisme : c’est un système prédateur, générant des crises cycliques au détriment des peuples, porteur de menaces pour la paix dans le monde.

Une analyse détaillée de la société, de ses mutations, de ses violences, du désespoir, du repli sur soi, de l’abstention populaire grandissante, mais aussi des résistances, des solidarités, des potentialités d’interventions citoyennes s’impose.

Nous considérons que nous vivons une étape nouvelle de l’affrontement de classe, une contre-offensive du capitalisme visant à porter au paroxysme l’exploitation de l’homme et la marchandisation de toute l’activité humaine.

Les solutions à la crise ne peuvent se limiter à des moments électoraux, les luttes occuperont un rôle décisif.
Les exploités, jeunes, vieux, femmes, hommes, salariés du public ou du privé, chômeurs, pauvres et précaires ressentent le besoin d’un projet politique organisant la rupture avec le capitalisme. Ils se sentent aujourd’hui paralysés par cette absence de projet.

L’union européenne, outil du capital, carcan pour les peuples

Depuis l’euro jusqu’à la Grèce, il apparait de plus en plus clairement que l’Union européenne est l’outil privilégié du capital pour imposer sa dictature. La possibilité de la transformer apparaît de plus en plus impossible aux yeux des peuples qui font l’amère expérience que les institutions européennes sont les instruments du capital contre leur souveraineté nationale. Sans dépassement de ce carcan, l’Europe sociale est plus que jamais un leurre !

Ouvrir une perspective crédible, c’est dire qu’un gouvernement qui voudrait prendre des mesures vraiment à gauche devra se soustraire aux lois et traités européens, en commençant par quitter la zone euro.

Qui plus est, la privation pour les parlements nationaux du droit de voter librement leur budget est un nouvel abandon de souveraineté suicidaire pour la France. Le PCF demande un référendum sur cette question essentielle du vote du budget de la nation.

Il est temps de (re)parler du socialisme

Nous ne pouvons pas limiter notre horizon aux institutions présentes et à tla tentative de réformer le capitalisme. Il n’y aura pas d’issue à la crise sans une rupture complète avec le système capitaliste et sans mise en place d’un nouveau mode de production conduisant à un nouveau type de société.

Battre le capitalisme, c’est reprendre le drapeau du socialisme pour le 21 ème siècle, définir d’une manière identifiable, lisible et accessible pour tous ce que pourrait être une nouvelle société débarrassée de l’exploitation de l’homme par l’homme.

Ce chantier du socialisme doit s’ouvrir rapidement. Les jeunes communistes nous ont montré courageusement la voie à leur congrès du printemps dernier.

Des éléments de réflexion pour savoir où en est le PCF

Tout d’abord une analyse détaillée de la dernière séquence électorale s’impose. On nous dit que le Front de gauche s’ancre et s’enracine, que sa démarche est un succès. Mais notre parti a perdu la moitié de ses élus régionaux et nous ne sommes pas parvenus réellement à incarner le vote sanction contre la politique du pouvoir, ni le relais politique des luttes. Dans plusieurs régions, des communistes reconnus ont du céder la place à des partenaires moins légitimes aux yeux de la population. Le Front de gauche a-t-il contribué à renforcer le poids de PCF dans la société ou au contraire à effacer notre parti ? A-t-il ouvert une perspective de changement ?
Il faut répondre à cette question avant de valider la poursuite de cette stratégie ou d’y renoncer si elle s’avère mortifère pour le PCF.

Les communistes ont aussi besoin de savoir où en est leur organisation. Au-delà du nombre d’adhérents, combien de fédérations, de sections, de cellules ? Quelle implantation dans les quartiers populaires, les entreprises publiques et privées, quelle sociologie des adhérents et des dirigeants ? Quels efforts réels, quelles expériences pour faire vivre et renforcer le PCF ?
Nous constatons que, plus d’un an et demi après le 34 ème congrès, et malgré ses décisions, il n’y a pas eu de travail réel de la direction sur ces questions. Cette situation ne saurait perdurer.

Alors que ce congrès se propose d’entamer un nouveau chantier de transformation du parti, quel bilan tirons-nous des décisions de Martigues, particulièrement de l’abandon des cellules ?
Les transformations évoquées s’inscrivent-elles dans la continuité de ce congrès considéré comme le congrès du renoncement ou veut-on en finir au contraire avec cette idéologie de la fin du PCF ?
Il est plus que temps d’en discuter franchement.

Reconstruire l’organisation communiste pour le combat de classe d’aujourd’hui

Le PCF paie un lourd tribut aux renoncements et abandons idéologiques des quinze dernières années.

La disparition des cellules a laissé beaucoup d’adhérents dans l’isolement et favorisé l’éloignement des dirigeants des préoccupations populaires. Nous passons trop souvent plus de temps à travailler avec les partenaires autour de nos alliances électorales qu’à développer nos propres initiatives avec nos adhérents en direction des populations.

Notre expression publique et nos actions sur les grandes questions d’actualité - retraites, sécurité sociale, licenciement – sont souvent incompréhensibles, ce qui n’aide ni à notre renforcement, ni à la lisibilité de notre parti.

Notre organisation s’est considérablement affaiblie dans les entreprises et les quartiers populaires. Malgré tout cela, beaucoup de communistes ont continué à faire vivre autour d’eux une organisation communiste de base et c’est un atout important pour l’avenir.

Alors que le peuple subit les coups d’un combat de classe violent, il a plus que jamais besoin d’un parti communiste organisé et vivant, qui prenne des positions claires et initie des luttes mobilisatrices. Il faut rassembler, alors que le capitalisme divise, faire réfléchir quand les médias obscurcissent les consciences, libérer les pensées et les actes..

Revitaliser nos organisations de base, cellules et sections, pour qu’elles mènent au quotidien et dans la proximité la bataille idéologique, les combats pour la solidarité, la justice, la paix, le mieux vivre doit devenir une priorité pour notre parti et sa direction.

A l’offensive pour les échéances électorales à venir

Renouvellement de la moitié des conseillers généraux en 2011, présidentielles et législatives en 2012, ces échéances sont d’abord des moments privilégiés pour aller débattre avec la population, faire connaître nos idées et propositions, travailler à l’influence du PCF dans notre pays. Chaque élection nécessite que le PCF présente ses propres candidats sur la base d’un projet de société et d’un programme populaire de rupture.

L’histoire a montré que le renoncement à notre propre autonomie n’a jamais profité au changement ni au peuple. C’est pourquoi, nous sommes favorables à une candidature présentée par le PCF aux élections présidentielles de 2012.

Cette candidature ne peut être soumise à l’obtention d’un consensus de nos éventuels partenaires, d’autant que nous savons que cette démarche est vouée d’avance à l’échec par les prétentions personnelles de Jean-Luc Mélenchon.
Sortons immédiatement de ce piège pour ne pas répéter celui des collectifs anti-libéraux qui nous a conduits au pire échec électoral de l’histoire du parti. Faisons preuve de lucidité car nous savons d’avance qu’il n’y a aucun accord possible sur ce point avec Jean-Luc Melenchon.

Il est au contraire de notre responsabilité de mettre en débat une candidature communiste à disposition du mouvement populaire pour faire progresser le rapport des forces, quel que soit le résultat de l’élection.

Dans tous les cas, alors que des discussions ont lieu avec le PG et d’autres, nous demandons que le principe d’une candidature communiste aux élections présidentielles de 2012 soit mise en débat au congrès d’étape.

Rassembler les communistes

Des centaines de communistes ont quitté ces dernières années leur parti faute d’y avoir trouvé l’écoute, le respect et la possibilité d’agir. D’autres partagent nos valeurs mais restent observateurs, faute d’une identité claire et enthousiasmante du PCF.

Nous nous adressons franchement à eux en leur disant qu’il n’y a pas d’issue sans un formidable effort des communistes pour se libérer des renoncements et des "adaptations" et ensemble faire vivre, dans les conditions présentes, leur organisation et leur projet.

Le 90eme anniversaire du PCF peut être le moment de ce rassemblement des communistes pour une nouvelle étape de leur histoire. Nous appelons toutes les organisations du Parti à y contribuer en multipliant à cette occasion les initiatives tant théoriques que festives.

Signataires

- Caroline Andréani (Seine saint denis), membre du CN
- Paul Barbazange, Hérault, membre du CN
- Floriane Benoit , secrétaire section Fontaines, membre du Cn Isère
- Gerard Brulé Morbihan
- Marie-Christine Burricand , conseillère générale, membre du CN, Rhône
- Hervé Poly Pas de Calais, secrétaire fédéral, membre du CN
- Ange De Caso, Seine-St-Denis
- Francisco Granados, Charente-Maritime
- Jacky Henin, membre du Conseil national, Député européen
- Jean-Pierre Meyer, Var, membre du CN
- Jean Jacques Karman, membre du Conseil national, conseiller général
- Aubervilliers, Seine Saint denis
- Razika Kerchouni Seine-st-Denis
- Serge Truscello, secrétaire section Vénissieux 69
- Jean Claude Kordé, section Ilkirch Bas rhin
- André Gerin, député du Rhône, membre du Cn
- Nicolas Maury, section d’Istres, membre du Conseil national du MJCf, Bouches du Rhône
- Michel Melinand Val d’Oise
- Pierre Alain Millet, Rhône
- Pierre Martin Val de Marne
- Pascale Noizet Paris, membre du CN
- Jean-Michel Pascal section 20ème Paris
- Albert Picard, Rhône
- Michèle Picard, maire de Vénissieux, 69
- Yolande Peytavin, première adjointe au maire de Vénissieux, 69
- Evelyne Ebesviller, Rhône
- Christian Falconnet, conseiller général, Rhône
- Mireille Popelin, section de Villeurbanne, Rhône
- Gilles Questiaux, Paris
- Gérard Requigny, conseil départemental Val de Marne
- Eric RUIZ Membre du CD du PCF 27 Animateur de section
- Laurent Santoire, Seine Saint denis
- Henri Thiviller, rhône, conseiller communautaire,
- To Nu Dieu AI, Seine-St-Denis

pour signer, aller sur le sitehttp:lepcf.fr qui centralise les signatures

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