Bosch vend son foncier à Vénissieux !

, par  Serge Truscello , popularité : 7%

L’information donnée par la direction de Bosch Vénissieux, aux organisations syndicales, de la vente du site Bosch diesel de Vénissieux à la SERL, vente qui devrait être effective l’année prochaine et qui fait l’objet du communiqué de l’union locale CGT ci-dessous, est éclairante sur les contradictions entre les volontés publiques affichées, notamment par la métropole, et les décisions réelles prises par cette grande multinationale, 400 000 salariés dans le monde, plus de 5 milliards de bénéfice après plus de 7 milliards d’investissements en recherche et développement, 440 sites dans plus de 80 pays...

Car le groupe Bosch a supprimé la moitié de ses emplois en France, plus de 800 à Vénissieux, et le site historique Bosch diesel, transformé en photovoltaïque un temps, pour faire accepter le non investissement du groupe dans la poursuite de l’activité automobile, avant d’être définitivement fermé vient donc d’être vendu... ce ne sera plus un site Bosch et cela confirme que malgré tous les discours consensuels sur le futur du site, le groupe Bosch, le champion européen de l’industrie du futur, ne participera pas au projet de campus industriel porté par la métropole de Lyon !

Nous demandons à connaître le prix de vente, et donc le gain réalisé par Bosch dans cette opération ! Car nous n’accepterons pas que ce groupe fasse sa communication par exemple en apportant une petite subvention à une opération du campus, alors même qu’il fait son beurre en vendant le foncier, et qu’il ne garde son équipe recherche et développement que pour bénéficier du crédit impôt-recherche !

Décidément, la vérité économique des multinationales est bien dure avec les promesses métropolitaines ! Bien évidemment, ce ne sera pas la métropole qui va créer des emplois industriels sur ce site, et pour l’instant, la réussite remarquable de Boostheat et celle annoncée de Navya ne vont permettre de recréer que 10% des emplois perdus sur ce site qui en a connu plus de 1100 (intérimaires compris) il y a 10 ans, avant que Bosch ne décide de son départ, après avoir imposé un accord de réduction des coûts en 2004.

Malgré la vente de ce foncier, nous n’acceptons pas le départ du groupe Bosch, dont la richesse ne vient pas des actionnaires, mais du travail de ses salariés, et notamment des milliers de salariés qui ont fait ses profits en France ! On sait que le droit actuel considère que les actionnaires sont tout et que les salariés ne sont rien. Mais pour nous, Bosch appartient politiquement à ceux qui y travaille, ou qui y ont travaillé !

Parceque les milliards de Bosch, sont nés de tous ceux qui y on travaillé, Bosch doit investir dans le projet de campus industriel ! Voila un objectif que la métropole de Lyon devrait partager si elle veut réussir le pari de l’industrie !


La déclaration de l’union locale CGT

Campus industriel de Vénissieux
Déclaration du bureau

Fin d’année dernière la métropole de Lyon annonçait à la surprise générale la création d’un campus industriel à Vénissieux sur le site même de l’entreprise Bosch. Si nous pouvons nous féliciter que Vénissieux soit retenue pour accueillir les futures entreprises de l’industrie 4.0 et les emplois qui en découleront, nous ne pouvons que constater que ces derniers ne compenseront jamais les emplois industriels détruits par les choix stratégiques du groupe Bosch. Ce dernier préférant transférer les usines de production dans les pays de l’est de l’Europe ainsi qu’en Turquie, à la main d’oeuvre bon marché. Après l’arrêt total de la production des éléments diesel et la fermeture de l’activité photovoltaïque la présence de Bosch se résume aujourd’hui à la seule existence de son centre de recherche et développement, seule entité qui survit afin de capter les aides du crédit d’impôt recherche.

A cela s’ajoute l’annonce toute récente de la cession prochaine des hectares de terrain du site à la SERL. Cette vente du foncier venant s’inscrire dans la logique de désengagement totale de l’entreprise Bosch du site de Vénissieux. Cette décision pourrait être surprenante car Bosch s’affiche publiquement comme soi-disant partie prenante de ce projet de reconversion du site. Et avec son pôle de R&D sur place et sa filiale Rexroth juste à côté ce désengagement laisse augurer de perspectives biens sombres pour l’emploi.

En effet la politique du groupe Bosch semble se résumer à transférer les emplois de production dans les pays à bas coûts pour ne laisser sur place que les entités qui captent les subventions publiques dédiées à l’innovation.

Loin de partager l’engouement que cherche à susciter la métropole sur la création de ce campus industriel, nous contestons la stratégie économique qu’elle mène actuellement sur le territoire. Plutôt que de venir remplacer la production, ce campus devrait être un complément s’inscrivant dans une logique globale. En effet nous considérons qu’il est illusoire de croire que ces emplois qui doivent leur existence surtout aux subventions publiques (CIR) compenseront à terme les destructions d’emplois découlant des fermetures d’usines de production industrielle. Les technologies qui seront développées sur le campus n’auront de réel sens économique que lorsqu’elles déboucheront sur de la production manufacturée réalisée à Vénissieux en France.

Nous ne voulons pas que Vénissieux suive le même

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