un homme d’exception, un révolutionnaire hors norme, qui aimait par-dessus tout la vie Hommage à Hugo Chávez et solidarité avec le peuple Vénézuelien

, par  Véronique Forestier , popularité : 6%

Hugo Chávez, un leader extraordinaire, exceptionnel. Issu d’une famille pauvre, enfant paysan et marchand de sucreries dans les rues. Depuis l’enfance il veut être un artiste, peintre ou poète. C’est un très bon élève, un bûcheur et un passionné de sport avec un quotient intellectuel hors norme. Il découvre la politique à l’Académie Militaire mais ce qu’il connaît déjà très bien c’est l’histoire du Venezuela que lui a racontée sa grand-mère. C’est un autodidacte, il a une formation académique mais sait aussi tout faire de ses mains. Il sait cultiver du mais et réparer un tank.

Quand il a commence à s’intéresser à la politique sa ligne principale était le nationalisme, l’idée que le Venezuela a été un grand pays, le libérateur de l’Amérique latine. Il en résulte qu’il s’attache à la figure de Simón Bolívar et il deviendra lui-même celui qui entreprendra la deuxième libération de l’Amérique latine.

Chávez n’est pas issu de la tradition des partis, il surgit précisément quand les partis traditionnels s’écroulent. Il est un militaire qui se soumet aux élections et arrive au Gouvernement avec un projet de régénération politique.

Il devient populaire de jour au lendemain. Alors qu’il est déjà en prison, sur tous les murs apparaissent des slogans peints des « Viva Chávez ». Lors du carnaval qui intervient peu de semaines après, beaucoup de familles habillent leurs enfants avec l’uniforme militaire et le béret rouge qui le caractérisent. Son aspect est populaire, il ressemble à un Vénézuélien, chose qui n’était jamais arrivée à aucun dirigeant du pays. Il est un sang mêlé d Indien, de Noir et d’Européen, les trois racines vénézuéliennes. Il parle comme un Vénézuélien, franchement et avec simplicité. Les gens ont vu dans lui un reflet.
Il a été accusé d’avoir donné un rôle excessif aux militaires dans le gouvernement.
C’est vrai. Il est issu de l’armée, c’est un homme qui connaissait bien les forces armées. Evidemment, il estimait que l’armée vénézuélienne était corrompue, vendue, aliénée, au service de l’impérialisme, dirigée par les fonctionnaires nord américain installés au sein de l’Etat major. Mais dans cette même armée c’est là où il va construire diverses structures d’appui à la rébellion militaire.

Après sa sortie de prison, Chávez a décidé d’aller aux élections en s’appuyant sur l’Armée, qu’il met au service du peuple, en utilisant toutes ses ressources et infrastructures pour les politiques sociales. Dans les pays du Sud, où une grande partie des administrations publiques ne fonctionnent pas, l’Armée est une institution efficace. Il s’appuie sur les militaires, oui, mais quand il va constituer son premier gouvernement il le fait sur la base des partis de gauche existants, ceux qui l’avaient appuyé et ceux qui ne l’avaient pas appuyé. Il n’y a pratiquement pas de militaires dans l’exécutif. Et c’est la même Armée qui lui inflige un coup d’État en 2002.

Nous voyons sa lucidité révolutionnaire et démocratique quand il désigne son successeur, Nicolas Maduro. Il pourrait choisir un militaire, ce qui aurait été le plus simple. Mais il choisit la voie la plus difficile, il choisit un civil parce qu’il sait que la continuité de la Révolution exige que les militaires obéissent au civil. Il a construit le socialisme du 21ème siècle.

Qu’est ce ce que le Venezuela a conservé de Chávez ?

C’est un Venezuela très différent de celui qui l’a vu arriver au pouvoir. C’est un Venezuela dans lequelle 10 millions de citoyens sont sortis de la pauvreté et dans lequel il n’y a plus d’analphabétisme. C’est un Venezuela avec le plus grand nombre d’étudiants dans les amphis des écoles et des universités que tous les pays latino-américains. C’est le pays qui a créé un système public de santé, qui n’existait pas. C’est un pays qui grâce aux missions a réparti un bien-être entre toute la population. C’est un pays qui cette année va distribuer 325.000 logements aux familles les plus humbles. Un pays qui a créé un système de pensions pour ceux qui n’ont pas pu cotiser pendant des années, comme les travailleurs précaires et les femmes au foyer. C’est un pays en pleine construction d’infrastructures C’est un pays qui construit un Etat de bien être et paie sa dette sociale, en utilisant les ressources du pétrole pour essayer d’élever la société à un niveau de citoyenneté qui corresponde à une puissance.

La crise est un prétexte pour que les Etats se désengagent de leur rôle social. Chávez est la démonstration de ce que l’on peut reconstruire cet État du Bien-être, que l’on peut y croire. Il ne s’agit pas d’imiter ce qui est fait en Amérique latine, mais s’inspirer de quelques solutions qui ont été les siennes. Pourquoi nous est-ce que nous élisons des présidents si quand ils sont élus ils se limitent à prendre le téléphone et demander à Bruxelles ce qu’il faut faire.
Qu’est-ce que le monde a conservé de Chavez ?

Lors du 3e sommet des chefs d’État de la Communauté des Caraïbes (Caricom), en décembre 2001, comme alternative à la Zone de libre-échange des Amériques promue par les États-Unis en s’inspirant du rêve de Simon Bolivar, Chávez dit :

« Il est temps de repenser et de réinventer les processus affaiblis et agonisants d’intégration sous-régionale et régionale dont la crise constitue la plus évidente manifestation d’un manque de projet politique commun. Heureusement, en Amérique latine et dans les Caraïbes, il souffle un vent favorable au lancement de l’ALBA en tant que nouveau schéma intégrateur qui ne se limite pas au simple commerce mais qui se fonde sur nos bases historiques et culturelles communes et qui vise à l’intégration politique, sociale, culturelle, scientifique, technologique et physique ».

L’Association bolivarienne pour les Amériques est officiellement née à La Havane, en avril 2005, par la signature d’un Traité commercial des peuples (TCP) entre le Venezuela et Cuba. Le but du traité est d’échanger des services médicaux cubains contre du pétrole vénézuélien.

La Bolivie, le Nicaragua, la Dominique, St Vincent et les Grenadines, Antigua et Barbuda et l’Equateur se sont ensuite associés à cette organisation politique, sociale et économique pour promouvoir l’intégration des pays de l’Amérique latine et des Caraïbes, construite sur les principes de solidarité, de complémentarité, de justice et de coopération.

Toute personne un tant soit peu honnête - même parmi ses opposants les plus virulents - est obligée de reconnaître le haut niveau de fraternité, de confiance et même d’amour qu’éprouvait Chávez pour les pauvres du Venezuela et pour la cause de l’intégration latino-américaine. Peu de personnages influents et responsables politiques ont autant cru dans l’unité du continent et de ses populations diverses - Indiens indigènes, descendants d’Européens et d’Africains, immigrants récents.

Chávez a joué un rôle de premier plan dans le traité de 2008 qui a établi l’Union des nations sud-américaines (Unasur), une organisation intergouvernementale composée de 12 pays. En 2010, la Communauté des États d’Amérique latine et de la caraïbes (Celac) a franchi le pas de la théorie à la pratique en offrant un forum politique continentale parallèle à l’Organisation des États américains (OEA). Elle n’inclut pas les États-Unis et le Canada, contrairement à l’OEA. La Banque du Sud, nouvel organisme de prêt, indépendant de la Banque mondiale et de la Banque interaméricaine de développement, n’aurait pas non plus vue le jour sans l’initiative de Chávez. Enfin, il a également démontré un vif intérêt pour le renforcement des relations entre l’Amérique latine, l’Afrique et le monde arabe.

Le Président Evo Morales a dit « Hugo Chavez ne doit pas être rangé dans l’armoire des trophées des faibles. Il n’a pas vocation, comme tant d’autre, à perdre son éclat révolutionnaire sous les couches de poussière du romantisme de la défaite, cette triste martyrologie des vaincus.

Son combat doit être décliné, sa volonté d’opposition à l’Occident (et à tout Impérialisme) affinée, ses armes dialectiques affûtées partout où cela est nécessaire. Car si l’Homme est mort, sa révolte demeure. »

Nous souhaiterions vous faire partager un moment en sa compagnie car Hugo CHAVEZ était un homme d’exception, un révolutionnaire hors norme, qui aimait par-dessus tout la vie.

(petite vidéo de Chavez chantant au milieu du peuple...)

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