Un syndicaliste algérien sans visa pour la France ! Message de syndicalistes communistes algériens

, par  Truscello Serge , popularité : 5%

Le camarade algérien Mohamed Boussaid qui avait donné son accord pour participer aux rencontres depuis plusieurs mois n’a pas pu obtenir de visa du consulat Français pour participer en direct. Malgré l’intervention du député André Gerin, l’administration Française a jugé qu’il n’était pas le bienvenue..

Sans doute que l’objet de son voyage, participer aux rencontres internationalistes de Vénissieux, n’était pas un motif jugé valable par le ministère des affaires étrangères !

L’assemblée a voté à l’unanimité le message suivant qui a été transmis au ministre des affaires étrangères :

La section de Vénissieux du PCF avait invité M. Boussaid à participer à une débat sur le syndicalisme face à la mondialisation. Il avait donné son accord et engagé les démarches officielles pour organiser son voyage deux mois avant la date prévue. Mais le consulat de France n’a pas voulu lui accorder de visa, malgré l’intervention d’un député Français, André Gerin. Nous avons donc du lire son témoignage lors des rencontres.

C’est pourquoi Les participants aux 3ème rencontres internationalistes de Vénissieux , organisées par la section du PCF, dénoncent et condamnent le refus d’octroi de visa à des syndicalistes algériens, les empêchant ainsi de venir débattre avec des militants d’autres pays. Nous apportons à nos camarades algériens notre fraternité et notre solidarité aux luttes qu’ils mènent.

Nous continuerons bien entendu à proposer des rencontres militantes entre les deux rives de la méditerranée et nous appelons à la solidarité internationaliste contre les murs que la France et l’Union Européenne élèvent contre les peuples.

Le texte transmis a été lu par Serge Truscello, secrétaire de section du PCF.

Message de syndicalistes communistes algériens à leurs camarades français au meeting internationaliste de Vénissieux

Chers camarades

C’est pour nous un grand regret de ne pouvoir être représentés par un de
nos camarades pour partager avec vous ce grand moment de solidarité
internationaliste. La raison de cette absence réside dans les obstacles de
toutes sortes mis en place par les consulats de France pour décourager les
demandes de visas

Nous tenons en tout premier lieu à vous faire part des sentiments de
solidarité des travailleurs algériens avec la classe ouvrière
française et l’ensemble des salariés de votre pays dans leur résistance
à l’offensive déclenchée par la bourgeoisie pour démanteler les
conquêtes sociales arrachées durant des décennies de luttes et de durs
sacrifices. Les manifestations, les grèves, les blocages et les
initiatives de toutes sortes des travailleurs et des jeunes pour combattre
la politique de régression sociale de la grande bourgeoisie qui s’attaque
à un acquis aussi fondamental que le système des retraites suscitent
l’admiration et stimulent la combativité des travailleurs du monde entier,
y compris chez nous en Algérie, dans leur refus de se soumettre au diktat
des capitalistes et des oligarchies. Un vent nouveau commence à se lever
partout dans le monde depuis que les travailleurs grecs ont donné
l’exemple en lançant sur l’Acropole leur appel au combat international
"Peuples d’Europe soulevez vous !" et en refusant résolument de se plier
aux décisions injustes et révoltantes de leur gouvernement de
collaboration de classe de leur faire payer la facture de la crise, un
gouvernement appuyé par l’Union européenne, cette nouvelle Sainte
alliance impérialiste et antiprolétarienne du grand capital. Les
travailleurs et l’ensemble des victimes de l’exploitation capitaliste
reprennent espoir dans leur immense force pour stopper la prétention des
gros possédants de les amener à renoncer sous les prétextes les plus
mensongers à vivre mieux, à jouir des fruits fantastiques du progrès
enregistré ces dernières décennies. La bourgeoisie a commis une lourde
erreur en croyant qu’elle pouvait continuer à tirer indéfiniment avantage
du changement du rapport des forces international après la victoire de la
contre-révolution dans l’ex-URSS. Elle a cru que le matraquage orchestré
par ses idéologues et ses valets médiatiques pour semer l’esprit de
résignation et le défaitisme allait tétaniser le mouvement ouvrier et la
jeunesse.

Elle a cru qu’elle pouvait commettre ses forfaits contre les peuples grâce
au soutien de la sociale-démocratie, laquelle constitue partout dans le
monde son auxiliaire le plus précieux. Le réformisme de la
sociale-démocratie ne consiste plus aujourd’hui qu’à accompagner la
grande bourgeoisie dans la destruction des conquêtes de la classe
ouvrière.

Nous sommes convaincus que les travailleurs français sont en train de
renouer avec les grandes traditions révolutionnaires du peuple de France
de 1789, de 1848, de la Commune de Paris de 1871, du Congrès de Tour dont
les révolutionnaires s’apprêtent à célébrer prochainement le 90 ème
anniversaire. Ils font battre de nouveau le coeur de la France des grands
mouvements populaires de 1936, de la résistance à l’occupation puis de
l’après-guerre quand sous la direction de Maurice Thorez et de ministres
communistes comme Ambroise Croizat, la sécurité sociale a été
généralisée et les fonctionnaires dotés d’un statut. Ce sont toutes
les lois adoptées sous la pression de la lutte des travailleurs organisée
par le PCF et la CGT de Benoît Frachon et de ses camarades que le grand
patronat a décidé de "détricoter" méthodiquement. Les travailleurs
français sauront trouver leur chemin pour construire les grands
instruments d’organisation et de direction de luttes révolutionnaires,
parti et syndicat de classe authentique, dont ils ont besoin pour casser
l’offensive réactionnaire et revancharde des hommes du CAC 40, pour frayer
la voie aux transformations révolutionnaires dont sont grosses aujourd’hui
toutes les nations capitalistes.

Chers camarades,

Le capitalisme est en proie à une crise profonde. Il se montre incapable
de répondre aux aspirations des travailleurs. Le fossé qui sépare la
minorité des plus riches à la grande masse des prolétaires et
producteurs de richesses ne cesse de se creuser de façon insolente.
L’arriération économique, la faim, la misère, la dépendance, le
despotisme des nantis, sévissent dans une grande partie du monde. Le
capitalisme est incapable d’organiser une juste répartition du fruit du
travail, ni un juste et harmonieux développement à l’échelle mondiale
parce que sa loi fondamentale est la loi de la plus-value, la recherche du
profit maximal pour les possédants par l’intensification de l’exploitation
des travailleurs, la confiscation par une minorité d’oligarques des fruits
de l’augmentation de la productivité du travail. La crise actuelle va sans
nul doute s’approfondir. Elle exprime de façon irréfutable le fait que le
capitalisme ne peut mettre les fruits du progrès au service de tous. Pour
maintenir à la hausse leurs profits, les exploiteurs ont tout
déréglementé. Ils ont décidé de casser tous les systèmes qui assurent
un minimum de protection à ceux qui ne vivent que du fruit de leur
travail. A l’aide de leurs instruments internationaux de domination
anti-ouvriers -FMI, Banque Mondiale, OMC, OTAN, et même ONU, etc. - ils se
sont employés à créer le cadre international le plus favorable à la
satisfaction de leurs intérêts exclusifs. Ce cadre est celui qui leur
permet de verser des salaires les plus bas, de payer le moins d’impôts et
de charges sociales, tout en soumettant les travailleurs au versement
d’impôts de plus en plus lourd -TVA, impôts locaux - de transférer en
toute liberté leurs capitaux, sans se soucier des besoins de
développement des nations économiquement retardataires, ni de
l’aspiration des producteurs de richesses au mieux-être. Ils gaspillent
d’énormes ressources dans une ruineuse et dangereuse accumulation d’armes
nucléaires, chimiques et bactériologiques, prêtes à être employées à
tout moment contre n’importe quel peuple, n’importe quelle nation pour
assurer le contrôle de telle ou telle bourgeoisie oligarchique sur ses
zones d’influence ou pour tenter de trancher par la force la lutte pour la
suprématie économique. Sous l’enseigne de la "mondialisation" ou de la
"globalisation", la bourgeoisie à entrepris de jeter dans une féroce
concurrence les travailleurs les uns contre les autres pour faire baisser
ce quelle appelle le "coût du travail" à seule fin d’augmenter ses
profits. Elle profite avec une fébrilité sans précédent de la
disparition des pays socialistes et de grands partis communistes dans les
pays capitalistes pour s’affranchir de la nécessité que lui imposait
l’existence de ce système et de ces partis de faire des concessions
politiques et sociales aux travailleurs et aux couches intermédiaires.
Dans sa course sans fin pour étancher son inextinguible soif de profit,
elle ne peut plus tolérer que l’Etat, son Etat, l’Etat comme machine
d’oppression de classe, continue à assumer l’obligation que l’ancien
rapport des forces international lui avait dictée de consacrer une partie
importante du budget étatique aux dépenses de santé, d’éducation et de
protection sociale. Tout l’argent centralisé par l’Etat doit désormais
servir uniquement à grossir ses porte-feuilles financiers, tout doit
passer par ses casinos boursiers où une poignée de gros spéculateurs
joue au poker avec les richesses des peuples, voilà ce qu’elle a inscrit
à son ordre du jour contre les travailleurs et les peuples. C’est cette
course à la spéculation à grande échelle qui constitue le secret de
toutes les politiques de rigueur lancés partout en Europe et dans le
monde. Ce faisant, en croyant surmonter la crise actuelle, elle ne fait que
l’aggraver à une échelle plus grande et plus profonde, tant il est vrai
que les causes de cette crise se trouvent en réalité dans la
contradiction de plus en plus insoutenable entre l’accroissement de la
production et la baisse de la demande solvable, la baisse du pouvoir
d’achat des travailleurs entraînée par l’offensive générale contre
leurs conquêtes sociales dans le cadre de cette globalisation et de cette
mondialisation du champ de bataille du grand capital.

Chers camarades,

Les travailleurs algériens ont connu ces 20 dernières années de grands
malheurs après le tournant déclaré vers le capitalisme et
l’instrumentalisation de l’Islam par les forces les plus réactionnaires
pour isoler et éliminer physiquement leurs représentants les plus
révolutionnaires au nom du combat pour un Etat islamique présenté comme
la solution à toutes les difficultés de la population. Ces forces ont
été encouragées dans leur aventure par les adversaires dans le pouvoir
d’Etat d’un régime social proche des aspirations des masses populaires.
Elles ont été également encouragées par les puissances impérialistes
qui les ont formés et entraînés en Afghanistan pour commettre un
terrorisme de masse.

C’est à la faveur de ce terrorisme qui s’est soldé par la mort de plus de
100 000 citoyens que les partisans du capitalisme, soutenus par la Banque
Mondiale, le FMI et les Etats impérialistes, ont lancé une gigantesque
offensive pour démanteler le secteur économique publique, restituer les
terres nationalisées, jeter à la rue plus de 500 000 travailleurs de
l’industrie et de la construction, casser la protection de la production
nationale, dévaluer dans de fortes proportions la monnaie nationale,
libérer totalement les prix, y compris les prix des médicaments,
appauvrir à un degré inimaginable de larges catégories de la population
qui n’a que ses bras pour vivre. Tout cela pour transformer les
travailleurs en masse taillable et corvéable à merci par les
multinationales qui se sont installées en Algérie, à l’image de Danone
qui a fermé des usines en France et en a ouvert d’autres en Algérie où
il fait de gros profits grâce à des salaires qui ne dépassent pas
l’équivalent de 150 euros et à de généreuses exonérations fiscales.
Aujourd’hui une infime minorité de la société possède tout tandis que
l’écrasante majorité est privée du nécessaire, malgré des recettes
pétrolières abondantes que les dirigeants ont préféré mettre à la
disposition des grands Etats capitalistes sous forme d’obligations au lieu
de les affecter à la relance des secteurs productifs.

Chers camarades,

Malgré les coups durs reçus depuis plus de 20 ans, les travailleurs et
les jeunes se battent avec ténacité pour arracher des augmentations de
salaires, obliger le pouvoir à relancer la construction de logements
sociaux, à leur amener l’eau et le gaz, à construire des routes. Dans
leurs luttes quotidiennes ils commencent à jeter les bases de la
construction d’un véritable syndicat de classe indépendant de la
bourgeoisie et de son pouvoir. Le syndicat maison du régime, l’Union
générale des travailleurs algériens, qui a soutenu l’application des
politiques d’ajustements structurels imposés par le FMI, est complètement
discrédité. Il est devenu publiquement un auxiliaire de police.
L’expérience de dizaines d’années de luttes dans notre pays et dans le
monde monte qu’aucune avancée n’est possible sans un parti communiste
capable de diriger et d’orienter le combat des travailleurs pour
l’amélioration de leurs conditions d’existence et pour l’abolition du
capitalisme. Tout renoncement à cette tâche révolutionnaire conduit
inévitablement à céder le terrain devant la bourgeoisie, à l’encourager
à s’attaquer à nos conquêtes les plus élémentaires. La classe
ouvrière ne parvient à arracher de grandes conquêtes sociales que
lorsque son parti lie la lutte pour des changements partiels à la lutte
pour transformer de façon révolutionnaire la société par
l’expropriation de ses exploiteurs.

Chers camarades,

Si nous voulons réaliser nos aspirations à une vie digne, à ne plus
avoir peur du lendemain, n’hésitons pas à nous fixer pour objectif de
rassembler le maximum de forces pour abattre le système capitaliste !

Coordonnons nos luttes à l’échelle internationale !

Vive la solidarité internationale des travailleurs !

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