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Présidentielles, leçons du premier tour, abstention, extrême-droite, crise de la gauche.

Jeudi 14 avril 2022

Après le premier tour des élections présidentielles, l’attention s’est portée sur le match du 2e tour et la presque victoire de Jean-Luc Mélenchon, arrivée aux portes du 2e tour, comme en 2017.

Mais il y a des constats importants à faire sans attendre ce deuxième tour, dont le plus important est bien sûr l’abstention en hausse et surtout l’extrême-droite qui, pour la première fois en France, est au-dessus du total de toute la gauche.

Car l’abstention progresse nationalement à 26%, pas au record de 2002 (28%), mais dans une progression régulière depuis 2007 (16%), 2012 (21%), 2017 (24%) et donc 26% en 2012. Cette abstention a été très historiquement très forte dans les quartiers populaires, beaucoup moins dans les quartiers riches. Cette année, elle a reculé légèrement à Vénissieux, mais elle reste à un niveau élevé, 40% à Vaulx-en-Velin ou aux Minguettes.

Et surtout, l’extrême-droite progresse depuis 2007 où Sarkozy avait réussi à reprendre la main en captant une part du vote Le Pen. Le total extrême-droite passe en % des inscrits de 10% en 2007, à 15% en 2012, 20% en 2017 et 24% en 2022. Elle arrive à dépasser cette année le total gauche, un phénomène historique. En pourcentage des exprimés, elle frôle un tiers des votes (32,53%) !

Au total, le cumul de toutes les droites rejoint le haut niveau atteint par Sarko en 2007 et retrouve les niveaux des années 65 et 69. Jamais les droites n’ont été aussi fortes après un mandat à droite !

Ainsi, la droite ne paie pas le mandat Macron, alors qu’elle avait payé le bilan Sarkozy. Le parti de Sarkozy avait chuté de 32% en 2007 à 27% en 2012. Cette année au contraire, le parti de Macron progresse de 24% à 27% ; malgré la colère anti-Macron !

Au total, le fait dominant de cette élection, c’est bien la progression de l’extrême-droite et la faiblesse des forces de gauches. La concentration du vote de gauche sur Mélenchon se faisant d’abord en récupérant les votes socialistes, écologistes et communistes et sans empêcher l’abstention de progresser. Mélenchon progresse de 2 points sur 2017, mais en écrasant les autres forces de gauche, pas en faisant reculer les droites et l’abstention.

historique des premiers tours de présidentielles en % des inscrits

Si on regarde sur le long terme pour comprendre la crise de la gauche, on voit que depuis 2002, le PC se maintient en pourcentage des inscrits autour de 2% (2,3 en 2002, 1,6 en 2007, 1,7 en 2022…), que les verts se maintiennent autour de 3% (5% en 2002, 1% en 2007, 3% en 2022), que l’extrême-gauche reste à 1% des inscrits, après sa pointe à 7% en 2002 et 6% en 2007, son électorat ayant massivement rejoint Mélenchon depuis.

Ses forces politiques, communistes, écologistes, extrême-gauche, ont des programmes affirmés, des organisations. Que dire par contre de la « famille socialiste » dont Mélenchon se réclamait dans un discours à Marseille ?

La gauche issue du parti socialiste (avec les insoumis), ce qu’on appelait avant la « gauche non communiste », avait progressé toujours en % des inscrits de 16% en 2002 et l’échec de Jospin à 21% en 2007 et 31% en 2012 et la victoire de Hollande. Elle recule depuis à 20% en 2017, puis 17% en 2022. La force apparente du vote insoumis masque la faiblesse globale de cette gauche non communiste dans laquelle le parti socialiste est éclaté, écartelé entre Macron et Mélenchon, à tel point qu’on peut se dire que le nouveau parti socialiste est bien le mouvement de Mélenchon.

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