Salut de Kostas Papadakis aux rencontres Membre du secrétariat du comité central du Parti Communiste Grec

, par  communistes , popularité : 4%

Cher-e-s camarades et ami-e-s,

Nous vous remercions pour votre invitation.

La situation confuse en Grèce, ne nous permet pas d’être parmi vous, mais néanmoins nous voudrions partager avec vous certaines réflexions et constats du KKE sur cette actualité.

Les luttes du peuple grec, face à la crise du capitalisme mondial, qui frappe si fort notre pays, ont marqué la conscience des travailleurs des autres pays, et surtout ceux de l’union européenne.

Les médias bourgeois et les représentants politiques des pays capitalistes, n’ont pas cessé de tenter d’influencer l’opinion publique, sur les responsabilités de cette crise. Mais ils ne peuvent dissimuler, que l’évolution de la situation, pousse les travailleurs à se positionner quant aux causes de la crise capitaliste, au rôle de l’UE et des autres organismes impérialistes.

Par ailleurs, les communistes, se forgent d’une expérience pour le renforcement de la lutte des classes, contre les partis bourgeois et opportunistes.

Suite à la contre-révolution qui a conduit au changement du système politique de l’union soviétique, nombreux étaient ceux qui acclamaient, suite au renversement du socialisme, la « fin de l’histoire », la fin de la lutte des classes, … Ils ont été démenti !

Démentis également les politiques grecs, qui soutenaient avec ferveur, l’entrée de la Grèce dans l’UE et plus tard, dans la zone euro, comme l’assurance d’une monnaie forte, la tranquillité, contre l’insécurité des crises et de l’instabilité !
Mais la réalité est toute autre ! Le capitalisme qui se trouve aujourd’hui, dans son stade suprême, celui de l’impérialisme, fait souffrir des millions de travailleurs dans le monde. C’est la source du chômage et de la pauvreté.

Il est frappé par des contradictions irrémédiables, qui se manifestent par des crises consécutives et par des guerres qui profitent à l’élargissement du champ d’activité des monopoles, par l’appropriation des marchés et le contrôle de toutes les sources de richesse.

Les déficits de la dette, c’est « l’arbre » qui cache la forêt, qui est en l’occurrence, la crise du capitalisme. C’est là que se situe essentiellement la lutte idéologique et politique.

Les communistes sur cette lutte, nous avons l’avantage de la théorie marxiste-léniniste, qui constitue notre outil d’analyse des phénomènes sociaux, politiques et économiques, d’une telle ampleur et d’une telle complexité.

Le capitalisme en Grèce s’est énormément accru dans les années 90 et 2000, avec une explosion des profits, dictés par le plan « des réformes capitalistes » du traité de Maastricht, suivi par le gouvernement grec ainsi que par les autres gouvernements bourgeois.

Conclusion : Le capitalisme n’est pas dangereux uniquement dans sa phase de crise, mais également dans sa phase de croissance de l’économie, au moment de la généralisation de ses profits …

La crise du capitalisme, démontre les limites de ce système, et c’est la raison pour laquelle ses défenseurs s’acharnent à fausser les vraies causes de la crise et à tromper les travailleurs et les peuples.

C’est l’objectif commun des partis qui servent ce système, que ce soit les partis sociaux-démocrates et libéraux, que les partis opportunistes, tant au niveau national, qu’au niveau européen à travers le PGE, ou « Die Linke » en Allemagne, ou au niveau international.

La crise actuelle du capitalisme, est une crise de sur-accumulation et de surproduction, résultant de la disparité et de l’anarchie du développement capitaliste.

En Grèce, il y a une grande controverse, autour du déficit, de la dette, de la faillite.

Le KKE a, dès le début, soutenu que le peuple n’a aucune responsabilité sur la crise, les déficits et la dette.

Il ne doit pas reconnaitre cette dette, et il doit exiger avec sa lutte, que la dite « dette » soit payée par ceux qui l’ont créée, par la ploutocratie.

C’est la réponse qu’il faut donner aux forces du capital, qui, sous le prétexte d’éviter la faillite de l’économie grecque, conduisent le peuple à la faillite.

Notre parti a démontré avec des éléments précis, au peuple grec, que la dette alimentée par la crise capitaliste, est due à la gestion fiscale des gouvernements, tant de la droite libérale « Nouvelle Démocratie », que du social-démocrate PASOK, qui ont servi des groupes monopolistes.

Elle est aussi due, au soutien scandaleux de l’Etat aux entreprises, des contrats public-privés, pour des travaux publics, et des contrats d’exploitation.

Avec comme exemple, les dépenses exorbitantes, pour les jeux Olympiques de 2004.

Et des énormes dépenses militaires, des équipements pour des missions en Bosnie, en Afghanistan, - qui ne servent pas à la défense du pays, mais aux plans impérialistes de l’OTAN.

Au nom de la crise, et de la dette, la classe dominante bourgeoise qui s’exprime à travers le parti libéral –ND, jusqu’en 2009 et le parti social-démocrate – PASOK ensuite, a appliqué une politique extrêmement dure, avec le soutien du parti nationaliste et raciste de LAOS.

L’objectif principal de ces mesures est la baisse de la valeur du travail pour accentuer les profits du capital et renforcer sa compétitivité en visant la montée de l’économie qui, selon tous les indices, tardera et sera très faible.

Dans ces conditions de contradictions intra-impérialistes accrues, et des préoccupations sur la situation économique en Grèce, en Italie, en Espagne, au Portugal, en Belgique, et en Irlande, un nouveau prêt à hauteur de 109 milliards d’euros, accompagné de nouvelles mesures, à été décidé pour la Grèce au mois de Juillet 2011.

Cet accord qui constitue un compromis temporaire n’a pas été appliqué à cause de nouvelles contradictions et problèmes dans la zone euro.

Dans le sommet de la zone euro du 26 Octobre, un nouveau prêt de 130 milliards d’euros a été décidé, accompagné du soi-disant « haircut » (aménagement) de la dette de 50%, à savoir de 200 milliards d’euros.
La décision pour le « haircut » est une conséquence de la crise capitaliste profonde et du besoin de dévalorisation d’une partie du capital.

L’accord du 26 octobre comporte des nouvelles mesures anti populaires, sans fin.

70 milliards d’euros de soutien aux banques grecques et de nouveaux privilèges pour le capital, puisque la valeur du travail sera davantage réduite.

Comme pour la question des causes de la crise, la lutte idéologique-politique concernant la solution pour sortir de cette situation est très intense.

Les forces de l’opportunisme de la droite, s’alignent avec des groupes gauchistes et nationalistes qui essayent de gagner les consciences des travailleurs, avec une variété de positions qui, en fait, sont des positions de gestion du système et aménagent la politique dominante.

La Grèce n’est pas sous occupation et n’est pas non plus un protectorat.
Elle est un pays capitaliste avec une position relativement inférieure dans le système impérialiste, à cause de son niveau de développement.

Elle a une classe bourgeoise puissante qui défend et revendique ses intérêts, choisissant consciemment ses alliances dans l’UE, l’OTAN, le FMI, avec comme seul but l’exploitation de la classe ouvrière, l’oppression des couches populaires, la préservation de son pouvoir et la pérennisation du système capitaliste.

Il est évident qu’une monnaie nationale servira objectivement à l’organisation capitaliste de l’économie, comme toute entreprise rachetée -par l’Etat capitaliste, qui objectivement fonctionnera avec des critères économiques privés dans l’intérêt de la classe dominante.

Enfin, les théories sur la dette légitime et la dette "odieuse" provoquent des dégâts car elles cultivent le consensus du peuple sur une affaire dont il n’a aucune responsabilité.

Pendant toute cette période, des luttes de classes massives ont été menées, avec pour protagonistes le KKE et le PAME, le mouvement syndical de classe qui rassemble dans ses rangs, des centaines de syndicats de classe, des Fédérations, des Centres Ouvriers et des comités de lutte.

Dans la vingtaine de mouvements ouvriers de grève, dans les dizaines de grandes manifestations ouvrières, populaires, dans les occupations de ministères et d’autres bâtiments publics, les communistes, les forces de la Jeunesse Communiste, les amis du KKE, les ouvriers et les ouvrières qui soutiennent le PAME, se sont mis et se mettent en première ligne.

Le KKE dans des conditions difficiles, met à disposition ses forces dans l’organisation de la classe ouvrière dans les usines, concentre son attention à la construction du Parti dans les lieux de travail et les branches, se bat pour la reconstruction du mouvement ouvrier, afin de renforcer l’unité de classe, d’améliorer l’action et l’orientation des syndicats et de changer le rapport de force.

Un soin particulier est exigé à la convergence des objectifs de lutte, de\
s revendications pour le rassemblement, la concentration et la préparatio\
n des forces ouvrières pour les dures confrontations avec le système expl\
oiteur, avec pour but son renversement.

Le point de départ de cette orientation est le fait que la richesse est produite par la classe ouvrière. C’est cette richesse qu’elle revendique, en luttant pour son propre pouvoir.

C’est en allant dans cette direction que le KKE, insiste sur le progrès de la coordination de luttes entre la classe ouvrière, les petits et moyens exploitants agricoles, les petits et moyens entrepreneurs.

La réalité de la classe bourgeoise et de son pouvoir, c’est qu’elle s’inquiète de l’évolution, de l’orientation et de la répercussion de ce mouvement massif et c’est pour cela qu’elle recherche des moyens d’enfermer l’indignation populaire dans un chemin anodin pour le système. C’était l’objectif, dernièrement, de ce qui a été appelé : « mouvement des places (indignés) ».

Avec l’aide des médias bourgeois, des partis bourgeois et opportunistes, des organisations de l’extrême droite et des marginaux, des groupes soit disant « anarchistes », a été entrepris l’enfermement des travailleurs indignés dans des mots d’ordre réactifs, comme ceux qui disent « Dehors les partis, dehors les syndicats ».

Un élément d’ailleurs, qui caractérise ces actions, ce sont les provocations truquées.

Le summum de ces tentatives a été l’attaque meurtrière qu’ont lancé les groupes provocateurs contre la manifestation du PAME, le deuxième jour de la grandiose grève, du 19 et 20 octobre.

Des groupes fascistes, avec un équipement complet que seule possède la police, ont attaqué la manifestation du PAME avec des pierres et des fusils à grenade, pour obtenir la dispersion de la manifestation.

Les forces du service d’ordre du PAME réussirent à empêcher la réalisation de ce plan, protégeant les manifestants et non le Parlement, comme l’ont prétendu divers opportunistes et porte-paroles de la bourgeoisie.

C’était parmi les manifestations les plus massives de ces dernières décennies …

Chers camarades,

Le fondement de l’analyse programmatique du KKE, qui donne la dynamique à ces luttes et produit ces torrents de manifestants, c’est la pensée que notre époque est une époque de passage du capitalisme au socialisme.

la lutte des classes se dirige vers la résolution de la contradiction primordiale entre capital et travail.

Le changement révolutionnaire en Grèce sera socialiste.

Les forces motrices de la révolution socialiste seront la classe ouvrière comme force dirigeante, les semi-prolétaires, les paysans pauvres, les petits bourgeois et les couches populaires les plus oppressées.

La politique des alliances qui se construit sur la ligne de lutte anti-impéraliste et antimonopoliste contribue au rassemblement de la grande majorité du peuple.
C’est le chemin qui contribue au changement du rapport de force, à l’approche et sous certaines conditions, vise à réaliser le passage au socialisme.

Un seul choix dans l’intérêt du peuple : un Pouvoir Populaire, le retrait de l’Union Européenne et de l’OTAN, l’annulation de la dette, le changement des rapports sociaux de propriété qui sont dépassés historiquement.

Une propriété sociale sur les principaux moyens de production concentrés, des coopératives productives pour les petits-moyens paysans et les petits entrepreneurs dans des secteurs où la concentration est faible.

Une planification centrale, afin que tous les moyens de production et la main d’œuvre, soient mobilisés, que toute coopération économique internationale possible soit valorisée, sur la base du bénéfice mutuel.

Le gouvernement, comme organe du pouvoir populaire, devra assurer la participation du peuple dans ce chantier nouveau et sans précédent, soutenir le mouvement populaire, être soutenu et contrôlé par celui-ci à travers de nouvelles institutions de contrôle social et ouvrier.

Sur ces pensées nous vous souhaitons tout le succès dans vos rencontres internationalistes à Vénissieux.

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