lettre d’un communiste de Vaulx-en-Velin en souvenir de Noël Carmellino

, par  communistes , popularité : 9%

Vaulx-en-Velin le 28 juin 2007

Marius PELLET
Date d’adhésion : 1955
avant d’être expédié à la guerre en Algérie.

A François Bailly-Maître, Secrétaire de section
Aux membres de la direction du Pcf de Vaulx-en-Velin
Pour information aux communistes

Camarades,

L’inauguration de la place Noël Carmellino le 18 juin dernier a été un moment émouvant et symbolique créant “le sentiment de vivre un évènement de grande importance” précisait d’emblée Maurice Charrier dans son allocution. Une participation importante (90 personnes) a été remarquée et a étonné agréablement le maire et les membres de l’Anacr/Amis de la Résistance. Nombreux ne connaissaient pas Noêl Carmellino, cet homme de grand mérite et les combats de ce militant ont motivé la présence du plus grand nombre sur cette place. Des témoignages abondent encore dans ce sens.

Il est certain que les invitations officielles et les communiqués de presse n’auraient pu suffir à la réussite de ce rassemblement ; il a fallu les initiatives de quelques communistes, sympathisants et de membres du Pcf appartenant au réseau “Fier(e)s d’être communistes”. Assumant leurs responsabilités, ils ont entrepris au sein de l’UL CGT, dans le personnel municipal (avec un appel nominatif) et dans la population riveraine, tout un travail d’information : par tracts, contacts directs. Ils ont lié, chaque fois, les préoccupations d’aujourd’hui aux combats de la Résistance et ceux menés par Noël Carmellino avec les Francs-Tireurs et Partisans Français.

Dans ces temps d’extrêmes confusions, de manque de repères, d’idéal, de réflexions sur les acquis sociaux de la Libération contenus dans le programme du Conseil National de la Résistance, il fallait bien, en rendant hommage à notre camarade Noël, tout faire pour donner à cette inauguration un caractère populaire.

Telle n’a pas été votre démarche. Je considère, avec bien d’autres camarades, que cet évènement dans la ville a été traité, en ce qui vous concerne, pour le moins à la légère !

Comment peut-on justifier l’absence du drapeau du Parti ? Ce drapeau - “que l’ennemi aurait bien voulu jeter au feu” précisait René Carrier - a été caché par Noël à son domicile, au péril de sa liberté, durant toute l’occupation ! Rien que cet acte de résistance méritait la présence de ce drapeau au coté de celui, bien présent, de la CGT. Est-ce que le sigle PCF avec son logo brodé sur le drapeau vous dérange à ce point ? Pourtant il était pour nos anciens camarades, comme pour les générations actuelles, tout un symbole de luttes. toujours vivant, et rien ne peut l’effacer !

Il y a quelques années vous aviez laissé disparaître le nom de Noël Carmellino à une rue du centre ville, et aujourd’hui, où le moment était enfin venu de réparer cette “erreur”, vous n’assumez toujours pas vos responsabilités dans l’indispensable hommage à rendre, ce 18 juin, à ce métallurgiste résistant dès 1940, à ce communiste venu au Parti en 1936, à ce militant cégétiste, mais aussi à cet élu dont a parlé René Carrier : comme un “élu d’une scrupuleuse honnêteté et d’un dévouement exemplaire... présent et actif.” durant ses vingt trois années de mandat de conseiller municipal dans notre ville. Hommage aussi à cette victime des nervis fascistes en 1958, l’agressant sauvagement et le laissant pour mort.

Le Parti aurait du être à la hauteur de l’image de cet l’homme “resté inébranlablement fidèle à ses convictions et respecté par tous” a précisé avec force René Carrier dans son allocution. Il n’en a rien été malgré une intervention directe de Paul Four auprès de François Bailly-Maître. Il s’agissait de solliciter tous les adhérents pour qu’ils soient présents à la cérémonie et pour qu’ils apportent leur contribution à la réussite du 18 juin. La publication d’une déclaration du Parti au sujet de cet évènement, dont l’aspect politique est indéniable, coulait de source.

Alors, se pose la question : pourquoi avez-vous manqué ce rendez-vous de la transmission de la mémoire qui devrait être partie intégrante de nos combats ?

La réponse n’est-elle dans cette stratégie d’effacement du Parti et de son identité avec votre investissement total depuis des mois dans ce rassemblement anti-libéral (non pas anti-capitaliste) supplantant tout et n’ayant de populaire que de nom ?

N’est-elle pas aussi dans cette recomposition de la gauche pour laquelle se multiplie ces dernières semaines les prises de positions de responsables du Parti (et pas des moindres), ici ou là, appelant à dépasser les références au Pcf qui n’auraient plus d’avenir, à constituer un autre parti en levant le tabou du nom. Cette orientation de la liquidation du Parti est même mise officiellement à l’ordre du jour de la discussion du congrès “extraordinaire” de décembre 2007. ça a le mérite de la clarté !

S’inscrire dans cette démarche, venue de loin, conduit inévitablement à abandonner les références d’un Parti révolutionnaire, anti-capitaliste et combatif, et par voie de conséquence à abandonner, dans la pratique, les repères de l’histoire écrite par nos anciens camarades français et immigrés comme Noël Carmellino. A vous de prouver que je me trompe !

C’est avec satisfaction que je constate l’expression plus nombreuse de désaccords de communistes vaudais avec vos pratiques et votre stratégie d’abandon des combats de classe, de dévalorisation du Parti, d’effacement comme force politique autonome dans cette ville. L’avenir du Parti est avec eux et avec tous ceux et toutes celles qui ne tarderont pas à se rassembler, sur quelques principes clairs, pour défendre leur parti et le reconstruire dans les luttes qu’appelle la politique ultraréactionnaire de Sarkosy et ses menaces de fascisation. J’ai confiance en eux !

Comme vous le savez, je ne suis pas de ceux du laisser faire et de céder aux sirènes du renoncement. Comme des milliers de camarades le font, j’appelle à réagir face à ces abandons lourds de conséquences pour notre peuple. C’est pourquoi, je me réjouis du fait que de porter les couleurs du Pcf n’entravent en rien au rassemblement, bien au contraire, elles ont contribué à la réélection du seul député communiste dans le Rhône en la personne d’André Gerin.

Voilà ce que je tenais absolument à vous dire, très attaché que je suis aux racines et aux raisons d’exister d’un vrai Parti communiste français.

Je vous adresse, camarades, l’expression de ma vigilance active et militante en étant fier d’être communiste.

Marius Pellet

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