La jeunesse du Kurdistan, de Palestine, d’Algérie... soirée organisée par la jeunesse communiste

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Magali

… de régions comme le Sahel, le Proche-Orient. Tout ça nous montre que les puissances occidentales, dans le cadre de la crise et de la montée des pays émergents, ont choisi la stratégie de guerre. Donc, nous, en tant que jeunes communistes, on considère que la lutte contre l’impérialisme est un élément essentiel de notre combat. Mais on a toujours été à la pointe de ce combat anti impérialiste. Pourtant on remarque quand même, au moment de la guerre au Mali ou en Libye, que les mobilisations ont été faibles et l’on voit que face aux médias dominants on a du mal à convaincre la jeunesse, convaincre la population de manière générale et la jeunesse, de se mobiliser contre l’impérialisme.

Donc on a besoin de reconstruire notre analyse, on a besoin de renouer des contacts avec nos organisations partenaires de par le monde, pour pouvoir être meilleur, avoir une analyse plus forte, parce que c’est seulement comme ça qu’on pourra convaincre les gens et être plus forts que le discours médiatique, que la désinformation organisée. C’est dans cet esprit là que sont organisées ces rencontres internationalistes. Et bien évidemment, on remercie la section de Vénissieux de nous permettre d’avoir ce cadre là pour que les jeunes communistes fassent ce travail.

Je vais juste présenter les intervenants. Nous avons un camarade communiste kurde, Hazad Merad, du centre culturel de la Mésopotamie, nous avons aussi un camarade du parti algérien pour la démocratie et le socialisme, Medhi Araoui et nous sommes très contents d’accueillir Salah Amouri, jeune franco-palestinien, qui a été enfermé en Israël pendant sept ans. C’est un plaisir pour nous de pouvoir le rencontrer en vrai et pas seulement sur une affiche puisque nous avons mené campagne comme tous les jeunes communistes, en France, pour sa libération. Je vais laisser chaque intervenant s’exprimer et ensuite on donnera la parole à la salle pour avoir un débat le plus riche possible.

Hazad

Donc, je me présente, je suis Hazad, je représente le centre culturel de Mésopotamie de Lyon. Je remercie la section de Vénissieux de nous avoir invité
s. C’est notre première présence ici. Nous sommes très heureux de participer à une telle rencontre. En ce qui concerne les débats aujourd’hui, dont le cadre est la jeunesse et les luttes de la jeunesse, la construction du socialisme à venir ainsi que la crise du système capitaliste et ses conséquences. Nous, nous sommes à Lyon, nous avons, à la maison de la culture, une section de jeunesse. Nous essayons de nous construire en fait. Nous essayons de faire connaître la lutte de la jeunesse au Kurdistan, en Turquie mais aussi d’avoir des relations avec la jeunesse des pays dans lesquels nous sommes, en France mais aussi dans d’autres pays, de partager nos expériences.

En ce qui concerne la jeunesse et la lutte pour le socialisme, sachez que je pourrais dire, en ce qui concerne l’actualité, il y a en ce moment, je pense que vous suivez l’actualité comme nous, il y a en Syrie, dans la région qu’on appelle Rojava, c’est la partie kurde de Syrie, il y a une révolution qui est en train de se mettre en place. Il y a une lutte très féroce pour garder les acquis de la lutte du peuple kurde de Syrie. Il y a des alliances impérialistes qui essayent d’étouffer cette lutte, qui essayent de saboter les chances de réussite de cette révolution. Sachez que la grande partie kurde de Rojava fait partie de cette lutte. Essentiellement la jeunesse et surtout les femmes.

Cette lutte de Rojava est la manifestation des acquis des luttes du monde entier, si je puis dire ainsi. Nous pensons que la ligne de cette révolution, de cette lutte n’est pas seulement pour les kurdes de Rojava en Syrie mais peut soulever toutes les populations, toutes les ethnies, toutes les croyances dont est composée la Syrie. Cette lutte, cette révolution peut être un modèle non seulement pour une vraie démocratie en Syrie, mais ça pourrait être presque un modèle pour le monde entier, car il faut savoir que les Kurdes sont un mouvement socialiste.

Pour ce qui est de savoir ce qu’on peut faire avec la jeunesse des autres pays, c’est de pouvoir, non seulement comme ici, partager nos expériences propres mais aussi d’avoir des actions communes dans le sens de faire connaître cette révolution à Rojava qui est très importante car de toute part les impérialistes se sont alliés pour nous étouffer.

Aujourd’hui même, il y a le représentant du PYD, Salih Muslim, qui se trouve à Genève pour essayer de représenter cette population de Syrie. Mais bien qu’il ait l’aval de la Russie, il y a les Américains qui sont, bien sûr contre, car il n’y va pas de leur intérêt. Ils ne veulent pas d’une représentation des Kurdes à cette conférence. Mais bien sûr, nous ferons tout pour nous faire connaître en tant que représentants non seulement des Kurdes de Syrie, mais aussi de toutes les populations opprimées de Syrie.

Ensuite, oui, on dit : la jeunesse et la jeunesse c’est le socialisme mais, il n’y a pas que nous, communistes révolutionnaires du monde entier qui nous intéressons à la jeunesse, il y a aussi les impérialistes, les capitalistes qui s’intéressent à la jeunesse. Il faut savoir quelle jeunesse nous voulons. Comment, comme disent les camarades, on n’arrive pas à convaincre les jeunes de venir nous soutenir, de rentrer dans les luttes. Donc, comment faire ?

Et bien, je pense qu’il ne faut pas discuter des sujets que les capitalistes nous imposent car, souvent c’est ce que nous faisons. Nos actions sont toujours basées sur les thèmes du capitalisme. Il faudrait que nous puissions avoir nos propres thèmes. Que ce soit eux qui nous suivent et pas nous qui les suivions.
Il faut aussi combattre le capitalisme, non pas périodiquement, par rapport à des thèmes périodiques, mais nous battre chaque jour dans notre vie quotidienne. Cela est très très essentiel, très important.

Et puis, il ne suffit pas aussi de combattre en tant que socialistes et communistes, notre but n’est pas de dépasser le capitalisme mais de le détruire et mettre en place le socialisme, n’est-ce pas. Donc, c’est de combattre un système. Ce système-là se combat journellement, quotidiennement.

En ce qui concerne notre présence à Lyon, nous avons un problème, certes, de représentation au niveau de la langue. Je suis ici aujourd’hui, ça n’a pas été du tout facile. On a besoin de votre soutien, du soutien de la jeunesse, notamment aujourd’hui au niveau de la section de Vénissieux, là je me répète, de partager nos soucis et de pouvoir faire des débats et puis d’organiser des manifestations dans le but d’éclairer la jeunesse, d’éclairer la population et ça, pourquoi aussi on n’arrive pas à convaincre la jeunesse ? Tout simplement parce que le capitalisme, temporairement, ils sont plus forts que nous. Comme ils l’ont été dans le temps, quand le système révisionniste de Russie s’est effondré, ce n’était pas du tout la fin du socialisme. Ce n’était pas une défaite du socialisme mais une défaite du révisionnisme, n’est-ce pas. Donc, aujourd’hui, comment on peut changer cette tendance ? En nous réunissant plus souvent, en partageant plus souvent nos expériences et surtout avoir nos propres médias. Ca peut être des médias écrits, des médias radiophoniques.

Les médias c’est très important. Nous sommes tous, dans notre vie quotidienne, bernés par le 4ème pouvoir que sont les médias. On a beau avoir des idées socialistes, communistes, nous sommes tous susceptibles d’être marqués par les messages que les capitalistes font passer. Là-dessus, il faudrait vraiment avoir des acquis idéologiques qui nous permettent de contrer le système, de contrer le capitalisme.

Voilà. Pour l’instant, c’est ce que je souhaitais partager avec vous.

Medhi

Bonsoir à toutes et à tous. C’est un plaisir de venir assister à vos rencontres internationalistes à Vénissieux. En guise d’introduction, je vais présenter mon intervention. En première partie je présenterai le PADS, mais vraiment en deux points et très rapidement. Ensuite, je livrerai l’analyse politique de la situation internationale faite par les communistes algériens.

Donc, pour commencer, la création du PADS s’est faite en 93 à Alger après la liquidation du PAGS Parti d’avant-garde socialiste par des éléments renégats, liquidateurs des principes et des outils essentiels à tout parti communiste de classe, armé de sa théorie révolutionnaire du marxisme léninisme. Le PADS poursuit les objectifs primordiaux à tout parti communiste. C’est-à-dire l’organisation de la classe ouvrière algérienne et aussi faire l’éducation politique des autres couches populaires afin d’amener les travailleurs, leurs alliés paysans pauvres et la petite bourgeoisie encore sous domination de l’idéologie capitaliste, les amener au combat pour le socialisme à la suppression de toute domination et exploitation d’une classe par une autre.

Pour poursuivre et faire l’analyse de la situation internationale, il est primordial pour nous, de remettre au devant de la scène, un concept clef de notre analyse théorique et politique : l’impérialisme. Je m’explique, c’est, en d’autres termes, ce concept qui a déjà été entrevu par Marx et Engels et forgé par Lénine, n’est que l’expression concrète de la domination de la bourgeoisie monopolistique internationale sur les travailleur et autres couches populaires dans le monde. Elle se manifeste aussi sous diverses formes.

La plus célèbre et hélas la plus belliqueuse, c’est l’intervention destructrice et barbare sur le plan militaire. Comme nous l’a rappeler en introduction la modératrice du débat, si je peux l’appeler comme ça, le système capitaliste est entré dans une crise profonde à l’échelle mondiale et plus particulièrement dans ses centres historiques.

Contrairement à ce que l’on entend ici et là, dans les médias bourgeois ou dans les lectures que font les partis réformistes dits de gauche, nous ne sommes pas dans une crise financière mais face à une crise aiguë du système capitaliste, dans toutes ses composantes, que ce soit sur le plan productif, commercial ou financier. Face à cela, les capitalistes et les impérialistes n’ont pas d’autre recours que celui d’intensifier l’exploitation des travailleurs et d’aller à la conquête des marchés à travers le monde, plus précisément dans les pays qui se situent à la périphérie des centres capitalistes et donc les anciennes colonies.

Les évènements qui se sont déroulés dernièrement viennent encore une fois conforter la justesse de nos analyses sur la situation internationale. Les exemples sont nombreux, je n’entrerai pas dans les détails. On a vu la Libye, maintenant la Syrie, le Mali et sous d’autres formes la Tunisie et l’Egypte.

Ce que je veux dire par là, c’est que quand l’impérialisme est confronté à la plus grave crise économique structurelle de son histoire, il a besoin de diviser encore plus les peuples. Et ces divisions ont pour objectif d’empêcher les peuples de réfléchir aux mesures politiques, économiques et sociales à prendre pour se libérer du pillage de leurs richesses par les multinationales, pour secouer la domination impérialiste et transformer de façon révolutionnaire des bases économiques de leurs pays. Le contenu de cette crise aiguë du système capitaliste et son approfondissement au fil du temps, se fait et se fera de plus en plus ressentir sur les couches laborieuses dans le domaine économique, social, politique mais aussi culturel.

Pour dire un mot aussi sur la question de la paix dans le monde, elle ne peut aboutir tant que l’impérialisme reste dominant. Et si nous ne parvenons pas à des ruptures permettant des révolutions socialistes dans plusieurs pays, ce serait idéal, car l’expérience a démontré que la paix ne peut pas être obtenue tant qu’il existera un embryon d’impérialisme. Il ne faut pas aussi tomber dans les illusions, avec la victoire de la contre révolution dans les pays socialistes de l’Est européen, l’ONU, qui devait assurer la paix dans le monde, du fait de la domination impérialiste est devenue une organisation au service de plus en plus du capitalisme, de l’impérialisme, se transformant ainsi en une sorte d’antichambre de l’OTAN.

Le PADS a prévenu en maintes occasions les travailleurs du monde et le peuple algérien sur les conséquences des va-t-en-guerre impérialistes, que se soit en Libye, au Mali et d’autres régions dans le monde, qui se manifestent, notamment, je pense à la Syrie ou même un peu moins à l’Egypte et la Tunisie à travers l’instrumentalisation des groupes islamistes réactionnaires comme ce fut le cas en Algérie pendant les années 90, lorsque le gouvernement de gauche de Mitterrand présentait le FIS, qui était une des organisations les plus réactionnaires, comme étant des démocrates victimes de la répression de l’armée et du régime du parti unique.

Les travailleurs et les peuples sont en mesure de résister et d’infliger des défaites cuisantes à l’impérialisme comme l’ont déjà prouvé dans l’histoire, le peuple cubain, le peuple algérien et le peuple vietnamien. C’est en cela qu’il appartient aux peuples et à leurs forces révolutionnaires et progressistes de combattre les ingérences et les guerres destructrices et impérialistes qui favorisent l’extension de ces courants là, réactionnaires, renforçant ainsi l’exploitation et l’oppression des peuples. Et face à cette collusion interne et externe au pays que j’ai cité et dans d’autres régions dans le monde aussi, les peuples doivent compter sur la mobilisation interne de leurs masses laborieuses et sur la solidarité des forces de progrès dans le monde.
Pour conclure, je dirai que la clef de la résistance passe d’abord par l’édification d’un parti révolutionnaire fort décidé à mettre fin à l’exploitation et à la domination capitaliste et impérialiste.

Merci de votre attention.

Salah

Bonsoir. Je veux tout d’abord vous remercier pour votre invitation pour parler de plusieurs sujets et surtout de la jeunesse palestinienne, le mouvement de la jeunesse face à l’impérialisme et à l’occupation surtout.

Je crois qu’au début, si on veut parler de la jeunesse palestinienne, si on rentre dans le combat, pendant toutes les années d’occupation, il faut savoir que nous, jeunes palestiniens, on croit bien que l’Etat de l’occupation, l’Etat d’Israël, c’est juste une base militaire impérialiste qui a été faite par les grandes forces impérialistes pour dominer le proche Orient. Cette base militaire qui a fait les guerres contre presque tous les régimes du proche Orient pour dominer et imposer les régimes réactionnaires à la place des régimes progressistes et démocrates.

Le mouvement des jeunes, si on peut l’appeler ainsi, parce qu’il n’y a pas un mouvement des jeunes qui est clair en Palestine, parce qu’ils sont tous déclarés comme des mouvement interdits contre la loi, donc on peut pas dire tel mouvement des jeunes ou tel mouvement des jeunes palestiniens parce qu’ils risquent d’être arrêtés ou d’avoir des ennuis.

Ce mouvement des jeunes qui était la lutte du peuple palestinien a commencé en 48. Jusqu’à aujourd’hui, ça fait 67 ans que les jeunes palestiniens combattent cette armée qui utilise tous les moyens pour détruire la jeunesse palestinienne.

On peut voir ça surtout par le nombre des jeunes qui sont rentrés dans les prisons israéliennes. Aujourd’hui on a au moins 1 000 jeunes en prison de 15 ans jusqu’à 28, 29 ans. La plupart des activistes, ils étaient pendant la 2ème Intifada, les représentants des jeunes, tous tués par l’armée israélienne à cause de leur rôle très efficace dans la lutte contre l’occupation.

Moi, ce que je crois, c’est que le début de la chute de l’impérialisme au proche Orient, c’est de mettre fin à l’occupation israélienne. Donc la fin de l’impérialisme, ça commence par la fin de cet Etat d’occupation. Parce qu’on sait bien que la création de cet Etat, c’est fait pour servir les intérêts dans grands Etats impérialistes au proche Orient. La France, la Grande Bretagne, aujourd’hui, les Etats-Unis mais c’est une base pour servir ces Etats là.

C’était pas une question de construire un Etat pour les Juifs autour du monde. Il y avait des Juifs avant la création d’Israël en Palestine. Il y avait 20% de la population palestinienne étaient des Juifs. C’était juste la question d’imposer les intérêts des impérialistes. Alors la lutte de la jeunesse palestinienne, c’est contre l’occupation israélienne mais aussi contre les impérialistes en Palestine et partout dans le proche Orient.

C’est pour ça que moi et les autres jeunes, on croit à la nécessité de créer cette alliance internationale entre les mouvements des jeunes révolutionnaires partout dans le monde pour réunir tous les efforts. Pour les centraliser si on peut dire, parce que là, on voit qu’il y a des efforts partout dans le monde pour confronter l’occupation israélienne et l’impérialisme contre ce projet au proche Orient. On croit bien que le rôle des jeunes, ici en France, en Algérie, au Kurdistan, partout. Juste pour les idées des progressistes, des communistes ou socialistes, je crois que ce sont des idées bien mais il faut aussi travailler ensemble pour faire avancer ces idées, qui ne vont jamais avancer s’il n’y a pas un plan de lutte. Sans un plan de lutte, ces idées vont rester loin du réel.

Peut-être que nous, les Palestiniens, on est dans une situation particulière. C’est comme ça qu’on traduit nos idées par la lutte contre l’occupation israélienne. On croit bien que nos alliés, les jeunes dans le monde, ont un grand rôle à jouer pour la cause palestinienne. Parce qu’on croit bien qu’il y a un rôle très important que peuvent jouer les jeunes autour du monde car pour nous, c’est un petit peu dur pour le faire et le faire avancer. Alors, c’est pour ça qu’on essaie toujours de construire cette alliance sur des bases claires entre les jeunes pour savoir comment on peut, avec nos efforts, face à tous ces enjeux, il faut que chacun d’entre nous fasse des efforts pour faire avancer ces idées là. Et moi, je crois que la jeunesse palestinienne, malgré la répression de l’occupant, chaque jour avec tous les moyens, pas seulement l’emprisonnement des jeunes. Ce n’est pas juste ça, c’est une répression quotidienne par rapport à l’éducation, la santé. Leur projet vise à détruire totalement la jeunesse palestinienne. Alors, j’espère qu’avec vous et avec d’autres amis, on peut avancer des idées pour cette alliance entre nous pour mener la lutte contre l’occupation israélienne. Parce qu’on croit bien que vous êtes une partie très importante de notre lutte, parce qu’on croit bien que le mouvement de résistance palestinien ne sera pas complet s’il n’y a pas votre solidarité et votre combat à côté de la résistance du peuple palestinien.

Je vous remercie.

Je vais passer la parole à la salle. Vous pouvez poser des questions pour enrichir le débat.

- Souvent, on met en avant dans la question de l’occupation palestinienne, les conditions de vie des populations qui sont intolérables et c’est vrai qu’on occulte, du moins dans les analyses qu’on peut en faire, la partie économique de l’occupation et notamment celui du pillage des richesses du peuple palestinien. Souvent, on ne met pas assez en avant les intérêts qu’ont pu avoir l’armée coloniale et l’Etat impérialiste israélien à piller ces richesses là.

Tu disais que c’était essentiel qu’on mène cette politique de solidarité avec la lutte de la jeunesse palestinienne et du peuple palestinien plus généralement pour sa libération. Je pense que là, nous, il faut, en tant que jeunesse française, issue des classes populaires françaises, on aille aussi dénoncer les accords économiques entre les entreprises françaises, des consortium français et puis les entreprises israéliennes. Comme le disait justement les camarades, les racines profondes de l’impérialisme, c’est des ambitions économiques. C’est des contradictions entre grands centres d’influence du monde.

Deuxième remarque. J’ai lu la déclaration du PADS faite à l’occasion de la venue de F. Hollande en Algérie. Et moi, ça m’avait interpellé par rapport au combat, cette fois un combat de la jeunesse française, comment est-ce que nous, on dénonce la colonisation française sur le plan économique mais aussi bien évidemment sur le plan culturel et comment on ne tombe pas dans une simple excuse de ce qu’a pu faire le régime français au peuple algérien. Ce qui était dénoncé dans le communiqué, c’était l’hypocrisie d’Hollande. Voilà. Reconnaître aujourd’hui un crime qui a été fait il y a longtemps par les impérialistes français mais en ne s’engageant pas, bien évidemment, dans aucun processus de paix mais en soutenant les intérêts des impérialistes français en Algérie. Comment, nous, on mène cette bataille là pour la mémoire et aussi pour l’éducation de la jeunesse sur l’impérialisme français en Algérie ?

- Juste une petite remarque pour contrer ce qu’a dit le camarade intervenant. La restauration du capitalisme dans les ex pays socialistes en 89/90, ça a bien été une défaite pour le mouvement ouvrier, ça été l’aboutissement final, on pourrait en débattre pour tout ce qui s’est passé dans ces pays. On voit bien qu’aujourd’hui, l’impérialisme, en face il n’y a personne pour le contrer. Donc 89/90 a bien été une défaite pour le mouvement ouvrier. Et heureusement qu’aujourd’hui il y a l’Amérique latine, il y a quelque chose qui se passe là-bas.

- Pour la naissance de l’Etat israélien, il faut rappeler que l’Union soviétique a voté pour.

- Moi, j’ai une question. La jeunesse communiste a toujours eu un rôle anti-impérialiste et internationaliste. On considère que les deux problématiques sont toujours liées. On est internationalistes parce qu’on combat notre propre impérialisme et on combat l’intégration économique et militaire avec d’autres blocs capitalistes. Par exemple, l’UE ou l’OTAN qui sont deux exemples assez éclairants. Je pense par exemple à ce que disait notre camarade par rapport à ce qui se passe en Syrie actuellement ou à ce qui se passe en Israël et le combat pour la Palestine.

Au final, notre combat est contre notre propre impérialisme, donc il affaiblit notre propre puissance et renforce le mouvement ouvrier en France mais il affaiblit aussi cet impérialisme là qui s’exerce dans les autres pays, donc c’est très important. Alors, ma question c’était sur le Kurdistan, c’était : qu’elle est la position de la majorité du peuple Kurde par rapport à une intervention militaire française ? On le sait, en France, le parti et la jeunesse communiste s’est clairement positionnée contre une intervention militaire et impérialiste en Syrie. Du coup, j’aurai voulu savoir l’opinion sur cette question.

Hazad 

Je remercie le camarade d’avoir posé cette question car c’est une question primordiale pour comprendre vraiment ce qui se passe en Syrie. Comme je vous l’ai déjà dit dans mon intervention aujourd’hui, le représentant qui est à Genève pour essayer de représenter la partie kurde. Sachez que dans cette lutte, cette révolution il n’y a pas que les Kurdes qui sont représentés. Les Kurdes de Syrie ont formé une telle alliance qui peut être un modèle pour tout le moyen Orient et également pour le monde entier, c’est-à-dire, que dans cette lutte révolutionnaire, les représentants sont des Kurdes, des Arabes, des Arméniens, des Grecs enfin judéo-chrétiens, des minorités religieuses sont représentés, de telle manière, que leur existence même n’était pas reconnue par le régime arriéré de Assad.

Nous voyons bien que les Etats-Unis principalement sont contre cette représentation. Donc pour répondre vite fait, après j’élargirai ma réponse : certes, les Kurdes sont tout à fait contre l’intervention en Syrie de la France et y compris de toutes les forces impérialistes. D’origine, nous sommes socialistes, anti-impérialistes. On ne peut pas défendre n’importe quelle intervention. Il est hors de question qu’ils interviennent. Pourquoi ils interviendront ? Pourquoi aujourd’hui, ils interviennent en Syrie, pourquoi ils sont intervenus en Libye, pourquoi ils sont intervenus en Egypte ? C’est pour assouvir leur besoin de marchés, nous le savons. Il n’y a pas besoin d’en débattre pendant des heures, on sait bien aujourd’hui, suite à la soi-disant crise du capitalisme, les capitalistes ont besoin de créer d’autres marchés car en occident les marchés se sont rétrécis. Pour que les capitalistes puissent accroître leurs richesses il leur faut des guerres. Dans l’histoire, à chaque fois qu’il y a eu une crise du système, les capitalistes ont créé des guerres. Nous le savons. En tant que socialistes, communistes, nous le savons. Certes, la population ne le sait pas pour la bonne raison, comme je l’ai dit au départ, la grande partie de la population est abasourdie par l’idéologie capitaliste.

Ensuite pour revenir en Syrie, les Kurde de Rojava sont en train de mettre en place un modèle de système, de pouvoir qu’ils appellent la confédération démocratique, j’essaie de trouver le bon mot pour qu’il n’y ait pas de fausse interprétation, ils sont en train de mettre en place un système qui est basé sur la représentation proportionnelle de toutes les minorités ethniques, religieuses de la Syrie. Il faut savoir que jusqu’à aujourd’hui, les Kurdes de Syrie n’avaient aucune reconnaissance culturelle. Ils n’avaient même pas de papiers d’identité. Vous vous imaginez, ils n’avaient même pas de papiers d’identité ! Et aujourd’hui, grâce à cette lutte de toute la jeunesse de Rojava, de toutes les femmes, de toutes les jeunes femmes, qui sont aujourd’hui, des icônes pour nous, nous le vivons journellement, nous le vivons avec un intérêt tel que, enfin, nous sommes très touchés par cette lutte de la jeunesse à Rojava. Il y a toutes les minorités qui sont représentées.

Et vous le savez sûrement aussi, il y a des accords secrets entre la France, entre Paris, malheureusement un gouvernement, soi-disant socialiste, et la Turquie sur les problèmes de sécurité. Suite à ça, si vous vous en souvenez, il y a quelques mois, à Paris, il y a eu un assassinat politique. On n’en discute pas assez. Il y a eu un assassinat politique de 3 jeunes femmes révolutionnaires, dont une était une figure très importante du parti des travailleurs du Kurdistan.

Et tous les jours, toutes les semaines, il y a des manifestations des Kurdes de Paris et également dans d’autres villes, dans d’autres pays d’Europe pour dénoncer cet assassinat politique. Il est incompréhensible que jusqu’à aujourd’hui, la France n’a pas encore pu trouver les commanditaires. Ils ont arrêté un personnage qu’ils ont présenté comme l’assassin. Mais vu les conditions dans lesquels étaient les corps, on a fait le constat que ça ne pouvait pas être une seule personne, qu’il y avait bien un assassinat organisé et que si la France n’a pas pu et n’arrive toujours pas à trouver le commanditaire, c’est que la France y est pour quelque chose. Les services secrets y sont pour quelque chose. L’OTAN y est pour quelque chose. Toutes les forces impérialistes qui ont des intérêts dans le moyen Orient, pour que le moyen Orient puisse encore et toujours être un lieu de bain de sang. Ils ont intérêt dans ça. Ils ont leurs responsabilités. C’est bien que le camarade ait posé cette question. Il faudrait aussi dénoncer cet assassinat, autour de vous, dans vos sections. Si vous voulez plus de détails là dessus, vous pouvez venir me voir.

Ensuite, pour Rojava, encore, nous sommes à Lyon. Je ne parle que de Lyon, parce qu’à Paris et dans d’autres villes encore, à Marseille, nos camarades sont mieux organisés que nous à Lyon. Ils ont plus d’outils, aussi bien linguistiques que des liens organisationnels, pour représenter notre lutte, pour informer de ce qui se passe réellement au Kurdistan. Je dirais par exemple, aujourd’hui en Turquie, il y avait des, je dirais pas des pourparlers, il y avait des consultations, c’est comme ça que le gouvernement turc les appelle, des consultations entre les services secrets turcs et le représentant du PKK, le parti des travailleurs kurdes, monsieur Öcalan. Ca a duré pendant 10 mois, aujourd’hui, ces conversations, ces consultations sont bloquées par le gouvernement lui-même.

Et ce blocage arrive justement à cause du fait que la Turquie au vu et aux yeux du monde entier, finance les groupuscules islamistes liés à Al qaïda, notamment le mouvement Al nosra et d’autres mouvements islamistes qui attaquent tous les jours, avec toute la logistique fournie par la Turquie, dans le but d’empêcher que les Kurdes de Syrie arrivent à avoir une certaine autonomie. Ce que les Kurdes de Syrie ne veulent pas car leur problèmes n’est pas seulement de libérer les Kurdes de Syrie, c’est en même temps, de pouvoir unir tous les Kurdes, toutes la population kurde des 4 pays, Turquie, Syrie, Irak et Iran. Mais en même temps, peut-être que je me répète, mais aussi de donner un moyen, une troisième voie, d’instaurer une démocratie confédérale. Un système dans lequel toutes les composantes des pays, toutes les populations, toutes les ethnie, toutes les diverses pensées religieuses puissent s’exprimer.

Et la Turquie, par le fait d’armer ces groupuscules, fait échouer ce pas historique que monsieur Öcalan a offert à la Turquie de pouvoir arriver à une solution pacifique et démocratique au problème kurde. Au jour d’aujourd’hui, cette situation est bloquée malheureusement. Comme a déclaré il y a quelques jours, un des représentants du KGK. Nous ferons tout notre possible pour que ces consultations puissent se suivre afin d’arriver à une solution démocratique , car notre intérêt, l’intérêt du peuple kurde, l’intérêt des peuples du proche Orient n’est pas dans une solution guerrière. Car ça serait encore et encore diviser les populations pour des années et des années. Nous ne voulons pas de ça. Nous ferons tout notre possible pour pouvoir amener le gouvernement à avoir des pourparlers. Et j’ajoute aussi que les représentants des différentes organisations de Kurdes en Turquie ont fait le constat suivant : Si la Turquie refuse une solution démocratique et pacifiste au problème kurde, nous ne reconnaîtrons plus la Turquie, nous ne reconnaîtrons plus ses lois. Nous utiliserons les moyens démocratiques pour mettre en place nos propres lois, notre propre système. Si vous avez d’autres questions sur le sujet, parce que là je bloque, je me répète, je me ferai un plaisir de vous répondre. 50.38

- Je vais peut-être redonner la parole à la salle pour poser d’autres questions, pour qu’il y ait plus matière pour les autres intervenants.

- Bonsoir, Juan Antonio de l’ambassade du Venezuela. L’ambassadeur sera là demain avec l’ambassadeur de Cuba et de Bolivie pour parler du point de vue de l’Amérique latine. Je suis très content d’être ici. Je veux remercier la section du PC de Vénissieux et la JC qui a organisé cette soirée et surtout je suis très content d’être ici parce que j’ai l’impression d’être sur notre continent. Je vais vous expliquer pourquoi. Des fois, j’ai l’impression qu’il n’y a pas d’impérialisme mais je vais approfondir un petit peu. Un des camarades a parlé tout à l’heure du concept clef de l’impérialisme et de sa forme la plus barbare, qui serait donc la guerre. J’ai envie de parler de la forme, qui selon moi est la plus dangereuse, c’est au niveau idéologique, celle qui consiste à faire croire qu’il n’y a pas d’impérialisme. C’est une domination au niveau des mentalités, des façons de penser, des façons de représenter le monde. Alors, c’est vrai que le travail est difficile, on a beaucoup de retard à rattraper. Pourquoi ? Après la 2ème guerre mondiale on a eu cette époque de la guerre froide, avec tout un travail de propagande qui a été fait par le bloc occidental. Pour nous dire quoi ? Pour nous dire que le communisme, bon, je ne vais pas approfondir, mais vous voyez ce que je veux dire.

Et ensuite avec la chute de l’Union soviétique et donc la victoire du camp occidental avec cette imposition au niveau idéologique. Et donc on atteint une situation dans laquelle certains pays considèrent que non, il n’y a pas d’impérialisme. Je vous donne un exemple, en avril dernier, la directrice du journal Le Monde est allée interviewer le président Maduro à Caracas. Il n’était pas encore président, c’était durant la campagne présidentielle. Il a gagné l’élection le 14 avril, c’était donc avant le 14 avril. Elle lui dit, je résume grosso modo « oui, bon Hugo Chavez n’arrêtait pas de dénoncer le supposé impérialisme américain est-ce que vous allez continuer sur la même voie ? » Là, on est sur une autre planète. « Le supposé impérialisme américain ». Donc, on se rend compte qu’il y a un formatage au niveau idéologique des élites.

Le camarade parlait de l’importance des médias, des journalistes qui sont sur une autre planète. « Le supposé impérialisme » bon. C’est vrai qu’en Amérique latine, on est de l’autre côté de la balance. Vous connaissez sûrement la doctrine Monroe qui consistait à dire que le continent américain était le pré carré, appartenait aux Etats-Unis. Donc, on a une situation où l’Amérique latine a été pendant des années et des années et continue de l’être d’une certaine façon pour certains pays, l’arrière-cour des Etats-Unis. Donc, parler d’impérialisme en Amérique latine, évidemment, historiquement on le comprend tous.

C’est vrai qu’ici, on est de l’autre côté, du côté des pays qui ont colonisé. Et c’est là qu’on se rend compte qu’il y a un très gros travail à faire au niveau des mentalités. Changer les mentalités, ça passe peut-être, comme le disait le camarade, à trouver une autre voie. Au niveau médiatique, je pense que l’on a de nouveaux outils, de nouveaux espaces. Il faut essayer de s’informer d’une autre façon. Apprendre à avoir un esprit critique par rapport à ces médias dominants qui continuent de nous faire croire qu’il n’y a pas d’impérialisme. Merci.

- Je ne sais pas si je serais d’accord avec la partie finale de l’intervention. Je ne pense pas que ce soit une question médiatique. En fait, il faut récupérer ce qui était les idées, les vraies idées communistes, le marxisme, le léninisme, la dictature du prolétariat, bref, les éléments réels. Du moment où on les a abandonnés, on les a mis de côté, on les a écartés, évidemment, l’idéologie de l’impérialisme pénètre.

Autrement par rapport à la situation internationale, la question syrienne est au centre de la situation internationale, c’est la guerre que mène l’impérialisme nord-américain, français, anglais, allemand contre un gouvernement indépendant, national, réactionnaire bien sûr, le gouvernement d’Assad, un gouvernement, tout de même, d’un petit pays. Une guerre menée par une coalition impérialiste, dont les buts sont de liquider la Syrie, l’allié de l’Iran, pour passer après, avec le concours du sionisme et l’Etat d’Israël, pour passer à l’étape Iran, et peut-être bien dans leur plan, je ne sais pas s’ils pourront le faire, il y aura après la Russie et la Chine.

Là, il y a tout une stratégie internationale qui touche aussi l’Afrique. L’Afrique, sous un plan, menée au colonialisme. Les interventions militaires, les instructions, les guerres des pays, pour des intérêts qui ne sont pas que des colonies, qui sont des stratégies fondamentales, montre bien que la violence, l’agressivité, l’impérialisme, mène à une situation, dont aujourd’hui, il n’est pas inenvisageable une 3ème guerre mondiale. Je ne dis pas demain ou après-demain mais c’est un phénomène qu’il y a 5 ou 6 années auparavant on n’analysait même pas. Aujourd’hui c’est une donnée qu’on ne veut pas laisser penser. Il y a toute une manière très importante, très forte, une idée très profonds de tous les pays du monde que le gouvernement syrien gagne cette guerre. Dans le sens où s’il gagne cette guerre, malgré que c’est un gouvernement réactionnaire, ça va être une défaite pour l’impérialisme, pour le plan qu’ils ont sur la région. Eux, ils ont promus des types profondément réactionnaires et ils ont détruit ces pays là, et ils voudraient les liquider pour passer à l’étape suivante. Les arrêter, faire tout notre possible pour arrêter cette campagne là, c’est l’intérêt de tous les démocrates et de tous les communistes du monde.

pierre-alain

Je voulais juste souligner un aspect. C’est très important de faire un débat sur la paix et l’impérialisme dans le monde. Pour ceux de ma génération, on avait plutôt tendance à poser la question de la paix en soi. Indépendamment finalement, des choix de sociétés, des systèmes politiques. La paix, c’était le refus de la guerre nucléaire qui était la fin de l’humanité donc, il fallait être pour la paix même si on gardait le capitalisme quelque part. Et je pense qu’on voit de plus en plus que la question de la paix est essentielle pour résister à l’impérialisme. Et j’insiste quand même, parce que, effectivement, on voit les guerre se multiplier et on voit des choses qu’il faut essayer de bien analyser, de bien comprendre dans une échelle historique. Parce que c’est pas simplement l’impérialisme qui mène des guerres comme il les a mené pendant deux siècles, qui étaient des guerres pour se partager le monde, des guerres de conquêtes coloniales. Parce que le monde est partagé et la différence entre 2010 et 1910, c’est que le socialisme n’a pas disparu de la planète. Le résultat de la révolution russe et de la 2ème guerre mondiale et de la révolution chinoise, c’est un monde réellement multipolaire, même s’il y a une super puissance étasunienne qui fait la moitié des dépenses militaires de la planète.

Et ça c’est une réalité qui est très différente. Et de ce point de vue, je crois qu’il y a une vraie stratégie des impérialismes occidentaux de remettre en cause une conquête du 20ème siècle qui sont les Etats souverains. Il restait une colonie, la Palestine, dans le long mouvement de colonisation et on voit qu’ils résistent jusqu’au bout à toute perspective de résoudre le problème palestinien comme ils disent mais on voit qu’ils sont dans la destruction des Etats, la stratégie c’est de détruire des états pour laisser libre court à une organisation de marché dans lequel l’état est réduit à son plus strict rôle militaire et dans lequel les entreprises multinationales organisent elles-mêmes de nombreuses activités qu’on considérait comme étatiques. D’ailleurs, la guerre aujourd’hui est largement privatisée.

Ca ce sont des caractéristiques nouvelles quand même, qu’il faut prendre en compte et qui me font dire que la question de la paix doit être vraiment essentielle pour nous. Ce qui conduit à dire qu’il faut regarder avec précaution, je partage l’idée qu’une défaite des impérialistes occidentaux en Syrie serait un événement majeur, ce serait un coup d’arrêt donné à leurs tentatives et en même temps j’écoute aussi ce que dit notre camarade Kurde et je pense que la lutte du peuple kurde est évidemment légitime et que donc l’articulation entre les revendications du peuple kurde et la nécessité de faire échec à l’impérialisme occidental en Syrie, je suis bien incapable et je ne m’aventurerai pas à dire quoi que se soit sur le sujet, mais en tout cas pour les internationalistes c’est un vrai défi de trouver cette articulation.

Et un aspect dans le refus de la guerre, il y a quelque chose qui peut unir les peuples. Parce que la guerre c’est vraiment le choix de l’impérialisme pour assurer sa domination. Nous devons mener une bataille beaucoup plus forte et une bataille internationaliste de refus de la guerre.

- J’avais une question en 2 parties en fait qui sont plus ou moins liées. C’était de savoir qu’elles étaient les positions et les analyses des Palestiniens et des jeunes Palestiniens sur le conflit en Syrie et qu’elles étaient les relations entre la jeunesse palestinienne et le Hamas et s’il restait encore quelques traces de ligne anti-impérialiste de l’OLP.

- Je m’adresse à notre camarade palestinien. Il paraît que la Palestine n’est pas encore un pays membre des Nations Unies par contre on a observé le statut que la Palestine vient d’acquérir au sein des Nations Unies. J’aimerais savoir ce que vous pensez de ce statut. Est-ce qu’Israël respecte ce statut ?

Salah

Pour la 1ère question par rapport à la position des jeunes Palestiniens sur la Syrie. Quand le mouvement a commencé, au début en Syrie, après un printemps arabe qui a commencé en Tunisie, suivi par l’Egypte. On était content de ce mouvement populaire au début, on disait que peut-être un changement démocratie va prendre choix en Syrie. Mais après 2 ans et tout ce qui s’est passé, aujourd’hui je pense, après tout ce qu’on peut voir dans le Proche Orient, en Egypte, Libye et plusieurs pays, tu peux te dire qu’on est devant un nouveau projet et un accord de partage du Proche Orient comme il était fait entre la Grande Bretagne et les Français en 1916.

Nous avons un plan de partage qui est fait seulement par les Etats-Unis parce que tout le reste, y compris la France le suivent pour cette politique dans le Proche Orient. Moi, je crois que après 2/3 ans de la crise Syrienne, on est d’ici à 6 mois, on aura la fin de cette crise. Ce sera quoi la solution ? Je ne sais pas. Je ne peux pas dire quoi mais tous les enjeux que les Etats-Unis ont mis sur le Qatar et sur l’Arabie Saoudite vont échoué parce que même si on veut changer démocratiquement, c’est surtout qu’on va pas compter sur l’Arabie Saoudite et le Qatar pour le changement démocratique dans le Proche Orient.

La révolution, c’est le peuple qui conduit la révolution, c’est ni l’armée française, ni l’armée américaine, ni l’armée turque qui dirigent la révolution. Alors, si le changement va venir sur le dos des F16 américains, on veut pas de ce changement parce qu’on sait bien qu’on va changer un régime de B. El Assad pour un régime d’Al Qaïda. C’est ça le changement que les Américains veulent en Syrie. Moi, je défends par B. El Assad, je ne dis pas qu’il est démocrate pour les droits de l’homme, c’est pas ça la question. Je dis, qu’est-ce qu’on va faire avec une solution impérialiste de la France ou des Etats-Unis en Syrie. On va avoir deux ou quatre états dans l’état. C’est comme ce qui a été fait en Libye.

Aujourd’hui, il n’y a pas un seul état, il y a 3 états en Libye. Chaque zone et dominée et contrôlée par l’impérialisme. C’est juste un nouveau plan de partage dans le Proche Orient. Je pense pas que c’est une révolution qui se passe en Syrie. Malheureusement le début de ce mouvement, c’était un mouvement libre, courageux, des gens, des citoyens mais aujourd’hui, si tu demandes aux gens dans le Proche Orient, qu’est-ce que tu penses si tu trouves qu’il y a 170 Français qui se battent en Syrie. Tu te demandes qu’est-ce qu’ils ont à faire ces combattants islamistes français en Syrie. Si tu trouves 13 000 ou 15 000 combattants du Maroc ou de la Tunisie qui font juste des massacres en Syrie, tu te demandes si tu est devant une révolution ou devant un partage impérialiste.

Parce qu’on le sait bien, la Syrie, c’est pas juste la question de la Syrie, c’est la question du Liban, c’est la question de l’Iran, c’est la question de la sécurité d’Israël. C’est pas juste la chute d’un régime. Là, tu parles d’un plan entier du Proche Orient. Je crois pas à une révolution qui va venir avec les chars de la Turquie ou des Etats-Unis ça peut aboutir à un régime progressiste et démocrate. La région, elle va reculer de 100 ans de plus. Ca c’est la question par rapport à la Syrie.

Par rapport au Hamas et la jeunesse palestinienne. La façon dont tu m’as posé la question, effectivement on dirait que le Hamas ne fait pas partie du peuple palestinien mais, c’est ce que j’ai compris. Mais, je dois comprendre, moi, je suis pas contre les mouvements islamiques quand il respecte mon choix. Mais le Hamas il fait partie du peuple palestinien, tu peux pas ignorer cette partie du peuple. Et comme les partis de gauche ou de droite, ils ont des mouvements de jeunesse qui travaillent et qui luttent, même si je suis pas d’accord avec eux, je suis pas pro islamiste, c’est pas la question, mais tu dois comprendre qu’eux aussi ont des mouvements de jeunes qui travaillent contre les prisons, ils ont des martyrs, c’est ça.

Par rapport au Hamas, il est près des mouvements de jeunesse, pas tous les mouvements de jeunesse mais la jeunesse croyante, comme les partis de gauche sont près des mouvements de jeunesse de gauche. Ils ont vraiment une base de jeunesse qui travaille en Cisjordanie, à Gaza, à Jérusalem, partout.
Par rapport à l’OLP, il y a beaucoup de partis, c’est pas qu’un seul parti qui représente l’OLP. Il y a encore des partis qui croient et qui luttent contre les idées, le fait que l’impérialisme c’est à cause d’eux qu’on vit cette douleur depuis 67 ans alors il y a plusieurs partis qui luttent contre l’impérialisme et ses intérêts au Proche Orient.

Alors, Rojava, je connais bien. J’étais avec des gens dans la prison, des Palestiniens qui ont mené la lutte avec les Kurdes, surtout le PKK. Il y avait même des bases militaires communes entre la région palestinienne et les Kurdes. Le peuple kurde a droit de décider librement de son destin et choisir les moyens pour réaliser ses rêves d’avoir un état et son indépendance. Moi, je fais la différence entre la lutte des Kurdes pour avoir ce destin et ce qui se passe en Syrie par rapport à la lutte contre l’impérialisme, je mélange pas.

Oui, je sais que c’est très lié mais si tu me demandes, les Kurdes, ils sont plus attaqués aujourd’hui, je parle d’aujourd’hui, ils sont plus attaqués par les islamistes de la révolution syrienne que par le régime. Peut-être les intérêts, ils se sont croisés mais moi je suis pour la révolution du peuple kurde et sa liberté et son indépendance dans les choix du peuple. Je suis pas contre les choix du peuple. C’est à lui de décider des moyens les plus agréables pour lui pour réaliser ses rêves et obtenir ses droits.

- Je voulais intervenir sur deux points. Le 1er est sur la notion de paix et ses dangers. C’est-à-dire que la paix, c’est un outil utilisé par les impérialistes contre les peuples. Que disent les états impérialistes, c’est les Palestiniens ne veulent pas la paix. Pourquoi ? Parce qu’il y a des gosses qui jettent des pierres ou occasionnellement, même s’il n’y en a pratiquement plus aujourd’hui, un attentat. C’est-à-dire, qu’on dénie aux peuples les guerres d’indépendance, on dénie aux peuples la résistance, on dénie aux peuples puisque aujourd’hui, ils n’ont pas la possibilité d’avoir leur autonomie et leur auto-détermination, on dénie aux peuples, dès qu’ils utilisent la moindre forme de violence, la capacité à s’organiser pour lutter, en disant qu’ils refusent la paix. Donc, le terme de paix a été utilisé de manière extrêmement toxique par les états impérialistes pour dénier aux peuples le droit à la résistance, le droit aux guerres d’ indépendance. Ce qui a été très bien formalisé par l’Afrique du Sud, il n’y a pas de paix sans justice. A quoi sert de prôner la paix, quel genre de paix vis-à-vis de peuples qui n’ont aucune justice, qui n’ont auto-détermination, qui n’ont pas leur état, pas leur autonomie, qui n’ont pas le droit de décider de leur système politique. Ca n’a pas de sens. La paix ça vient après la justice. Je trouve qu’on occulte trop souvent, on escamote cette question des guerres d’indépendance. Evidemment la guerre d’Algérie sert de modèle pour la plupart des peuples qui veulent acquérir leur indépendance. D’ailleurs, il n’y a pas que la Palestine, il y a le Sahara occidental, le Kurdistan dont le camarade a parlé, et d’autres peuples opprimés qui peuvent réclamer leur indépendance. Donc pas de paix sans justice. Il me semble que c’est la 1ère des luttes.

Le 2ème point que j’aurais aimé abordé, les 3 camarades l’ont dit, et je trouve que c’est important. Il y a de peuples en lutte évidemment pour diverses raisons, du fait de l’oppression politique à laquelle ils sont soumis, les ont conduit à une diaspora qui fait qu’ils sont présents dans un grand nombre de pays. Et ce qu’ils ont dit et ce qu’ils ont demandé, et que à mon sens, tous les partis communistes du monde devraient soutenir, les PC, en l’occurrence ici, le PCF, d’être fédérateur de leur lutte, en leur permettant de se rencontrer, en leur permettant de mener des actions concrètes ensemble, je dis bien ensemble, c’est-à-dire à la fois, chacun mène sa lutte pour la libération de son propre pays mais aussi ensemble parce que tant qu’un est opprimé, tous sont opprimés. Donc les PC, particulièrement dans les pays où on a la possibilité de s’exprimer, même si ça ne donne pas grand chose sur le plan concret pour le moment, doivent permettre d’être fédérateur vis-à-vis des luttes des divers peuples qui dans leur pays, eux, n’ont pas le loisir de s’exprimer, n’ont pas le loisir de mener toutes les luttes qu’ils voudraient même s’ils résistent au sein de leurs pays. Donc, il me semble que c’est un des messages qui a été délivré par les 3 camarades, donc à prendre en compte.

- Moi je voulais tenter d’ajouter une grille d’analyse. Si on est tous d’accord pour dire que la guerre est la forme la plus destructrice de la dictature du capital, de la dictature de l’impérialisme etc. c’est en ce sens là qu’on se bat pour la paix. Je ne voudrais pas paraître millénariste mais l’idée théorique avancée ici c’est que la paix mondiale est réelle et ne peut arriver que contre le capitalisme etc. Mais si le capitalisme, son corollaire, c’est la guerre, je m’attarde aussi sur l’attitude de tous les chiens de garde du capitalisme, les réformistes de tous poils. Il faut voir leur attitude, leur attitude tout de suite, toujours, c’est le nationalisme. Alors là c’est un autre débat.

Evidemment, dans les vagues de décolonisation, les communistes font alliance avec des organisations nationalistes, parfois bourgeoises, et à juste titre, dans la tactique de la libération nationale. Aujourd’hui, ça pose un certain nombre de question mais ça c’est juste une parenthèse. Ce que je veux dire, c’est que les sociaux-démocrates, les réformistes, se cachent toujours derrière la vision d’amener la paix et la démocratie, prétexte de la France. Mais alors, même quand ils sont très très à gauche comme on dit, comme les trotskistes, mais je mets ça à part, mais quand on voit Mélenchon qui dit « moi je me félicite qu’on ait vendu des Rafales à l’Inde », bah, je sais pas. C’est encore pire, je me demande même si c’est le rôle d’un communiste de se féliciter de quoi que ce soit que puisse faire son armée quoi. Et on a encore, lui je l’aime mieux, Jean-Jacques Candelier, député communiste, lui, il dit « je me félicite qu’on fasse de la recherche dans les drones dans l’armée française ». Je sais pas s’il faut s’en féliciter. Je ne vois pas l’intérêt de dire ça. Bien sûr dans l’absolu, il faut une armée de défense mais est-ce que dans l’Humanité, il faut dire bravo la recherche de la technologie française dans le domaine militaire ? Non, non. Il faut pas hésiter à faire de l’agitation.

- Me semble-t-il, l’année 2013 est à marquer d’une pierre banche. Qu’est-ce que j’entends par là ? Il y avait après la chute du mur de Berlin, l’offensive tous azimut de l’impérialisme américain. Et là, pour la 1ère fois, c’est quand même fantastique, en Syrie, la Chine et la Russie marquent la ligne rouge à ne plus franchir. Il y a quelque chose qui bascule dans le rapport des forces mondiales. Il faut bien le prendre en compte et qui ouvre de nouvelles possibilités de lutte contre l’impérialisme. Pour la 1ère fois, on n’est pas au bout du processus, il peut y avoir des retournements. Il me semble, il faut prendre en compte ce phénomène majeur qu’est le veto Chinois et Russe, qui ont marqué une ligne rouge que les autres ne peuvent plus franchir. Il y a quand même eu, à un moment donné, 2 missiles américains tirés d’Espagne qui sont pas arrivés à destination. Qu’est-ce qui s’est passé ? Mystère. Au large du port de Tatous, les Russes avaient quand même pas mal de navires. Donc, il y a eu un blocage de l’impérialisme américain qui dégagent ses moyens navals vers le Pacifique d’ailleurs puisque les Russes et les Chinois ont compris qu’au-delà de la Syrie, c’était eux qui étaient visés. Et là, ils ont marqué un coup d’arrêt. Il y a quelques chose d’un monde multipolaire qui apparaît, il y a de nouveaux des possibles qui apparaissent.

- Moi j’avais une question pour notre camarade algérien. Le PADS est un parti qui est illégal et il est interdit. Moi j’avais une question sur à la fois, en Algérie, la réalité du travail du parti communiste algérien dans un contexte extrêmement difficile fait de répression violente par le régime que la France soutient. 1ère question sur cette thématique là et la 2ème, une vraie question. Qu’est-ce que les communistes français et les jeunes communistes français, qu’est-ce qu’on peut faire pour aider dans cette situation là, étant donné que notre impérialisme a une prise directe sur l’Algérie et que ce qu’on fait dans notre combat internationaliste et anti-américain a des répercussions sur la situation des Algériens ?

- C’est une question un tant soit peu embarrassante. Je vais essayer de répondre du mieux que je peux. Le PADS n’est pas interdit et il n’est pas légal non plus. Quand j’entends qu’il est pas légal. Pas au sens formel du terme. Il ne dispose pas d’un agrément gouvernemental qui autorise un parti à tenir une activité politique et ça ce n’est pas une résultante des restrictions du régime mais ça découle d’une stratégie de fonctionnement interne. Pour cette question je m’arrêterai là. Et sur les agissements de l’impérialisme français en Algérie, il faudrait tout d’abord souligner la position historique avec laquelle est née l’Algérie. C’est l’impérialisme, après la liquidation de ce qu’on appelait le socialisme spécifique, il y a eu quelques écarts et beaucoup de largesses accordés notamment à des multinationales françaises. On voit de plus en plus de capitaux français venir s’installer, notamment sur le plan bancaire où jusqu’à ces dernières années, ils étaient détenus par l’Etat alors que là on voit qu’il y a la BNP, la Sté Générale qui commencent à s’installer. Et cela découle des pressions auxquelles est soumise l’Algérie à travers son encerclement aussi, en Libye avec des régimes tribalistes aux velléités réactionnaires et islamistes. Au Mali, où il y a des troupes françaises qui agissent et qui sont stationnées, ce qui déplait au gouvernement. Et tout le différend historique entre l’Algérie et le Maroc sur la question de l’indépendance de la république Sahraouie aussi. L’Algérie subit des pressions vis-à-vis de l’impérialisme français à travers le régime marocain. Toutes ces choses là amènent à un certain fléchissement et à ouvrir beaucoup de largesses à l’impérialisme mais qui reste, je ne sais pas si le mot est juste, mais qui reste un tant soit peu maîtrisé par les voies législatives. Voilà.

- Ecoute, c’est encore l’histoire de la Syrie. En fait, la réalité, le plan de l’impérialisme, à l’intérieur même de la direction des Américains, il y avait des hésitations, des luttes sur cette question là. Parce qu’ils allaient entrer en contradiction avec l’Arabie Saoudite et ils voulaient pas qu’il leur arrive la même situation qu’en Libye. Ils étaient en contradiction mais aussi il y a tout un mouvement des masses, d’opposition des peuples contre cette guerre là. Le prétexte qu’ils avaient donné, il était plus de mise, les gens n’y croyaient plus. Mais, il faut pas penser que les impérialistes vont s’arrêter, ils ne vont pas s’arrêter. Qu’est-ce qu’ils ont fait ? Il ont fait le virage vers l’Asie. Qu’est-ce que ça signifie cela ? Ca signifie tout simplement que leur 1er rival, aujourd’hui c’est la Chine. Et le danger, c’est que ça continue. Ils peuvent revenir sur l’histoire de la Syrie. Ils vont pas arrêté. C’est une situation instable. Les Qataris, les soutiens, se sont fâchés, parce qu’on même moment les impérialistes Nord-américains essaient de s’entendre avec le régime, ils comptent avec l’opposition avec les Israéliens. La situation est très instable et peut tourner dans un sens ou un autres. Mais ce qui a embêté les impérialistes, parce que le veto russe ou chinois, il date de 2011, c’était bien avant qu’ils aillent empêcher quoi que ce soit, les impérialistes ils amenaient des armes, etc. C’est-à-dire la question c’était la résistance du gouvernement syrien, d’une, et de 2, la résistance des peuples qui ne voulaient plus avaler une situation de la sorte. Mais c’est une situation très instable qui peut arriver dans un sens ou un autre. Il faut comprendre que le plan de l’impérialisme n’est pas directement contre la Syrie. Ca les intéresse pas de diviser la Syrie. Oui, ça les intéresse oui, mais c’est pas leur but essentiel. Ce sont des plans qui vont contre l’Iran et après évidemment contre leurs 1er rivaux, la Chine et la Russie, ils n’ont pas suffisamment de poids pour les affronter. En fait, il y a toute une stratégie, non seulement dans le Moyen Orient, c’est essentiel pour ces gens-là, pour les autres aussi, pour l’autre bloc impérialiste mais aussi en Afrique. Donc, ils continuent avec leurs plans d’avancer presque néo-coloniaux. Il y a des menaces non seulement sur le Mali, bon la Libye ils l’ont détruite, non seulement l’ Egypte, la Tunisie mais contre l’Algérie aussi. Donc, il faut tenir compte de tous les éléments essentiels. Parce qu’il ne faut pas croire, l’impérialisme ne veut pas s’arrêter. Ca, il ne faut pas l’oublier, c’est dangereux ça.

Didier

- Pour répondre à la camarade qui disait que le PC devait fédérer les PC, les mouvements ouvriers… C’est vrai, qu’il y a des choses qui se font si tu veux, à la fédé il y a le portrait des 3 camarades qui ont été tuées à Paris. Il y a des choses qui se font à la fédération, seulement le PCF fait partie des gauches européenne, qui est un parti institutionnel qui est au sein de l’Union européenne. Donc qui doit défendre l’Union européenne. Donc, il y a des contradictions. Parmi tous les intervenants, tout à l’heure, on parlait beaucoup de masse laborieuse, aujourd’hui, ce matin j’ai entendu à la radio : l’usine Doux qui fait des poulets en batterie, une boîte qui devait être liquidée, a été reprise par des Saoudiens, un grand pays laïc, de quel côté vont pencher les ouvriers de cette boîte ? Là, c’est toutes les contradictions des pays capitalistes.

- C’est juste pour compléter ce qu’a dit mon camarade Medhi au sujet du PADS. Sachez que c’est une position interne de l’ensemble des camarades en Algérie qui sont représentants à l’étranger. Le plus important que vous devez savoir, chers camarades, c’est qu’il y a une loi sur les partis qui a été promulguée en 91. Une fois qu’on avait légalisé le parti islamiste, après avoir légalisé tous les partis bourgeois qui représentent la classe capitaliste et la bourgeoisie qui se sont formés dans l’état algérien, cette loi stipule clairement qu’une fois que tous ces partis ont été légalisés, cette loi était faite pour les communistes, pour les partis de la classe ouvrière, qui stipule qu’il faut remettre la liste de l’ensemble des militants avec leur adresse, leur téléphone, toutes leurs coordonnées au ministère de l’intérieur. Et ce ministère prend le temps d’examiner le dossier pendant deux années, pour décider si on nous donne l’agrément ou pas. Pour nous, en tant que PC, marxiste léniniste, notre combat est un combat de classe. Le clivage qu’il y a aujourd’hui en Algérie, la différence entre ces partis, entre guillemets, dits démocrates, démocrates modernes, mais qui ne sont autres que des représentants de la bourgeoisie nationale en lien avec la bourgeoisie internationale et notamment, je le rappelle, il y a un accord qui a été signé entre le FLN entre le PT, parti dit des travailleurs dirigé par Louisa Hanoune, le FFS, Front des forces socialistes, qui est aligné et qui est dans l’internationale socialiste, le RCD, Rassemblement pour la culture et la démocratie représenté par Saïd Sadi qui sont à l’Assemblée nationale algérienne. Et ces partis, sachez-le mes chers camarades, mes chers amis, ce sont eux qui ont voté cette loi. Et pour nous aujourd’hui, l’exigence c’est l’abrogation de cette loi et partir sur des bases claires de classe. La lutte des classes est plus que jamais d’actualité avec le renforcement du PC d’ordre idéologique mais également la formation d’ordre socio-économique. Sachez le, l’islamisme, n’est pas né du néant. On nous a préparé le terrain. D’ordre économique, politique, idéologique. D’ordre politique, tout d’abord le FLN. Au moment où des forces de progrès et notamment les communistes algériens, ils ont pris la tête des organisations de masse, c’est-à-dire le syndicat, après le 5ème congrès de l’UGTA, l’Union générale des travailleurs algériens en 1978, il y a eu l’émergence de camarades dans les structures fédérales qui ont mené des combats féroces contre le pouvoir en place et contre l’hégémonie du parti unique. Le combat a donné des acquis populaires tels que l’accès aux soins, la médecine gratuite, la gestion socialiste des entreprises, l’accès gratuit à l’enseignement et j’en passe. Et également la place de la femme, sachez-le, sous la colonisation on n’avait pas accès à l’enseignement. Moi, c’est l’école algérienne, c’est l’indépendance qui m’a enseignée, qui a fait de moi ce que je suis aujourd’hui. Donc l’ordre politique. Le FLN, il a instauré un article dans ses statuts qui stipule ou qui a comme objectif de vider toutes les organisations de masse, toutes les organisations syndicales, l’organisation des femmes, des jeunes, des paysans, des architectes, de leurs éléments de progrès notamment des communistes. Cet article stipule qu’il faut être militant du FLN sinon on ne peut même pas être membre d’une section syndicale. Et je vous donne mon exemple, personnellement, j’ai été élue secrétaire générale d’une section syndicale, et le FLN a supprimé ma candidature, c’est les travailleurs, c’est eux qui m’ont mis à la tête et on a retiré mon nom de la liste. Tout l’ensemble des travailleurs avec d’autres camarades sont allés voir la direction du FLN en disant, attendez, vous voulez faire du FLN un parti révolutionnaire mais c’est nous qui ramenons les éléments et renforçons ce parti. Bien évidemment. Ca, c’est sur le plan politique. Sur le plan idéologique, sachez, mes chers camarades, mes chers amis, que le code de la famille qui fait de la femme algérienne, une femme soumise, une femme sous tutelle, il n’a pas été voté depuis 1963. Les islamistes, le courant conservateur islamiste, sont descendus dans la rue au lendemain de l’indépendance pour proclamer un code de la famille fondé sur la charia. Et bien, ce code de la famille a été avorté19 fois. Il n’est pas passé. Il n’a pas été voté. Il n’a été promulgué qu’en juin 1984. Pourquoi ? Parce que les forces progressistes se sont affaiblies par rapport à l’autoritarisme de l’Etat. Des syndicalistes en prison. Des communistes jugés au nom de la nation par les tribunaux algériens. On a vidé les organisations de masses de leurs forces de progrès. Sur le plan idéologique également, on nous a amené les idéologues, vous savez, le dirigeants d’Al Qaïda, comment il s’appelle, celui qui a été assassiné par les Américains , je ne veux même pas prononcer son nom, il et venu, on le recevait à bras ouverts. Au nom de quoi ? Pour embrigader les jeunes algériens, pour les emmener en Afghanistan, au motif de lutter contre le communisme, contre l’URSS. Voilà la réalité de mon pays qui n’est pas singulière, elle est applicable à tous les pays, parce que l’impérialisme avec ses outils internationaux, le FMI, l’OTAN en tant que militaire, etc. ont arrêté une stratégie depuis longtemps parce que l’Algérie des années 70 était le pays de l’avant-garde des pays en voie de développement, c’était le pays non aligné. Et bien, aujourd’hui, l’Algérie, on lui fait payer ses positions au niveau mondial et notamment la position de l’Algérie à l’ONU quand elle avait réclamé un nouvel ordre économique international fondé sur l’égalité des peuples et que les richesses doivent être réparties entre les peuples et la classe ouvrière. Merci. 1.38.50

Marie-Christine
- Ce n’est pas exactement dans le débat parce que tout ce qui a été dit était tout à fait instructif, intéressant pour nous, mais simplement, comme on a beaucoup parlé de l’Algérie, je voulais quand même dire qu’on a le 29 novembre à Vénissieux, une soirée de rencontre avec William Sportisse autour de son livre qui raconte justement toute la bagarre des communistes algériens et notamment son histoire avec Henri Alleg. Donc, marquez-le dans vos calepins parce que ça va être encore une soirée très intéressante. Voilà.

- Je vais laisser les intervenants nous dire un petit mot de conclusion pour terminer le débat.

- Pour terminer le débat, je voudrai vraiment mettre l’accent sur le rôle de la révolution, je le dis bien, je mets bien l’accent là-dessus. Il y a une révolution qui est en train de se construire à Rojava en Syrie. Je vois bien que la situation n’est malheureusement pas très bien connue. Par rapport à ce que disais le camarade sur la 3ème guerre mondiale, nous vivons aujourd’hui une 3ème guerre mondiale qu’on ne vit plus sous la même forme que les deux guerres précédentes, les deux guerres impérialistes. Ce sont des guerres locales, régionales. Nous sommes bien dans une 3ème guerre mondiale. Et elle a lieu au Moyen Orient car le Moyen Orient est une région très très stratégique pour les occidentaux, pour les puissances capitalistes. Sinon, comment expliquer la durée de la guerre en Palestine ? Comment expliquer aussi que les Kurdes aient été divisés en 4 pays suite à l’effondrement de l’empire ottoman ? C’est une zone très stratégique, pour contrer, oui je confirme, pour contrer la montée en puissance de la Chine. Pas seulement de la Chine mais aussi de l’Inde. Si aujourd’hui, les impérialistes sont intervenus au Liban, s’ils interviennent en différents lieux du Moyen Orient et au Maghreb, qu’on a appelé le printemps arabe, ceux qui étaient au pouvoir, c’étaient bien leurs alliés d’avant. Saddam était un allié d’avant. Ben Ali était bien un allié d’avant. Moubarak, enfin Moubarak. Tous étaient des fantoches mis en place pour soutenir, pour défendre les intérêts économiques des pays occidentaux. Le jour où ces représentants ont commencé à être plus gourmands, à avoir leurs propres intérêts, on les a mis à l’écart. C’est ce qui est en train de se passer aujourd’hui. C’est encore plus difficile, ce qui se passe en Syrie car les conditions syriennes ne sont pas les mêmes qu’en Egypte, qu’en Tunisie, qu’en Libye. Je vous l’ai déjà dit, la Syrie est un pays multiconfessionnel et multiethnique. C’est la raison pour laquelle, ils n’arrivent pas tellement à faire chuter le Bachar El Assad. C’est aussi la raison pour laquelle les Kurdes de Rojava de Syrie ont su fédérer, enfin, je me répète mais il faut bien prendre conscience que les Kurdes ne luttent pas que pour eux-mêmes. Ils ont un modèle de libération des peuples du Moyen Orient. C’est une autre vision. C’est une vision nouvelle mais qui est basée sur les différents moyens d’arriver à libération, sur les différentes leçons du passé. Les Kurdes, sachez-le bien, c’est un mouvement de guérilla qui lutte depuis 30 ans. Le Kurdistan est un pays colonisé par la Turquie, essentiellement par la Turquie mais aussi par l’Irak et par l’Iran. C’est un peuple colonisé. C’est un peuple qui a été disséqué. Moi-même, je suis d’origine Kurde mais je ne connais pas ma langue parce que la Turquie me l’a interdite. De par ma confession, de par mes parents, je suis chiite, pas chiite, je suis alevi. Donc, cette confession a été interdite et elle est toujours interdite en Turquie et en Syrie. En Syrie, on tue les personnes parce qu’ils appartiennent à l’ethnie kurde. On tue les gens parce qu’ils n’ont pas les croyances sunnites. Alors pour conclure, camarades, le socialisme n’est pas mort. Le socialisme c’est l’avenir. Et il y a des communistes par le monde qui luttent, Monsieur, ils luttent et ils sont confiants dans l’avenir. Nous sommes confiants dans l’avenir car l’avenir nous appartient. Je vous remercie. 1.45.16

- Oui, alors, puisque cette soirée a été mise sous le signe de l’impérialisme et de la paix, et la discussion qui en est ressortie à été très intéressante, on a identifié toutes les multiples formes d’agression de l’impérialisme. Et quand on entend agression, nous on répond par résistance. Et la clef de la résistance, au risque de me répéter, elle passe d’abord par l’édification de partis révolutionnaires forts et décidés à mettre fin à l’exploitation et à la domination capitaliste des peuples.

- Je ne sais pas quoi dire après tout ce qui a été dit, mais je pense que la lutte des révolutionnaires autour du monde se construit autour d’une stratégie, qui se construit aussi autour des intérêts des peuples. Les intérêts des peuples c’est d’en finir avec cette répression d’une classe économique et politique sur le reste des gens. Peut-être une lutte particulière qui doit être menée par le peuple palestinien contre l’occupation israélienne parce que je crois bien que la chute de l’impérialisme, passe justement par la chute du projet impérialiste, c’est l’occupation israélienne.

- Juste pour conclure rapidement, les rencontres internationalistes, c’est toujours l’occasion pour la jeunesse communiste et les communistes de parler et de dialoguer avec nos invités communistes, intervenants étrangers qui sont nos camarades même si nous n’avons pas la même nationalité. Du coup, de constater qu’on est unis dans la lutte contre l’impérialisme et dans la lutte pour la paix et l’explication du socialisme. Alors, notre lutte en France, elle se situe contre le réformisme, contre le gouvernement, contre le pouvoir du capital mais, du coup elle est pour la paix et la construction d’un monde meilleur. Et ce combat là, il fait avec les autres peuples, avec nos camarades à l’étranger ou qui vivent en France. Et ce n’est pas seulement aujourd’hui un espace de discussion où on a une conférence et un dialogue entre nos invités et les camarades dans la salle, mais c’est quelque chose qui se construit et qui se retrouve dans la rue par exemple, lorsque nous organisons, avec le PADS un rassemblement sur Lyon, quand nous organisons la campagne de libération de Salah Amouri partout en France, et ici même avec nos camarades Kurdes, donc les choses sont toujours liées. Et c’est l’unique moyen pour nous d’arriver à briser la chaîne du capitalisme et à construire un monde meilleur. Et ça, c’est le rôle de la jeunesse de briser cette chaîne là et de construire une société meilleure.

Pierre-Alain

- Permettez-moi un petit mot pour la section du parti, pour vous rappeler le programme de demain surtout, le matin, nous aurons un hommage, enfin, nous allons nous souvenir du coup d’Etat en 73, 40 ans après, et pour dire brièvement que le peuple chilien continue à lutter et qu’il y a plein de choses à en tirer d’ailleurs. On aura 3 ambassadeurs ensuite, donc, ça a été dit. On terminera avec un hommage à Hugo Chavez et Michèle Picard accueillera officiellement les ambassadeurs à midi. Et c’est traditionnellement le moment, donc je le dis à tous nos invités, on fait une photo de groupe avec tous les invités de tous les pays, donc demain à midi. Je ne sais pas si Medhi a prévu de rester ou pas. En tout cas, je vous invite si vous le pouvez bien sûr. Salah, je sais que tu restes puisque tu clôtureras la journée de demain. Mais nos deux autres invités, je vous invite chaleureusement à venir demain comme ça on pourra faire une grande photo avec les ambassadeurs. L’après-midi, vous savez que nous avons une délégation du PC chinois. On a parlé plusieurs fois de la Chine, sur les enjeux mondiaux. On ne parlera pas que des enjeux mondiaux, on parlera aussi de la question du socialisme et du capitalisme qui est un débat sur la situation en Chine et puis on terminera par un appel à la mobilisation pour la résistance contre l’impérialisme et pour la paix avec Salah Amouri et Walid Okais un représentant du PC libanais. Et on terminera avec un repas et des chansons. Et en prévision des chansons de demain, je pense quand même qu’on peut conclure par l’internationale.

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