Dépassement du capitalisme et services publics Jean Molinier

, par  communistes , popularité : 2%

Le projet de base commune est très riche. C’est une excellente chose de commencer par la visée communiste. Il me paraîtrait opportun d’y placer la question des services publics, dans le passage concernant le dépassement du capitalisme.

On parle de dépassement et non plus d’abolition après les travaux de Lucien Sève, depuis Martigues, mais ne faisons pas avec Sève ce qu’il reproche à un certain « marxisme » d’avoir fait avec Marx. Si aujourd’hui nous cernons mieux ce que cela signifie (processus et non grand soir ; communisme = mouvement réel qui abolit / dépasse...dès maintenant ; action concrète et non décret, etc...), peut-être le dépassement a-t-il été parfois pensé dans une dialectique spécieuse, dans un gros flou sur la question de la propriété des moyens de production. Le fait que nous savons que si l’abolition du capitalisme se traduit par une confiscation étatique, cela ne règle absolument rien, n’y est pas étranger. Il n’empêche que le dépassement du capitalisme se traduira par « l’expropriation des expropriateurs » (Marx), c’est à dire par l’abolition des rapports capitalistes de production et du marché.

Affirmons d’emblée haut et fort que dans notre projet de dépassement du capitalisme il existe, au-delà du choix de la couleur de ses sous-vêtements ou de sa coiffure de cheveux, des secteurs vitaux pour lesquels l’appropriation capitalistique privée, la concurrence et le marché sont des entraves à la satisfaction sociale des besoins et souvent même des reculs de civilisation. Il faut donc mettre hors marché, hors concurrence (je cite dans le désordre et j’en oublie) l’éducation, la formation, la recherche, la culture, la santé, l’eau, le logement, les transports, l’énergie, la poste, les télécoms, etc...

Nous ne sommes pas des partisans des nationalisations par a-priori idéologique, mais parce qu’une gestion démocratique (non étatisée) post-capitaliste de ces secteurs vitaux est nécessaire au développement de chaque individu et de la société. Autant d’objectifs de lutte et de victoires possibles (voir ce que nous avons fait le 29 mai) dès aujourd’hui, même si les batailles seront rudes face aux multinationales du pétrole, de la pharmacie, etc...

C’est donc bien dès aujourd’hui que le dépassement du capitalisme est à l’ordre du jour et c’est dans ce contenu anticapitaliste concret que réside notre radicalité : pas de place là pour de quelconques « raccomodages ».

C’est un aspect central de notre « engagement politique » (base commune - statuts - introduction) pour (...) « faire reculer jusqu’à leur disparition (et non « dépassement » comme dit le texte proposé) toutes les formes d’exploitation, de domination et d’aliénation ».

Jean Molinier - section d’Alès - Gard

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