Le mouvement populaire comme auteur politique Paul Barbazange

, par  communistes , popularité : 3%

Après deux secousses électorales, les présidentielles de 2002 où pour la première fois le parti communiste a fait un score national inférieur à celui du candidat communiste trotskiste, inférieur aussi au plus mauvais résultat historique du PCF (celui de 1924 !) et dans le même mouvement dans la durée les 56 % du NON de classe au référendum du 29 mai 2005 le débat est vif, c’est peu dire, à l’intérieur du PCF et dans une partie de la gauche radicale.

C’est bien.

La section de Béziers du PCF a réuni 115 personnes autour de trois syndicalistes, membres du PCF s’exprimant en tant que tels. Jean-Paul Israël et jean pierre Coti dirigeants du syndicat CGT de la SNCM Marseille ; Etienne Martinville salarié des ASF, secrétaire régional du syndicat CGT de son entreprise, licencié en 2003, pour avoir mené les luttes de classes dans son entreprise, Perpignan ; Gérard Perrier biterrois ancien secrétaire départemental CGT / EDF de l’Hérault.

Ces camarades ont parlé de leurs luttes, du capital et de sa loi d’airain : accumuler le profit maximum en un temps le plus bref possible, du marxisme, de leurs attentes, de leur espérance en une nouvelle stratégie politique des communistes.

Tout le débat a tourné autour des luttes de classe réelles, de leur contenu solidaire, démocratique et républicain, de leurs limites, des enseignements à tirer des dernières décennies pour les années et les échéances politiques, électorales y compris, à venir.

L’unanimité s’est faite pour constater que le syndicalisme seul n’a jamais suffi et que la question politique est aujourd’hui facteur premier pour redonner sens, efficacité à nos engagements.

Espoir et utopie sont nécessaires pour faire avancer l’humain.

Mais quel est notre (PCF) objectif politique ?

Est-ce la prise du pouvoir d’état ? La participation au pouvoir d’état sur un strapontin de plus en plus étroit ?

Ou l’apport politique du PCF à la construction du mouvement populaire comme auteur central de la politique ?

L’histoire de ces trente dernières années nous interroge. Une stratégie celle de l’union programmatique à gauche (sous plusieurs formes successives) nous a conduit à des participations électorales aux divers niveaux de pouvoir et pour ce qui est du pouvoir d’état, chaque fois sans aucun contre exemple, ces participations ont contribué à réduire les possibilités des luttes populaires.

Dans un premier temps après 1981 par la croyance enracinée que les ministres et pire les élus de gauche enfin majoritaires et qui plus est communistes allaient résoudre peu à peu les questions posées par les luttes de classe en France et en Europe en lieu et place de nos actions.

Cela a commencé par le désastre de la sidérurgie dans les semaines suivant immédiatement mai 81. Nous gardons la blessure dans nos mémoires de la puissante manifestation parisienne désespérée des sidérurgistes lorrains.

Dans un deuxième moment tout y est passé : privatisation des PTT avec Fabius aux affaires, premiers pas vers la privatisation des autoroutes en 2001 avec Jospin / Gayssot ; désastre des 35 heures mises en place par et pour le capital ; nouveau désastre à Barcelone au nom d’une construction européenne s’imposant à tous avec en particulier l’ « ouverture du capital EDF » en 2001.

Le tout couronné, parce que le peuple de gauche et les révolutionnaires en particulier ne sont pas stupides par les deux votes rappelés en introduction. Le taux de participation dans les quartiers populaires faisant dans les deux cas et dans les deux sens de façon contraire, le résultat.

Il est donc temps de changer radicalement une stratégie en échec décennal.

Il est temps de travailler au rassemblement au premier tour de toutes les forces se réclamant de la rupture révolutionnaire avec le capital français (Il existe encore y compris dans ses petits actionnaires EDF ! déjà spoliés eux aussi par la spéculation bancaire en trois jours de privatisation ) et multinational.

Le second tour sera alors, dans le rassemblement ou non ...en fonction uniquement des choix électoraux des citoyens au premier tour, des types de scrutins et des possibilités locales la conséquence du premier tour. Réglé donc par les citoyens et non des accords d’appareils de quelque niveau que ce soit !

Quand à la question essentielle du programme de rassemblement, posée par tous, donc inévitable. Affrontons.

Mettons en réflexion une clef (parmi d’autres ?) : Que rien dans le programme et ensuite dans les actes de gestion (ou de résistance) qui suivront les votes ne vienne gêner les luttes de classe des opprimés lorsqu’elles tendront à se développer.

Evidemment il s‘agit d’une nouvelle stratégie.

Chacun comprendra qu’à Béziers deux tenants de la stratégie clairement condamnée par l’électorat de gauche aient choisi de sortir avant la fin de la rencontre en bougonnant sur l’inutilité de tels forums.

Mais l’histoire est là. Elle nous convoque. Elle nous convoque tous.

Et notre vie, notre expérience théorisée, rend nécessaire et possible des ruptures idéologiques.

Samedi 26 novembre 2005

Paul Barbazange, section de Béziers

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