Visée communiste : le "rapport à la société" peut-il se maintenir en extériorité/antériorité ? Prin

, par  communistes , popularité : 10%

Le Projet de base commune pour le 33e Congrès de 2006 n’avait pas encore paru dans l’Huma du 14/12/05 quand j’ai dit que le prochain congrès allait devoir travailler au fond la notion de "visée communiste" du Parti qui, dans les textes précédents, était encore marquée peu ou prou par une conception encore trop mécanique et figée [1], et renvoyée comme utopie et but lointain au lendemain des "calendes grecques" de l’horizon toujours fuyant du dépassement du capitalisme, càd n’intégrant pas le mouvement communiste décelable dans le présent de l’actualité et pourtant décrit dans ces mêmes textes, ce qui avait la conséquence immédiate de reconduire l’extériorisation du Parti par rapport à la société réelle - sans doute là la "tare" maintenue de ces textes antérieurs, une "conception 20e siècle" que le siècle s’est pourtant chargé d’enfouir dans ses décombres encore fumants, cependant que, comme j’ai déjà eu l’occasion de le remarquer dans mon expérience de base, si le déclin de cette conception du Parti est définitif, sa nostalgie, celle d’un Parti au dessus de la société, partant de communistes incarnant des figures tutélaires encadrant et dirigeant la marche du peuple, est encore vivace et active localement ‑ même si cela contrecarre en acte l’intention dite dans le Projet (p. VIII, Communistes 14/12/05) que : << Notre visée porte également l’exigence quotidienne d’un communisme en acte. Au fond, ce que nous faisons du Parti et de sa pratique est une image de ce que nous voulons en politique. >> Et, on le sait pour ce que je l’ai déjà amplement rapporté, il y a là la réflexion d’un sympathisant Vert (autant sympathisant des Verts, que comme électeur de MG Buffet à la dernière présidentielle), porteur d’une pratique collégiale dans la démocratie locale et en cela en avance sur le gros des communistes en sa présence - excepté pour ma part jouant collégial -, ce : << Ils l’ont bien conservé >>, dont on voit aussitôt que l’embêtant est dans le "ils" pluriel : l’image d’ensemble renvoyée par une pratique fossile locale [2] d’un parti mis en panne sur une conception d’extériorité/antériorité du Parti (par rapport à la société) animant une démocratie populaire dans le cadre préalable de sa "dictature", ou suprématie (quelque chose comme ça), conception dont on peut seulement s’étonner qu’il m’ait fallu bientôt 30 ans de Parti pour la voir à l’œuvre, très certainement parce que Parisien, mais dont Gérard Mazet lui-même dénotait l’incongruité en relevant, sans l’analyser plus avant, que la relation Parti‑élus, << ce n’est pas le top >>, pointant là, en creux, une pratique de la nostalgie, qui ne peut que faire écart à des élus dont on suppose qu’ils soient, eux, porteurs de la novation, en accord avec l’élu Vert à la démocratie locale promouvant la collégialité dans la démocratie participative (et que ce dernier ait renoncé à sa Délégation n’indiquerait-il pas comme une effective régression par rapport aux avancées que nous avions pu faire en matière de démocratie participative et/ou directe ? - dans la tentative que les groupes citoyens ne soient pas aliénés aux partis, sachant du reste que la mécanique de leadership peut aussi bien être le fait d’associatifs, qui savent aussi jouer de la servitude volontaire. La vieille conception de "translation section-conseils de quartier" n’est certainement pas allé dans le sens de la désaliénation, qui serait déjà une pratique communiste, aujourd’hui).

On trouve donc ici, dans 2 grands chapitres du Projet de base commune, les 2 observations majeures que je n’ai pas été le seul à faire, tant elles étaient criantes : 1) "L’actualité du communisme" ; 2) "Une visée et indissociablement le chemin qui y conduit", ce qui redialectise une mondialisation tendanciellement porteuse d’un capitalisme qui à la fois accumule les conditions objectives de son dépassement (puissance des forces productives inégalée conjointement à l’exacerbation des rapports sociaux), comme un des possibles de son évolution, et en même temps induit de profondes régressions humaines et écologiques [3] [4].

De même, l’analyse de la social-démocratie est plus fine, plus complexe et plus intéressante, quand auparavant on se contentait de parler de "son échec", alors que l’idée qu’on peut avoir à prime abord de la social-démocratie, c’est précisément d’être plutôt une force politique qui n’est jamais en échec (même si sa politique sera vécue comme échec dans l’amertume d’un peuple floué et déçu), tant son principal but est de permettre au capitalisme d’éviter que toute orientation alternative crédible prenne consistance dans la société ; l’alternance lui va si bien, dans le cadre d’un libéral-socialisme assumé. Mais il y a une assise populaire et des courants plus à gauche...

[1Cf. ma contribution pour le 32e Congrès de 2003 : "Le Communisme actuel en tant que crise de son Utopie. L’exemple de la démocratie locale à Paris".

[2- En résumé : une pratique d’accaparement du leadership sans autre forme d’explication au groupe, ce que, quel que soit le contexte de groupe, j’ai toujours abhorré. Mais cette pratique paraît aux camarades absolument normale. "Contrôler, diriger, commander la marche du peuple"... mais qu’il n’y ait plus "vers les lendemains qui chantent", comme suite logique de la proposition, et que ce défaut commandât à son tour la chute de la première partie de la proposition ("Contrôler, diriger..."), c’est ce dont ne se sont pas encore avisés un certain nombre de camarades, qui tiennent encore la posture du commandeur (un rien ubuesque), au niveau local, quand la logique des forums, elle, tirent acquit de la dissolution de cette ancienne conception du communisme, XXe siècle.

[3- Cf. articles Huma Hebdo 17-18/12/04 sur : conférence OMC à Hong-Kong 16/12/05, pp. 4-6 ; sur : Chine, p. 32 ; Huma 19/12/05 sur : Monsanto, p. 7 ; sur : OMC à Hong-Kong 18/12/05, pp. 10-11.

[4- La perspective à 50 ans d’une prochaine ère glaciaire en Europe par arrêt du Gulf Stream -déjà commencé- causé par la désalinisation de l’Atlantique provoquée par la fonte de la calotte polaire due au réchauffement climatique imperturbablement entretenu et accru par les 2 pôles capitalistes intransigeants sur ce point que sont les USA et la Chine, n’est pas spécialement enthousiasmant. Et, dans le même temps, la perspective de la fusion nucléaire contrôlée semble prometteuse pour résoudre l’équation d’un accroissement exponentiel des besoins énergétiques couplé à l’objectif de minimiser la pollution et les risques radioactifs. Ce qui est au demeurant le lieu d’un débat essentiel autour des thèmes de "décroissance" et de "sortie du nucléaire", débat qu’il faut relever et non pas éviter, car essentiel au devenir commun.

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